PANJAS (03) RÉNOVE SON ANCIEN BISTROT POUR CRÉER UN LIEU MULTI-SERVICES

Commune : Panjas
Département : Gers
Code commune : 32 305
Population : 463 habitants

DESCRIPTION DU PROJET

Thème : Cadre de vie et services

Résumé du projet : Création d’un commerce multi-services, lauréat du programme de reconquête du commerce rural piloté par le Ministère de la Transition écologique.

Contexte : Le dernier bistrot de la commune a fermé en 2013. L’équipe municipale actuelle est arrivée en 2014 et a souhaité redonner du souffle au village. Le bistrot fermé n’appartenait pas à la commune. Après avoir cherché des investisseurs, le propriétaire l’a mis en vente en 2018 et la commune a décidé de racheter les bâtiments. La crise du Covid-19 a ensuite permis à l’équipe municipale d’affiner son projet. Avec l’arrivée de 80 habitants depuis 2019, les élus sont motivés et ont travaillé avec la volonté d’en faire un projet économique, de proximité et de lien social.

Objectifs : Créer un restaurant, une épicerie avec des produits régionaux, un café, un accès à des jardins, une grande salle pour faire des expositions, des visioconférences et des événements touristiques.

LE PROJET EN DÉTAIL

Déroulement : La mairie réhabilite le bâtiment d’un ancien bistrot. Elle l’a racheté avec ses fonds propres en 2018. Le bâtiment sera démoli mais les élus souhaitent garder l’identité du lieu. Les travaux couvriront une surface de 400 m2. L’association 1 000 cafés accompagne la commune dans la recherche de gérants.

Année de réalisation (prévue) : 2024

Durée de réalisation du projet : 11 mois

Coût financier : Plus de 500 000 euros

Ingénierie : Mairie de Panjas

Cofinancements (prévus) : Oui
DETR, DSR, France ruralités (50 000 euros)

Partenaires mobilisés (prévus) : État, Région, 1 000 cafés

POUR ALLER PLUS LOIN

Résultats obtenus : Redynamisation économique et sociale du territoire, développement du tourisme, meilleur cadre de vie pour les habitants.

Difficultés rencontrées : Les dossiers de subventions sont compliqués à réaliser. Beaucoup de travail, de pression et d’énergie dépensée.

CONTACT

Nom du maire : Marie-Claude MAURAS

Téléphone mairie : 05 62 09 07 25

Adresse e-mail mairie : mairiedepanjas@wanadoo.fr

Site internet de la commune : https://mairie-panjas.fr/

Le conseil du Maire :

“Il faut savoir s’entourer d’une équipe. La mairie doit bien analyser son territoire pour construire au bon emplacement, se demander où se trouve le bassin de vie le plus proche. Chacun peut amener quelque chose, notamment si des associations locales peuvent participer. Il faut échanger avec d’autres élus et surtout faire confiance aux professionnels et faire mûrir le projet. “

La commune de Panjas dans le Gers souhaite redynamiser son centre-bourg en créant un lieu multi-services.

Restaurant, café, épicerie avec produits régionaux, grande salle proposant des activités culturelles, relais de presse ou encore dépôt de colis, ce sera un endroit vivant et utile au quotidien des 463 Panjagais qui pourront l’utiliser en septembre 2024.

Un village sans commerce

Tout a débuté avec la fermeture du seul bistrot de la commune en 2013. Le village s’est alors retrouvé avec sa boulangerie, son école, sa piscine, son bureau de poste et sa bibliothèque. En 2014, l’équipe municipale actuelle est arrivée à la mairie et a souhaité redonner un nouveau souffle au village. Marie Claude Mauras, mairie de Panjas, raconte que « le propriétaire de l’ancien bistrot a cherché des investisseurs pour reprendre l’affaire mais n’en a pas trouvé. Le bâtiment a alors été mis en vente en 2018 et la mairie a décidé de le racheter avec ses propres fonds. Il était temps de redynamiser le centre, sachant qu’on avait aussi perdu la boulangerie depuis peu. »

Dès le rachat du bâtiment, la mairie s’est mise à travailler sur un projet mêlant économie, proximité et lien social. En 2019, la crise du Covid-19 est arrivée et les élus ont utilisé cette période pour affiner leur projet de multi-activités. L’initiative a été éligible au dispositif 1 000 cafés de l’association SOS qui épaule la mairie pour trouver les nouveaux gérants du futur lieu de convivialité. « On cherche un couple de gérants, un appartement est déjà prêt et sera à leur disposition » indique Marie Claude Mauras.

De lourds travaux de réhabilitation

« C’est une surface de 400 m2 qu’il faut refaire entièrement, les appels d’offres n’ont pas encore été lancés mais d’après les évaluations effectuées nous sommes sur un projet à plus de 500 000 euros », précise la maire de Panjas.

Ce projet d’une grande ampleur pour la commune rurale préoccupe beaucoup Marie Claude Mauras mais il est indéniable que l’aboutissement de ce travail lui tient à cœur « il faut que la population s’approprie ce lieu de vie, lui donne de la visibilité et que cet endroit permette de ramener des touristes dans notre village. Les gens pourront y retrouver du lien, de la proximité. Avec l’équipe municipale nous avons eu des doutes, des dossiers de demandes de financements pas simples à faire mais il faut faire confiance aux professionnels, mûrir le projet, travailler en équipe et être passionné par son territoire. »

Le projet est sur les bons rails. Les travaux devraient débuter en novembre prochain. La pérennisation du projet était une problématique essentielle pour la maire de la commune. Maire Claude Mauras explique que la chambre de commerce a réalisé une analyse de marché pour savoir si le projet était viable. D’autres actions pleines d’ambition attendent encore la commune car « le territoire est un puzzle que l’on construit », conclut la maire de Panjas. Cette année, grâce à ce projet social favorisant son développement économique, la commune fait partie des 76 premiers lauréats du programme de reconquête du commerce rural porté par le Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires. Cette distinction lui a permis d’obtenir une subvention supplémentaire de 50 000 euros de l’État.

SAINT-ROMAIN-D’URFÉ (42) RÉNOVE SON ANCIENNE BOULANGERIE

Commune : Saint-Romain-d’Urfé
Département : Loire
Code commune : 42 282
Population : 250 habitants

DESCRIPTION DU PROJET

Thème : Cadre de vie et services

Résumé du projet : Réhabilitation et aménagement de l’ancienne boulangerie pour créer un lieu d’animation avec un café-épicerie associatif, un dépôt de pain et des activités culturelles.

Contexte : Dès son installation, le Conseil municipal a eu la volonté de rendre le bourg plus vivant et attractif notamment pour les résidents de la Marpa (Maison d’Accueil et de Résidence pour l’Autonomie) et tous les habitants arrivés à la suite de la crise covid. La commune fait partie des 76 premiers lauréats du programme de reconquête du commerce rural de 2023 et a obtenu une subvention de 50 000 euros pour financer la réhabilitation de son ancienne boulangerie, lieu emblématique du village.

Objectifs : Rénover le fournil pour qu’il devienne un lieu d’animation culturelle ; rénover le four qui fonctionne avec un système très particulier de « gueulard » ; rénover le premier étage de la salle associative ; rénover le magasin de l’association « Ma P’tite Boutique » pour installer un café-épicerie associatif.

LE PROJET EN DÉTAIL

Déroulement : La commune a acheté le bâtiment de l’ancienne boulangerie. Elle souhaitait conserver ce patrimoine historique emblématique du village. Ce projet accueillera des actions culturelles pour maintenir du lien social. L’ancienne boulangerie nécessite des travaux importants de rénovation : la toiture, le bâti dans son ensemble, le fournil, le four… des travaux impératifs pour utiliser le four et faire un lieu d’accueil du public. L’architecture de la façade sera conservée et les pierres seront apparentes afin de retrouver l’aspect d’origine. La commune a fait appel à des financements participatifs avec la plateforme Collecticity et a obtenu des subventions. Les travaux ont débuté mi-juin.

Année de réalisation : Début 2024

Durée de réalisation du projet : 7 mois de travaux

Coût financier : 360 000 euros

Ingénierie : Mairie de Saint-Romain-d’Urfé

Cofinancements : Oui
Région Auvergne Rhône-Alpes – 93 887 euros
Département de la Loire – 46 173 euros
État, DSIL – 110 000 euros
Financement participatif – 10 000 euros

Partenaires mobilisés : Région, Département et État

POUR ALLER PLUS LOIN

Résultats obtenus : Création d’un lieu de convivialité, mise en valeur et conservation du patrimoine historique local.

Difficultés rencontrées : L’ingénierie avec des demandes de financement trop lourdes à effectuer. Demande de subvention pour l’Europe trop compliquée.

CONTACT

Nom du maire : Pascale MONAT

Téléphone mairie : 04 77 65 05 01

Adresse e-mail mairie : mairie@saintromaindurfe.fr

Site internet de la commune : https://saintromaindurfe.fr/

Le conseil du Maire :

“Il faut y croire même si la situation est difficile par le manque de moyens humains en termes d’ingénierie. Le projet doit être cohérent par rapport aux besoins de la population. Il doit permettre de redonner de la vie au village.”

Pour redonner vie à son centre-bourg, Saint-Romain-d’Urfé a choisi de se lancer dans la réhabilitation et l’aménagement de son ancienne boulangerie.

Le bâtiment aujourd’hui vacant va devenir un lieu d’animation où les habitants pourront prendre un café, faire des courses de première nécessité mais aussi participer à des veillées autour de la lecture, des jeux, du chant… sans oublier l’achat du pain !

Lors de son installation, le Conseil municipal a voulu mettre en œuvre un projet pour rendre le bourg plus vivant, l’animer et rendre sa commune plus attractive. Actuellement, Pascale Monat, maire de Saint-Romain-d’Urfé explique que « des commerçants déambulent dans le village mais les résidents de la Maison d’Accueil et de Résidence pour l’Autonomie (MARPA) ne les voient pas toujours défiler. » Ce projet a en outre pour objectif de simplifier l’accès aux produits de première nécessité pour les seniors.

Sauver le four remarquable de la commune

Avant le début de la crise du Covid-19, la commune a eu l’opportunité de racheter l’ancienne boulangerie pour permettre de sauver son patrimoine historique. Le bâtiment recueille encore un four qui possède une importance spécifique pour la commune. En effet, l’appareil fonctionne avec un système dit de « gueulard ». Le bois est brûlé dans un compartiment dédié sous le four, la chaleur est dispersée par ce gueulard abouché à l’intérieur du four.

Ce patrimoine communal est aussi important aux yeux des habitants. L’événement « Les fours en Marche » permet à des visiteurs de découvrir 11 fours dans la commune et de déguster plusieurs créations. Le four de l’ancienne boulangerie est le point de départ de cette marche très appréciée.

D’une ancienne boulangerie à un lieu d’animation

L’association locale « Ma P’tite Boutique » s’occupera de l’épicerie et permettra aux habitants de trouver un point de rencontre convivial pour tous. Les boulangers de Juré et de Saint-Just-en-Chevalet continueront d’approvisionner le magasin se trouvant actuellement dans des locaux devenus trop étroits. Plusieurs activités culturelles seront également organisées.

La réhabilitation nécessite des grands travaux de rénovation. La commune doit impérativement remettre aux normes la toiture, le bâti dans son ensemble, le fournil et le four, pour accueillir le public. Avec un montant des travaux s’élevant à 360 000 euros, la maire indique que « la taille du village a contraint la mairie à trouver des solutions innovantes de financement. » La commune a choisi de se faire accompagner par des professionnels du financement participatif des collectivités : la plateforme Collecticity, qui permet aux donateurs de défiscaliser leurs dons. Pour le moment, la commune a récolté 650 euros. « Nous comptions fermer la cagnotte en ligne en octobre mais je pense que nous allons repousser la date prévue », indique la maire.

Saint-Romain-d’Urfé a aussi fait de nombreuses demandes de subventions et a obtenu plusieurs financeurs : la région Auvergne Rhône Alpes, le département de la Loire, l’État avec la dotation de soutien à l’investissement local (DSIL) et elle a récemment obtenu une dotation de 50 000 euros au titre du fonds de reconquête du commerce rural.

Les travaux ont débuté il y a une semaine. La maire explique que « le toit de l’ancienne boulangerie a été enlevé et va être complètement refait dans les jours à venir. » Les habitants pourront retrouver leur patrimoine communal et un tout nouveau lieu de vie dès début 2024.

DIGES (89) MET EN PLACE UN TIERS-LIEU DE SERVICES ET DE CONVIVIALITÉ

Commune : Diges
Département : Yonne
Code commune : 89 139
Population : 1 150 habitants

DESCRIPTION DU PROJET

Thème : Cadre de vie et services

Résumé du projet : Création d’un tiers-lieu dans le centre-bourg

Contexte : Le dernier café de la commune a fermé en 2019. Les habitants ont peu à peu délaissé le centre-bourg. L’équipe municipale a décidé de racheter le café ainsi que les bâtiments à proximité pour installer un tiers-lieu.

Objectifs : Redonner du dynamisme à la commune, faire un lieu de rencontres convivial avec de multiples services (bar-tabac, épicerie, dépôt de colis, de pain, gîtes avec des chambres d’hôtes…).

LE PROJET EN DÉTAIL

Déroulement : La commune souhaite créer un lieu multifonctionnel qui sera à la fois un espace de sociabilité et un pôle de services pour les habitants du village et des communes aux alentours. Les élus ont souhaité construire le projet avec les habitants et les associations locales. Ils ont initié un processus participatif, les habitants se réunissaient avec le cabinet Ocalia en charge du projet, pour co-construire une offre de services adaptée à leurs attentes. Ocalia va définir les conditions de faisabilité du projet dans les semaines à venir et rédigera un programme de pilotage du projet.

Année de réalisation : En cours

Durée de réalisation du projet (prévue) : 3 à 5 ans

Coût financier : 1 million d’euros

Ingénierie : Prestataire extérieur (cabinet Ocalia).

Cofinancements (prévus) : DETR, FIR, FEDER

Partenaires mobilisés : Département, Région, État, Europe

POUR ALLER PLUS LOIN

Résultats obtenus : La commune souhaite créer un endroit convivial avec plusieurs services associés : un café-restaurant, un tabac, la poste, un relais colis, un guichet administratif (France Services) et des activités culturelles.

Difficultés rencontrées : Diges doit trouver un bon gérant pour le tiers-lieu et fixer les bonnes règles de fonctionnement. Le maire estime qu’il faudra 3 à 4 personnes pour faire fonctionner le lieu.

CONTACT

Nom du maire : Jean-Luc VENDAELE

Téléphone mairie : 03 86 41 12 89

Adresse e-mail mairie : mairie.diges89@wanadoo.fr

Site internet de la commune : https://www.mairiediges89.fr/

Le conseil du Maire :

“Il faut contacter des gens qui ont du savoir-faire et qui s’y connaissent dans plusieurs domaines. Je pense que si c’était à refaire j’éliminerai le tabac même si c’est une ressource financières intéressante car il empêche la commune de bénéficier du programme national “1 000 cafés”. Il ne faut pas hésiter à créer un lieu qui propose plusieurs services, les habitants sont très demandeurs.”

La fermeture de l’épicerie du centre-bourg en 2018 puis du dernier café en 2019 a raisonné comme une sonnette d’alarme pour les élus locaux de la commune de Diges.

Pendant quatre ans, les 1 150 habitants ont peu à peu délaissé le centre pour aller faire leurs achats dans les commerces des communes voisines.

Très rapidement, la commune a souhaité racheter le bâtiment de l’ancien café ainsi que les autres constructions à proximité. Jean- Luc Vendaele, maire de Diges, explique qu’il fallait ramener du monde dans le village. Et pour ce faire, son « objectif a été de créer un tiers-lieu avec un bar, un tabac (Diges a conservé la licence tabac de l’ancien café), une épicerie, un dépôt de pain, des gîtes avec des chambres d’hôtes, un pôle de services administratifs, la poste, un relais colis et des activités culturelles. » En somme, un lieu avec de multiples composantes pour que les habitants redynamisent le centre et puissent trouver tous les services dont ils ont besoin près de chez eux.

Les longs débuts d’un projet ambitieux et attendu

Le maire indique que la commune a dû demander l’aide d’un prestataire extérieur pour accomplir le projet. « Il y a de gros travaux à réaliser, on pensait faire ça en tant que maître d’ouvrage mais vu l’ampleur des travaux et la diversité des fonctions du lieu, on en a conclu qu’il valait mieux être accompagnés. » Diges a alors choisi de confier toutes les étapes du projet à un cabinet privé, Ocalia, qui travaille depuis le mois de février sur la création du tiers-lieu. « Le cabinet nous aide à mieux définir notre projet et à l’approfondir. Ocalia nous permet également de mieux définir les fonctions dont nous avons besoin et la répartition des surfaces du lieu » précise Jean-Luc Vendaele.

Si le projet n’en est qu’à ses débuts, la mairie a engagé depuis plusieurs mois une démarche de participation citoyenne que le cabinet doit poursuivre. La commune a envoyé aux 550 familles de Diges un questionnaire sur leurs attentes concernant le projet du tiers-lieu avec la possibilité de laisser leurs coordonnées afin de participer à son élaboration. 30 familles ont répondu positivement. Deux rencontres ont déjà eu lieu avec Ocalia et le maire est satisfait des résultats obtenus : « ce n’est pas facile de faire s’exprimer des personnes venues de tout horizon, le travail de groupe a bien fonctionné et des pistes intéressantes sont sorties pour savoir si on s’orientait vers tel ou tel type de service. Ocalia avait méthodiquement tout préparé avec des questionnaires précis pour que les réunions puissent avoir un vrai intérêt. »

Un projet nécessaire avec des dépenses importantes

Aucun habitant n’est réticent. Au contraire, c’est un projet que tous les habitants attendent avec impatience. Mais le maire explique que la mise en place du tiers-lieu prendra un long moment et nécessite un important budget : « il faut prendre le temps de bien définir ce que souhaitent les habitants car le projet représente quand même de grosses dépenses. » En effet, Jean-Luc Vendaele précise que tous les travaux « dépasseront le million d’euros car on est sur des surfaces exceptionnelles de 500 à 700 mètres carrés. »

Il reste encore quelques démarches sur lesquelles la mairie travaille et se questionne : quel type de contractualisation fixer avec le futur gérant du lieu ? Pour le moment, le maire explique que la commune réfléchit à la mise en place d’un « loyer faible au début puis progressif, fixé en fonction du chiffre d’affaires ou du résultat du tiers-lieu. » Jean-Luc Vendaele émet quelques réticences concernant le fonctionnement du tiers-lieu, « entre un gérant et le système associatif c’est un peu délicat. » Mais le maire est tout de même très optimiste sur la concrétisation prochaine du projet, il est convaincu que les bonnes personnes et les bonnes règles de fonctionnement permettront de faire vivre ce lieu essentiel à la dynamisation de la commune et aux quotidiens de ses habitants.

LES MOLIÈRES (91) INSTAURE UNE CONSTITUTION MUNICIPALE

Commune : Les Molières
Département : Essonne
Code commune : 91 470
Population : 2 000 habitants

DESCRIPTION DU PROJET

Thème : Démocratie locale

Résumé du projet : Mise en place d’une Constitution municipale

Contexte : L’ancien maire de la commune et les conseillers municipaux ont souhaité créer un texte permettant de répertorier tous les organes consultatifs et les processus de décision du Conseil municipal mis en place par la mairie afin de les pérenniser.

Objectifs : Réunir les pratiques de démocratie locale de la commune dans un texte afin de les pérenniser et faire connaître à tous les habitants le fonctionnement des prises de décisions des élus locaux.

LE PROJET EN DÉTAIL

Déroulement : L’ancien maire était convaincu des bénéfices pour la commune de la participation des habitants dans les prises de décision de la mairie. Les habitants ont travaillé en groupes sur la Constitution pendant plusieurs mois. Elle a expérimenté pendant quelques mois et la majorité des habitants ont été très satisfaits. 

Année de réalisation : 2019

Durée de réalisation du projet : 6 ans

Coût financier : Aucun

Ingénierie : Pas de besoin

Cofinancements : Non

Partenaires mobilisés : Aucun

POUR ALLER PLUS LOIN

Résultats obtenus : Meilleure confiance des habitants, création d’un texte qui engage les élus.

Difficultés rencontrées : Quelques habitants indifférents et sceptiques.

> Constitution municipale des Molières

> « 30 propositions pour pratiquer la démocratie », éditions Bookelis

CONTACT

Nom du maire : Jean-Paul GRUFFEILLE

Téléphone mairie : 01 60 12 07 99

Adresse e-mail mairie : contact@lesmolieres.fr

Site internet de la commune : https://www.lesmolieres.fr/

Personne en charge du projet :
Yvan LUBRANESKI

Fonction : Conseiller municipal

Le conseil du Maire :

“Il faut commencer par la pratique et après travailler sur les outils de l’intelligence collective, la capacité de travailler ensemble. S’inspirer de modèles et adopter sa propre Constitution postérieurement à la pratique. Les citoyens sont intéressés par les actes pour reprendre confiance. Pas les déclarations d’amour, mais les preuves.”

Yvan Lubraneski, ancien maire de la commune des Molières (2 000 habitants), a toujours eu la volonté de faire participer les citoyens aux prises de décision.

La mise en place du projet de Constitution municipale reflète l’aboutissement de cette expérience et la concrétisation de sa manière de faire la politique locale.

Convaincu que l’existence d’une démocratie locale est essentielle au bon fonctionnement d’une collectivité territoriale, Yvan Lubraneski explique que cette initiative permet d’incarner la prise en considération de « l’intelligence collective et de nouvelles pratiques politiques », qui constituent des piliers indispensables à l’exercice de la politique locale.

Officialiser la participation des habitants aux décisions

Depuis plusieurs années, la commune des Molières a instauré plusieurs organes consultatifs afin d’impliquer concrètement les habitants dans les différents projets de l’équipe municipale. Ainsi, les Molièrois peuvent s’inscrire et intégrer plusieurs comités consultatifs sur l’alimentation, la production locale, la transition énergétique, l’environnement ou encore l’éducation. L’équipe municipale s’est également engagée à consulter ses habitants lors de la mise en place d’importants travaux. La Constitution municipale dispose que pour une « dépense supérieure à 200 000 euros et créant un ou plusieurs nouveaux équipements publics collectifs, le Conseil municipal doit s’appuyer sur une commission extra-municipale ou tout au moins sur un comité consultatif existant, garantissant dans l’un et l’autre cas la possibilité pour tout citoyen d’y participer. »

Des engagements forts que les élus municipaux respectent depuis l’adoption officielle du texte en 2019. Yvan Lubraneski explique que la commune a aussi mis en place « la votation citoyenne » pour connaître l’avis des habitants sur des projets qui vont impacter leur quotidien. Par exemple en 2017, l’ancien maire a organisé un vote pour que les parents d’élèves puissent donner leur opinion sur le changement d’emploi du temps de leurs enfants. Ils avaient un choix à faire parmi deux propositions : un emploi du temps à quatre jours d’école ou un emploi du temps sur la base de cinq matinées. Yvan Lubraneski raconte que les parents étaient très divisés sur la question mais que la seconde option l’a emporté grâce à la mise en place de réunions en groupes de travail et de la confiance accordée par les habitants à l’équipe municipale.

Pérenniser les pratiques de démocratie locale des Molières

L’ancien maire désormais conseiller municipal raconte que la Constitution a été expérimentée dès 2014, « puis elle a abouti à un texte définissant notre organisation, notre partage du pouvoir et notre envie de la pérenniser. » Yvan Lubraneski explique en effet que cette « Constitution vient graver dans le marbre les pratiques de la commune, tous ses outils de co-construction. »

« Même si certains sont restés indifférents voire sceptiques, nous avons ressenti une certaine fierté des Molièrois par rapport à la démarche ». L’élu local précise « qu’avec le temps, une véritable confiance des habitants envers les élus s’est développée. Ils étaient sensibles aux objectifs de la Constitution municipale : partager le pouvoir et inscrire les méthodes de la commune dans le long terme. »

À la suite de son expérience d’élu local et afin de mettre sur le papier ses convictions politiques en faveur de la démocratie locale et participative, Yvan Lubraneski a publié « 30 propositions pour pratiquer la démocratie » aux édition Bookelis en septembre 2021.

MONTESQUIOU (32) ACCUEILLE DES JEUNES DU SERVICE NATIONAL UNIVERSEL

Commune : Montesquiou
Département : Gers
Code commune : 32 285
Population : 600 habitants

DESCRIPTION DU PROJET

Thème : Jeunesse

Résumé du projet : Accueil de jeunes volontaires du SNU dans la commune

Contexte : La commune accueillait déjà des scouts et des colonies de vacances depuis plusieurs années. Le maire a tout de suite accepté la demande des organisateurs du SNU pour prévoir des activités citoyennes dans sa commune.

Objectifs : Faire découvrir la ruralité, favoriser le développement du SNU et dynamiser la commune.

LE PROJET EN DÉTAIL

Déroulement : La commune a été contacté par les organisateurs du SNU pour savoir si elle était en capacité et prête à s’investir pour accueillir des jeunes volontaires de 15 à 17 ans. Le maire a tout de suite accepté. Depuis 2019, 200 jeunes viennent trois fois par an à Montesquiou pour faire des activités citoyennes.

Année de réalisation : 2019

Durée de réalisation du projet : Quelques mois

Coût financier : Aucun, utilisation des équipements et du matériel communaux.

Ingénierie : Aucun besoin

Cofinancements : Non

Partenaires mobilisés : État

POUR ALLER PLUS LOIN

Résultats obtenus : La commune accueille 200 jeunes trois fois par an (dates correspondant aux vacances scolaires des trois zones).

Difficultés rencontrées : Répondre à toutes les attentes des organisateurs du SNU (salles disponibles, matériel).

CONTACT

Nom du maire : Étienne VERRET

Téléphone mairie : 05 62 70 91 18

Adresse e-mail mairie : mairie.montesquiou@wanadoo.fr

Site internet de la commune : https://montesquiou.org/

Personne en charge du projet :
Marc PASSERA

Fonction : Premier adjoint

Le conseil du Maire :

Avoir de la disponibilité, des infrastructures en mesure d’accueillir un grand nombre de personnes et pouvoir répondre aux demandes des organisateurs en termes de matériel.

Chaque année, la commune de Montesquiou (600 habitants) dans le Gers accueille des jeunes volontaires de 15 à 17 ans dans le cadre du Service National Universel (SNU).

Les élus municipaux ont choisi de s’investir pour recevoir des adolescents venus de la France entière.

Depuis 2019, la commune participe au déroulement des « séjours de cohésion ». Le Service National Universel a pour objectif de faire vivre les principes républicains, de renforcer la cohésion nationale et de participer au développement d’une culture de l’engagement chez les jeunes.

La volonté de la commune de s’engager dès les débuts du SNU

La venue des jeunes est apparue comme une évidence pour Étienne Verret, maire de la commune, « en tant que pompier volontaire, j’ai tout de suite voulu les accueillir dès la mise en place du SNU. Déjà avant l’arrivée de ce programme, Montesquiou recevait des scouts et des colonies de vacances depuis longtemps. » Ainsi, dès que les organisateurs du SNU ont contacté la mairie, l’équipe municipale s’est plongée à bras le corps dans ce nouveau projet.

La mairie met tout en œuvre pour que les adolescents profitent de multiples activités pendant leur séjour en mettant des salles municipales à disposition des équipes encadrantes du programme. En effet, comme l’explique Marc Passera, premier adjoint en charge du dispositif, « l’équipe municipale travaille en coopération avec les organisateurs du SNU pour concourir au bon déroulement des activités prévues. On leur fourni tout le matériel dont ils ont besoin. »

Étienne Verret précise qu’une Journée Citoyenneté est organisée à chaque session. Les élus reçoivent les jeunes volontaires à la mairie pour que ces derniers puissent échanger dans la salle du conseil municipal sur un sujet évoqué préalablement par les conseillers municipaux. « Les jeunes jouent un conseil municipal, ils prennent des délibérations », raconte Marc Passera. Le maire ajoute que les élus participent aux Journées Défense et Secourisme planifiées pendant le séjour. Chaque après-midi, après une matinée riche en activités sportives, les adolescents assistent également à des forums sur des thèmes variés tels que l’engagement, en présence de diverses associations.

Un investissement bénévole auprès des jeunes

La commune ne perçoit aucun financement de l’État mais le maire affirme que « l’année dernière, la commune a reçu un cadeau. Et cette année aussi elle devrait en obtenir un ». Mais pour le premier adjoint, cette question ne pose aucun problème. « C’est avec joie que nous accueillons les jeunes à Montesquiou, il suffit de s’investir et de répondre aux demandes des équipes du SNU pour que tout se déroule bien. La commune venait d’effectuer des travaux et bénéficiait donc de bâtiments modernes et récents capables d’accueillir un grand nombre de jeunes. »

Pour la troisième année consécutive, la commune ouvre ses portes du 11 au 23 juin puis du 4 au 16 juillet 2023 aux 400 jeunes volontaires en quête d’aventure et de ruralité. L’occasion pour ces adolescents venus de sept départements dans toute la France de découvrir un environnement nouveau et d’expérimenter pendant quelques jours, un quotidien à la campagne.

JANVRY (91) – AU SERVICE DE LA POPULATION

Depuis une trentaine d’années, un employé communal distribue du pain aux habitants, chaque jour de la semaine, en porte à porte. Et le week-end, c’est un bénévole qui s’en charge.

« Ca permet aux personnes âgées d’avoir du pain frais tous les jours et aux habitants d’éviter de prendre la voiture pour une baguette à un euro », explique Christian Schoettl, le maire de la commune.

« On travaille avec la même boulangerie depuis 30 ans. Nous ne sommes que les vendeurs ».

Le village vend environ 70 baguettes par jour. Pendant la crise sanitaire, ces chiffres ont explosé. « Je m’occupais de la tournée avec mon premier adjoint », confie l’élu. « Les gens nous attendaient avec l’apéro sur la place du village ». Cette livraison de pain se fait aussi pour le restaurant du village et pour l’école.

Parallèlement, un petit marché est organisé toutes les semaines depuis dix ans avec des produits arrivant à la date limite, donnés par une grande surface plutôt que de les jeter.

« Nous organisons un marché par semaine avec des produits à des prix ridicules, avec 90% de réduction.  L’idée étant que ces produits ne se perdent pas ».

L’organisation est toutefois assez lourde.

Un employé communal va chercher les denrées chaque semaine avec le camion frigorifique. Ensuite, une quinzaine de bénévoles trient la marchandise et organise le marché. « Pendant les vacances, nous allons récupérer les produits tous les jours au supermarché », explique Christian Schoettl.

Il s’agit d’environ deux tonnes de déchets par semaine pendant l’année et une tonne pendant l’été.

« Durant des périodes plus fastes, nous avions 400 kg de viande par semaine ».

Le marché est ouvert à tous les habitants. « Je ne veux pas faire un marché de pauvres ».

Pour une famille, ce marché représente 200 euros d’économie par mois. Et ça ne coûte rien à la commune.

Avec l’argent récolté (10% du prix des produits), la commune paie les frigos et leur entretien.

« On finance aussi des actions humanitaires, c’est un vrai levier financier.

Par exemple, nous avons cofinancé la construction d’un orphelinat à Katmandou après le tremblement de terre de 2015, confie le maire ».

POUR ALLER PLUS LOIN :

Christian Schoettl

Maire de la commune de Janvry

« Pour faire ça, il ne faut pas avoir d’épicerie dans le village pour ne pas créer de concurrence, et avoir un tissu de bénévoles sérieux et solide. »

RAUVILLE-LA-BIGOT (50) INSTALLATION D’UNE PUMPTRACK

« On voyait des jeunes du village, de 8 à 13 ans, circuler en vélo sur les pelouses », explique Hubert Lefèvre, le maire de la commune de Rauville-la-Bigot (50).

Il décide alors d’investir dans une pumptrack, un parcours de bosses, modulable, en préfabriqué pour les vélos et les trottinettes.

« Le but était de donner une activité à ces jeunes ».

Une entreprise est donc venue installer cette pumptrack sur un terrain stabilisé. « Il faut que le sol soit dur, confie le maire, parce que sur de la pelouse, ça peut se déformer. »

L’installation a coûté 45 000 euros à la commune. Et l’Etat a contribué à hauteur de 20% par le biais de la DETR.

La pumptrack peut durer jusqu’à 10 ans.

Mais Hubert Lefèvre regrette de ne pas avoir choisi le bon emplacement. « Il faut faire attention de ne pas la mettre trop prêt des maisons ou de la salle polyvalente, parce que ça fait un peu de bruit. »

Les enfants ont tendance à aimer courir sur le parcours et faire énormément de bruit.

« J’ai mis un panneau d’interdiction de courir dessus ». A l’installation de la pumptrack, l’année dernière, beaucoup de jeunes des villages voisins sont venus s’entraîner sur le parcours de bosses.

« Ça a déclenché des achats identiques de la part des collègues riverains. »

POUR ALLER PLUS LOIN :

> Site de la commune de Rauville-la-Bigot : http://www.rauvillelabigot.fr/web/index.php

Hubert Lefèvre

Maire de la commune de Rauville-la-Bigot et président de l’AMR50

« Il faut le faire, mais il faut la mettre sur un terrain où il y a déjà un terrain d’animations. »

A LASSERAN (32) LES PLUS JEUNES PEUVENT PARTICIPER A DE FAUSSES ELECTIONS

Les enfants de la commune de Lasséran, dans le Gers, peuvent participer, les années d’élections, à de faux scrutins organisés par la mairie.

L’objectif est de les intéresser à la vie démocratique et de leur présenter le fonctionnement d’une élection.

Le succès de cette pratique est tel que des jeunes en SNU ont été accueillis dans le village pour y participer.

« La commune de Lasséran est très impliquée sur tout ce qui touche à la question de la citoyenneté », explique Michel Soriano, le maire. Depuis qu’il a été élu maire, il organise, chaque année où se tient un scrutin, de fausses élections. « Les bureaux de votes sont tenus par les enfants de l’école primaire et ils peuvent aussi tous voter pour des personnalités célèbres », explique-t-il. Il se rappelle avec émotion qu’avant les présidentielles de 2022, les 36 élèves ont plébiscité Kilian Mbappé et le rugbyman Antoine Dupont. « C’est incroyable de voir comme ils se prennent tous au jeu », s’amuse Michel Soriano qui met un point d’honneur à travailler régulièrement avec les enfants de la commune.

« Moi je reste passif, je rectifie les erreurs »

Le but du projet du maire de Lasséran est vraiment de laisser les enfants participer seuls. « Moi je me contente de rester passif et de rectifier les erreurs qu’ils pourraient commettre », précise-t-il. C’est avec beaucoup d’émotion qu’il évoque ces journées passées avec les plus jeunes. « Je me suis parfois amusé à les piéger en introduisant des faux bulletins dans l’urne pour observer leur réaction et leur apprendre comment comptabiliser correctement les voix », s’amuse le maire.

Les élèves sont tous ravis de ces journées, à tel point que l’institutrice du village vient même demander à Michel Soriano d’organiser ces fausses élections.

L’accueil de jeunes en SNU

Dans le cadre du SNU (Service National Universel) la commune de Lasséran a organisé une journée axée autour de la démocratie, notamment via ces élections fictives dont le maire a le secret. « J’ai été contacté par les animateurs de ces jeunes entre 16 et 18 ans en SNU qui avaient entendus parler de ce que je faisais à Lasséran », explique-t-il.

Au début de la journée le maire leur a présenté le fonctionnement et les spécificités d’une commune rurale. « Je leur ai aussi expliqué quel était le rôle d’un conseil municipal », complète-t-il. Un scrutin a ensuite été organisé avec des candidats fictifs et ce sont les jeunes qui se sont chargés de tenir les bureaux de vote et de dépouiller les voix. « Je suis resté en retrait comme je le fais d’habitude, je me contentais d’expliquer comment fonctionne des élections et je leur ai indiqué leurs erreurs », précise Michel Soriano.

Une fois les élections terminées, les jeunes ont participé à un faux conseil municipal sur le thème de la création d’éoliennes sur la commune de Lasséran. « Ils ont nommé un maire et deux adjoints ainsi que des conseillers municipaux. Chacun avait ensuite une position précise sur le sujet qu’il fallait défendre », raconte le maire. L’occasion pour ces jeunes d’apprendre comment débattre sans se couper la parole, en respectant l’opinion des autres, … « À la fin des débats ils ont ensuite voté. Tout s’est très bien passé, je pense que cela a leur a été très instructif. On peut faire des choses incroyables avec les plus jeunes quand ils sont motivés », conclut Michel Soriano.

POUR ALLER PLUS LOIN :

> Site de la commune

> Article de la Dépèche



Michel Soriano

Maire de la commune de Lasseran


« J’aimerais dire à tous les maires que s’ils ont la chance d’avoir une école sur leur commune, il faut à tout prix faire travailler les plus jeunes sur des sujets qui touchent à la démocratie, la paix, la citoyenneté, la tolérance et la laïcité. Quand on leur présente un projet motivant les jeunes vont toujours s’investir au maximum, c’est très touchant et instructif pour eux comme pour nous. »

CROTENAY (39) INAUGURE UN NOUVEAU BAR-RESTAURANT DANS LE CADRE DU PROJET LANCE PAR 1000 CAFES

La commune de Crotenay (630 hab.) dans le Jura a inauguré le 18 juin 2022 un nouvel établissement.

Les services proposés sont variés puisqu’il servira à la fois d’épicerie, de bar, de restaurant et de relais colis.

Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme 1000 cafés (groupe SOS), dont l’objectif est d’ouvrir des cafés multiservices dans des communes rurales de moins de 3 500 habitants.

Pendant la campagne municipale de 2020 l’un des principaux engagements d’Olivier Cavallin, le maire actuel de Crotenay, était de ramener des lieux de convivialité dans le village. « J’ai entendu parler de 1000 cafés pendant le confinement avant d’être élu. J’ai donc monté le dossier qui était déjà prêt une fois les élections passées », explique-t-il. Une semaine après les résultats le projet était donc lancé. 1000 cafés accompagne les maires des communes rurales dans le lancement de cafés multiservices, notamment en réalisant des enquêtes auprès de la population et en facilitant la gestion de la structure une fois celle-ci ouverte. Ce partenariat permet donc d’assurer des coûts plus bas pour les gérants et de pérenniser leur établissement, baptisé Le comptoir de l’Heute.

« Notre village s’endormait »

La commune de Crotenay comptait 1 cafés et 4 restaurants, mais ils sont aujourd’hui tous fermés. « Lorsque le dernier restaurant a fermé la mairie s’est positionnée pour le racheter. J’avais vraiment l’impression que notre village s’endormait, il fallait rouvrir un café », confie Olivier Cavallin.

Une fois le local racheté, la commune a déposé le dossier de candidature en septembre 2020. 1000 cafés s’est rendu sur place et après les résultats très positifs de l’enquête auprès des habitants le projet de Crotenay a été retenu.

La commune s’est ensuite lancée dans les travaux pour réhabiliter les locaux, inutilisés depuis 12 ans, et le logement pour les futurs gérants. « 1000 cafés nous a accompagné dans le recrutement des gérants. Finalement, nous avons choisi un couple originaire de Chambéry qui est venu s’installer à Crotenay en mars 2022 », détaille le maire.

Pour l’ensemble des travaux, la commune a dépensé 200 000€ et 100 000€ pour acheter le local. Elle a bénéficié respectivement d’un taux de subvention de 66% et 30%. « Nous louons le restaurant et le logement aux gérants pour 400€ par mois », complète Olivier Cavallin.

Un bar-restaurant-épicerie-relais colis

L’une des spécificités du programme 1000 cafés est de chercher à adapter l’offre en fonction des besoins de chaque commune. Dans le cas de Crotenay, il a été décidé d’aller plus loin que le simple café en proposant un véritable service de restauration combiné avec une partie épicerie. « Nous privilégions systématiquement les produits locaux », insiste Olivier Cavallin. L’établissement sert aussi de relais colis, un moyen efficace pour attirer plus de potentiels clients.

En ce qui concerne les horaires d’ouverture la mairie avait à cœur que le restaurant soit ouvert le dimanche et en particulier le soir. « Il y a un club de foot qui compte 240 licenciés dans la commune. Le dimanche soir ils ont pour tradition d’aller manger des pizzas. Maintenant, grâce au restaurant, ils peuvent rester à Crotenay et ne sont pas obligés de se déplacer sur des kilomètres. On leur propose même des pizzas ce soir-là », détaille Olivier Cavallin.

Aujourd’hui, Au comptoir de l’Heute, connaît un lancement très positif. « Il y a des gens qui viennent d’autres communes. J’essaye moi-même d’y aller le plus souvent possible, il est important de maintenir des bonnes relations avec les gérants pour que le projet soit pérenne », explique Olivier Cavallin.

La visite de quatre maires dans la commune pour découvrir ce qui avait été fait dans le cadre du programme 1000 cafés, est elle aussi un symbole fort de la réussite du projet porté par Crotenay.

POUR ALLER PLUS LOIN :

> Site de la commune

> Facebook du Comptoir de l’Heute

> Article de Hebdo 39

Olivier Cavallin

Maire de la commune de Crotenay

« C’est très important de se rapprocher très tôt de 1000 cafés, j’aurais aimé les rencontrer avant même de pouvoir déposer mon dossier de candidature. C’est aussi très utile de partager son expérience avec les autres maires et de prendre le temps de se renseigner sur leurs expériences. »

BOURGHEIM (67) AMELIORE ET RELANCE L’ANCIEN DEPOT DE PAIN

Depuis un an, le dépôt de pain de la commune de Bourgheim (630 hab.), dans le Bas-Rhin, était laissé à l’abandon.

Mais depuis le 1er mai 2022, grâce au travail du maire, Jacques Cornec, les habitants ont retrouvé ce commerce dans une version améliorée et avec un succès grandissant.

Le village de Bourgheim s’était lancé en 2008 dans un projet de création d’un dépôt de pain dans une ancienne agence de banque. Relancé en février 2022 après l’abandon du propriétaire, il a rouvert ses portes en mai. « Nous avons commencé par chercher une personne motivée pour reprendre le commerce », explique Jacques Cornec. Le local, que la commune loue 180€ par mois, a finalement trouvé une nouvelle propriétaire : une habitante de Bourgheim. Afin de s’assurer de la pérennité du dépôt de pain, le maire a décidé de rénover le local. « Je me suis personnellement occupé de faire les travaux intérieurs, notamment l’électricité », confie-t-il. Une terrasse extérieure a aussi été aménagée pour permettre aux clients de consommer sur place. C’est une véritable collaboration qui s’est instituée entre la mairie et la gérante du commerce, un partenariat que le maire qualifie volontiers de « gagnant-gagnant ». Au total, la commune a dépensé 3 900€ dans les travaux sans toucher de subventions. 

Un dépôt de pain amélioré

Si le but initial du dépôt est la vente de pains, l’offre s’est néanmoins diversifiée depuis la réouverture. Aujourd’hui, La Boîte à Cadeaux propose aussi de la vente de boissons, de sandwichs et d’autres produits locaux. « Une demande a été faite pour obtenir une licence IV, cela permettra vraiment de faire de ce commerce un bistrot à part entière », explique Jacques Cornec.

À l’avenir la commune aimerait aussi ajouter une véranda à côté du dépôt de pain afin de le rendre plus attractif. « Nous avons aussi profité de la réouverture pour installer à proximité un lockeramazon. Cela permet à ceux qui viennent récupérer des colis de s’arrêter au dépôt de pain, donc d’avoir plus de clients », complète le maire de Bourgheim.

Un véritable succès

Depuis l’ouverture les horaires initiaux ont été maintenus, signe de l’engouement des habitants pour le nouveau commerce du village.

« Il y a même des personnes qui viennent d’autres communes. Les deux boulangeries périphériques ayant fermées ce commerce est devenu très important pour beaucoup de personnes », explique Jacques Cornec qui confie que la gérante doit souvent refaire des provisions en pain dans la journée.

La Boîte à Cadeaux est aussi un outil de lien social entre les habitants qui se réunissent pour discuter.

« En plus, les gens peuvent venir à pied, ils n’ont pas besoin de prendre la voiture, c’est plus écologique », conclut le maire de Bourgheim.

POUR ALLER PLUS LOIN :

> Facebook de la commune

> Article de journal Dernières nouvelles d’Alsace

Jacques Cornec

Maire de Bourgheim et Président de l’AMR67

« Quand on veut relancer un commerce dans sa commune il est très important de trouver la bonne personne pour le reprendre. Pour qu’un bon partenariat s’installe j’avais demandé à la nouvelle gérante de présenter son projet devant le conseil municipal, je pense que c’est un bon moyen de créer de la confiance. »