GUERN (56) S’APPRÊTE À INAUGURER UNE ÉPICERIE PARTICIPATIVE AVEC L’AIDE DE BOUGE TON COQ !

D’ici à la fin de l’été la commune de Guern, dans le Morbihan, sera dotée d’une épicerie participative.

Ce projet, qui a vu le jour grâce à l’aide de l’association Bouge ton coQ!, devrait permettre de répondre à la problématique de l’accès aux services de vente alimentaire. L’association a pour objectif de permettre aux communes rurales de se doter d’épicerie gérées directement par des habitants-bénévoles. Une initiative qui a rencontré un véritable engouement auprès des résidents de Guern.

Le maire de Guern, Joseph le Bouédec, a découvert l’initiative #Lemoisépic’ grâce à l’AMRF qui est partenaire de Bouge ton coQ!.

Cette initiative lancée par l’association consistait en un appel à 50 candidatures pour ouvrir une épicerie participative dans des communes de moins de 3 500 habitants sans commerce de proximité.

« Une étude réalisée par l’INSEE et Famille Rurales a montré que 81% des Français considèrent que vivre à la campagne est un cadre de vie idéal », explique Aymard de la Guillonnière, responsable manifestations d’intérêts chez Bouge ton coQ!. « Pour autant, parmi ces 81% de Français, il y en a 65% qui estiment que la vie dans un milieu rural est difficile », continue-t-il.

Si plusieurs facteurs peuvent expliquer ce sentiment, la difficulté pour accéder à des commerces joue un rôle central selon lui. C’est donc à cette problématique que l’association Bouge ton coQ! tente d’apporter des réponses en se rapprochant de communes comme Guern.

Un projet qui a rencontré un véritable succès

Pour commencer à sonder l’intérêt des habitants sur ce projet, la commune a lancé une grande enquête. Au total, plus de 250 personnes ont répondu favorablement. Le projet pouvait donc être lancé sans craindre que celui-ci ne s’essouffle. « Le plus important, au début, a été de se montrer à l’écoute des besoins des habitants pour être certain qu’ils s’investissent », explique Marie Kerampran, chargée de mission revitalisation à Guern. « Afin d’être le plus efficace possible nous avons séparé les bénévoles selon des groupes thématiques comme la recherche des fournisseurs, l’aménagement du local, … », continue-t-elle.

L’association Bouge ton coQ! a de son côté pris en charge la formation des habitants souhaitant s’investir dans le projet. « La part la plus importante de la formation concerne l’application Monépi », détaille Aymard de la Guillonnière. Cet outil numérique permet de gérer l’épicerie dans sa globalité grâce à un planning partagé sur lequel les bénévoles indiquent leurs disponibilités. C’est aussi elle qui permet par exemple de gérer les relations avec les producteurs.

Chaque bénévole donne ensuite deux heures de son temps par mois pour se consacrer à la gestion de l’épicerie, que ce soit à la vente, à la gestion de l’inventaire, etc.

Le fonctionnement de l’épicerie participative

L’épicerie participative valorise au maximum les producteurs locaux pour les produits alimentaires. « Pour tous les autres biens, l’application Monépi permet d’avoir accès à des grossistes », explique Marie Kerampran. Toutes les ventes sont réalisées à prix coûtant puisque le but de l’épicerie n’est pas de faire des bénéfices.

Pour pouvoir acheter un produit il est par contre nécessaire de devenir adhérent. Le tarif est de 10€ par an, il existe aussi un tarif pour les familles à 20€. Ensuite, il suffit simplement de recharger son compte sur internet pour pouvoir effectuer des achats. « Nous avons aussi un tarif spécial pour les personnes qui ne sont pas adhérentes, il leur suffit simplement d’ajouter 1€ à leur panier total quand elles achètent », explique Marie Kerampran

« La commune de Guern n’a pas eu à investir d’argent dans le projet puisque Bouge ton coQ! octroie à chaque commune 1 100€, qui servent à financer l’aménagement d’un local mis à disposition par la mairie », confie Aymard de la Guillonière.

En ce qui concerne la gestion quotidienne de l’épicerie, celle-ci est faite sur un mode collégial.

« Il n’y a pas de conseil d’administration ou de personne à la tête du projet, cela permet d’assurer la pérennité dans le temps puisque l’épicerie est gérée de façon autonome via l’application et si des bénévoles quittent le projet il peut continuer à perdurer », explique Aymard de la Guillonière, fier du succès que rencontre aujourd’hui l’initiative réalisée en collaboration avec la mairie de Guern.

SAINT ARCONS-DE-BARGES (43) : UN CHÈQUE ALIMENTAIRE DE 30€ POUR LES HABITANTS

Pour faire face à l’augmentation brutale des prix Lionel Bruchet, maire de Saint Arcons-de-Barges dans la Haute-Loire, a pris l’initiative de distribuer des chèques alimentaires d’une valeur de 30 euros aux habitants de sa commune. Une mesure essentielle selon lui en raison de la situation actuelle et de celle des habitants.

« Les prix de l’alimentation ont beaucoup augmenté récemment et je pense qu’ils risquent de continuer à augmenter », témoigne Lionel Bruchet. Ce n’est cependant pas que la constatation de l’évolution inquiétante des prix qui a poussé le maire de Saint Arcons-de-Barges à agir, c’est aussi les habitants de sa commune. Il explique en effet que la population y est constituée en grande partie d’agriculteurs retraités ou de personnes âgées seules vivant avec de très petites pensions de retraites.

Pour ces personnes, ce chèque ne permet pas de régler les difficultés de pouvoir d’achat mais octroie au moins un moyen de souffler.

Une aide universelle

Le choix de Lionel Bruchet a été de ne pas conditionner ce chèque alimentaire au revenu des habitants de la commune. Ainsi, c’est au total 130 chèques qui ont été distribués aux habitants, « du plus jeune au plus âgé », explique le maire de Saint Arcons-de-Barges.

D’après les retours, il semble que les habitants sont très satisfaits de cette décision. Certains confient d’ailleurs à Lionel Bruchet que cela permet de mettre du beurre dans leurs épinards. « Au fond cette mesure ne pouvait qu’être bien reçue puisque la population d’Arcons-sur-Barges n’est pas très fortunée », constate le maire.

La logistique derrière cette mesure

La mairie a porté cette initiative conjointement avec le CCAS (Centre Communal d’Action Sociale).

« Nous avons la chance d’avoir un CCAS qui est encore très actif », explique le maire qui rappelle par ailleurs que cela a grandement facilité la mise en œuvre de cette mesure.

Concernant le chèque, celui-ci prend la forme d’un bon que les habitants peuvent utiliser dans l’épicerie de proximité de la commune.

Cette aide peut être utilisée jusqu’au 15 juin et selon les retours du gérant de l’épicerie, l’immense majorité des personnes résidant à Saint Arcons-de-Barges en ont profité.

Au total, le coût de cette aide alimentaire s’élève à 4 000€ pour la mairie, mais Lionel Bruchet ne regrette absolument pas cette décision.

POUR ALLER PLUS LOIN :

> Article de France TV info

Lionel Bruchet

Maire de la commune de Saint Arcons-de-Barges

« Pour mettre en place un chèque alimentaire, il est essentiel de bien communiquer avec le conseil municipal et de s’appuyer sur le CCAS »

EURE (27) : DES ATELIERS D’AUTO-DÉFENSE POUR LES MAIRES DE L’EURE

Laurance Bussière, maire de Daubeuf-la-Campagne et présidente de l’AMR27, organise en compagnie de son mari Hervé Bussière des ateliers dont le but est de permettre aux élus de savoir réagir face à des agressions physiques ou verbales.

À chaque fois, c’est une commune différente du département qui accueille l’équipe, composée d’un psychologue et d’Hervé Bussière.

Ouverts aussi aux personnels des mairies, ces cours rencontrent, depuis plus de deux ans, un grand succès.

Le 6 août 2019, le pays a été bouleversé par l’annonce du décès du maire de Signes dans le Var, tué par un automobiliste alors qu’il s’opposait à un dépôt sauvage sur sa commune.

C’est cet événement qui a poussé Laurance Bussière à agir pour assurer la sécurité des maires. « Dans les petites communes rurales, les maires et les personnels des mairies sont en première ligne car il n’y a pas de police municipale », rapporte la présidente de l’AMR27, qui a alors voulu capitaliser sur l’expertise de son mari, professeur de karaté et rattaché au comité départemental de karaté de l’Eure (CDK27).

Ensemble, ils ont mis en place ce module d’auto-défense avec l’aide d’un psychologue, qui les accompagne à chacun de leurs déplacements.

Au total, cette petite équipe déterminée a déjà dispensé 6 cours, d’une durée de 3 heures dans des communes du département, à chaque fois c’est une trentaine de personnes qui y a assisté.

Une approche d’abord préventive

« Le but de ces modules, ce n’est pas d’atteindre un bon niveau en karaté », explique Hervé Bussière. C’est d’ailleurs pour cela que la moitié de ces cours est consacrée à un apprentissage plus théorique sur les mécanismes des conflits verbaux et physiques. Le but est d’être en mesure de les désamorcer avant même d’avoir besoin de recourir à la force physique.

En effet, les élus municipaux sont plus souvent victimes de violences verbales que de violences physiques, d’où la nécessité d’apprendre à réagir dans ces situations. C’est ce point qu’a beaucoup apprécié Bernard Forcher, maire de La Neuville-du-Bosc, qui a accueilli deux fois ce module sur sa commune. « L’auto-défense c’est bien, mais le plus important c’est de réussir à faire redescendre la pression », estime l’élu qui est très satisfait de la qualité de ces ateliers.

En ce qui concerne la partie de défense physique, l’enjeu principal est de donner confiance aux participants : « ce que l’on essaie de faire, c’est avant tout de permettre aux élus de prendre conscience de leur potentiel, via des gestes simples à réaliser et à mémoriser », explique Hervé Bussière.

Une organisation bien ficelée

Pour que les ateliers puissent avoir lieu, Laurance Bussière précise qu’il n’y a besoin que d’une salle avec un vidéo-projecteur pour la partie théorique. Ensuite, Hervé Bussière et le psychologue peuvent intervenir bénévolement. Ces modules n’ont aucun coût pour les communes de l’Eure. « Tout ce que la commune a payé, c’est le prix du café pour tout le monde », réagit Bernard Forcher. Si l’équipe est amenée à intervenir dans d’autres départements, le prix est de 400€ en plus des frais de déplacement.

Ces ateliers permettent aussi d’inclure l’ensemble des personnes gravitant autour des maires. Les secrétaires de mairies peuvent aussi participer. Selon le maire de La Neuville-du-Bosc, ce module est intéressant pour tous ceux qui sont amenés à rencontrer du public. C’est pour cela que, la première fois, sa secrétaire l’a accompagné. « Il faut qu’un maximum de personnes participent », estime-t-il.

À la fin de chacun des modules, les participants repartent tous avec un diplôme certifié par le CDK27, un moyen de rendre plus officiel la participation aux ateliers.

VEYRAC TIERS VILLAGE (87) : UN PROJET COLLABORATIF POUR CONSTRUIRE LA COMMUNE DE DEMAIN

La commune de Veyrac, village de 2100 habitants dans la Haute-Vienne, a remporté un appel à projets de l’innovation sociale lancé par la Région et obtenu une subvention de 20 000 euros pour lancer Veyrac Tiers village.

Le but : proposer à la population d’être force de proposition sur des sujets libres.

« Les élus ne peuvent pas travailler tous seuls », explique le maire, Jean-Yves Rigout.

Deux ateliers ont été organisés pour permettre de mettre en lien la population avec les élus et connaitre quelle vision les habitants ont de leur commune.

« Nous avons été très agréablement surpris de la participation », se félicite le maire. Une cinquantaine d’habitants ont participé aux ateliers. Sur une commune assez éclatée géographiquement avec une soixantaine de hameaux, c’est une jolie réussite. « Sur les idées proposées lors de ces ateliers, il y a des choses nouvelles et des d’autres auxquelles on avait déjà pensé mais que nous ne voulions pas faire seuls. Il fallait que les idées viennent des habitants. Ce qui est vraiment nouveau avec cette démarche participative, c’est que les élus ne vont pas travailler tous seuls.  Et puis les gens ont envie d’être écoutés, de participer. C’est le moment de le faire. »

Tout ce qui est proposé lors de ces réunions ne sera pas forcément mis en place lors de ce mandat, mais Jean-Yves Rigout souhaite mettre en place quelque chose de pérenne, qui continue même après un changement de municipalité.

« Ce qu’on essaie de mettre en place, c’est une méthode », explique le maire.

Des référents de village devraient être désignés sur les différents hameaux.

Ce projet présente un intérêt supplémentaire : intégrer les gens dans la vie communale permet de développer le bénévolat et renouveler les associations.

Les habitants deviennent partie prenante et ne sont pas juste des consommateurs.

POUR ALLER PLUS LOIN :

> Veyrac Tiers Village : tout savoir sur le projet ! – Veyrac – Site officiel de la commune

> Un collectif villageois en marche – Veyrac (87520) (lepopulaire.fr)

Jean-Yves Rigout

Maire de la commune de Veyrac

« Il faut prendre le temps de construire le projet, le faire avec une méthodologie et ne pas hésiter à faire appel à des professionnels de l’animation. Il faut aussi prendre le temps de faire une analyse sociologique de la commune. Plus l’analyse sera juste, plus facilement on pourra mettre en place ce type de projets. » 

LA PIARRE (05) – CRÉATION D’UNE ÉPICERIE PARTICIPATIVE

La commune de La Piarre, dans les Hautes-Alpes, a décidé de monter une épicerie associative. Ce village de 93 habitants n’avait pas de commerce d’alimentation générale.

La maire de la commune, Magali Prunster, a d’abord assisté à un Jeudi de la formation, en visioconférence, organisé par l’AMRF en lien avec le collectif Bouge ton coQ, qui expliquait comment ouvrir une épicerie participative communale.

La municipalité a ensuite choisi d’évoquer le sujet dans la gazette du village pour savoir quels habitants seraient prêts à s’investir dans le projet. Pari gagné. Les habitants se sont montrés enthousiastes à cette idée.

La commune a donc répondu à l’appel à candidatures lancé par Bouge ton coQ pour bénéficier d’un accompagnement gratuit à la création d’une épicerie participative en moins de 3 mois, avec un logiciel gratuit et un financement de 1 100 euros.

Cet appel à candidatures concerne uniquement les communes de moins de 3 500 habitants sans commerce alimentaire généraliste. L’accompagnement comprend un module de formation de 7 semaines à destination des maires et du groupe de citoyens volontaires.

« Pour que ça fonctionne, il faut compter au moins une dizaine de bénévoles pour une épicerie ouverte une à deux fois par semaine », explique Aymard de la Guillonnière, de Bouge ton coQ.

Chaque bénévole devra donner au moins 2 h par mois de son temps.

L’épicerie ne fera pas de bénéfices sur les produits vendus. Ils seront proposés à prix coutants. Elle sera gérée par des bénévoles et il n’y aura pas de mouvement d’argent. Les achats se feront par un système de comptes par adhérent crédités au préalable.

Dans un premier temps, l’épicerie de La Piarre sera hébergée dans la salle polyvalente qui dispose déjà d’un frigo. « Après, on verra si l’épicerie fonctionne et on aménagera un local », confie Nadine Depeyre, 2e adjointe de la commune.

Le commerce devrait ouvrir ses portes d’ici l’été.

MUROL (63) – UNE CRÈCHE DANS UN ANCIEN MILLE-CLUBS

(Crédit photo : Commune de Saint-Victor-la-Rivière)

Dans les années soixante-dix, Sous la présidence de Valéry Giscard D’Etaing, l’Etat a fait réaliser 1000 clubs, qu’il a donné aux communes volontaires et fait livrer en pièces détachées.

Ces bâtiments à l’architecture bien reconnaissables étaient voués à la jeunesse.

Depuis, les mille clubs sont tombés dans l’oubli. Soit détruits, soit détournés dans leur première fonction. Le Sivom Vallée verte de la Couze Chambon, dans le Puy-de-Dôme, qui regroupe 4 communes (Murol, Saint-Nectaire, Chambon-sur-Lac et Saint-Victor-la-Rivière) a décidé de rénover le mille clubs de Murol pour accueillir une micro-crèche et un relais d’assistantes maternelles.

Le bâtiment était voué à la destruction.

Depuis le mois de septembre, 12 enfants sont accueillis chaque jour.

La crèche est ouverte toute l’année, sauf à Noël.

« Nous avons beaucoup de demandes, nous sommes obligés de refuser des enfants », confie Sébastien Gouttebel, maire de Murol et vice-président de l’AMRF.

Coût de l’opération : 300 000 euros environ, financés par l’Etat, la Caf, la MSA et le Sivom.