CONGRÈS DES MAIRES RURAUX DE FRANCE : LE PRÉ-PROGRAMME EST CONNU !

Communes et ruralité

Un quinquennat pour quoi faire ?

5 ans passées et beaucoup de déceptions, d’absences de réponses à la hauteur des défis, de fragilisation du monde rural et de la commune, quelques satisfactions avec un Ministère, un service Ruralité à l’ANCT, des référents et un agenda rural à remplir et mettre en œuvre. Des cartes électorales de plus en plus préoccupantes, malgré les alertes adressées par l’AMRF à la presse, au champ politique, de l’Assemblée au Sénat en passant par les ministres, le Premier d’entre eux ou le Président, les messages ne passent pas ou mal et la vie de nos concitoyens ne s’améliorent pas forcément. Malgré la précision de nos propositions, l’enthousiasme des militants de la ruralité, les changements ne sont pas là quand par ailleurs on continue à affaiblir la commune et au passage désespérer ses élus qui ont la République et l’intérêt général dans la peau.

Que faire dès lors de ces 5 années pour changer la donne ? L’AMRF propose de dépoussiérer tout cela, de réveiller les endormis, de secouer la bouteille ! Il n’est plus temps d’attendre. Venez au Congrès des maires ruraux pour être à l’évènement clé 2022 pour la ruralité !

Vendredi 30 septembre

Accueil café

Au programme du vendredi matin, une série d’ateliers et de travaux en commissions avec notamment la Culture, la démocratie, la sécurité et la justice sans oublier les finances. 

Le Tourisme et la ruralité, destination première. Comment avec les atouts du monde rural, conforter les campagnes comme premières destinations des Français et des tourismes ? 

La Transition écologique avec une commission pour amorcer le travail du Grand Atelier des maires ruraux et le sujet de la rentrée autour des enjeux d’approvisionnement et de productions d’énergies en zones rurales

A la mi-journée, sera procédée à l’Inauguration village Partenaires avant un premier temps de restauration

L’après-midi ouvrira le Congrès avec les premiers échanges autour des questions clés, parmi lesquelles 

Le Numérique – la 4G et la fibre partout, c’est pour quand ?

Assez patienté, les ruraux ne veulent plus être tributaires des opérateurs et de l’Etat. 

Femmes et ruralité. Une réunion du programme mené par l’AMRF pour créer dans les communes un ou une référent égalité. L’occasion de réunir les premiers référents départementaux et communaux et présenter le programme à d’autres élus.

17 h Poste – rencontre avec Philippe Wahl

Quel nouveau Contrat de présence postale quand l’Etat menace de supprimer 650 M€ des ressources par la disparition de la CVAE ? Stopper l’hémorragie des bureaux de poste qui réduisent l’amplitude et allonge les déplacements contraints, l’offre de service demain sera communal à partir de la mairie. Comment écrire une nouvelle page des relations entre mairies, poste, MFS, préfectures,… ?

Après un temps libre mérité la première soirée sera marquée par le très attendu Apéritif de régions, riche des mets et boissons amenées par les participants

Exceptionnellement cette soirée sera suivie de la diffusion du film de Mélanie Auffret, « les petites victoires » sur la vie d’une élue locale avec Julia Piaton et Michel Blanc, suivie d’un débat

Samedi 1er Octobre 

9 h Café au Village Partenaires

Début de journée avec LE sujet qui concerne tous les congressistes :

Santé. Pourquoi les ruraux restent des citoyens de secondes zones ? 

Tout change parce que rien ne change. Aucune mesure de l’Agenda rural mis en œuvre, un nouveau rapport sur l’hôpital urbain et rien sur l’explosion du nombre de patients sans médecins, l’écart d’espérance de vie entre ruraux et urbains se creuse-t-il encore ? que doit-il se passer que l’administration cesse d’imposer ses vues au politique ? A partir de la présentation des premiers résultats de l’étude Apivia/MNFCT/AMRF établis avec le chercheur Emmanuel VIGNERON

Autre sujet fort, la Mobilité. L’impossible équation de l’habitant des champs

40 Md€ pour le Grand Paris Express, combien pour les 88 % du pays en zone rurale ? Que manque-t-il pour déclencher un tel flot d’argent pour financer des moyens de transports adaptés aux besoins locaux et la lutte contre les pollutions (transport à la demande, covoiturage, véhicules autonomes et électriques…). A partir du travail réalisé dans 15 territoires ruraux dans le cadre du programme Mobili’terre, la liste des propositions d’actions locales ouvre la voie des solutions de demain.

En seconde partie de matinée

ZAN. Un mauvais bonbon à ne pas avaler ! Star du moment, le ZAN irrite les maires ruraux en stigmatisant les bons élèves et en risquant de réduire à néant le droit au développement des communes. Comme souvent, beaucoup se réveillent après le vote de la loi et la publication des décrets. L’occasion pour les maires ruraux sur le pont depuis le début de leur rappeler que ni la méthode, ni le calendrier ne sont compatibles avec l’objectif ni le contexte d’action locale. Comment dès lors sortir par le haut, calmer les velléités d’une administration qui anticipe et impose les règles de 2050 dès 2022, comment pour les Régions mieux associer les maires et relever le défi sans bloquer le système ?

École. Après 10 à lutter contre le malthusianisme du ministère de l’Éducation national, que faut-il attendre de l’opportunité des enseignants à choisir leur école ? Accélération des fermetures en zones rurales ou aspiration vers un mode de vie

Conforter l’offre scolaire en zone rurale en réduisant le nombre d’enfants par classe multi-niveaux, par une réforme du CDEN, le monde rural a besoin d’une jeunesse forte

Finances. A quand la fin du garrot financier ? Sans changement des règles, des communes vont déposer le bilan. Volonté ou défaillance du système, les ruraux le refusent. Les solutions, la fin de la DGF pénalisant le rural, la fin de la baisse des dotations, le retour d’une fiscalité locale dynamique, la création de moyens associés aux aménités rurales, la réforme de la DETR pour l’interdire aux communes non rurales, etc…

Pause déjeuner

La commune pivot de l’action publique attend que l’Etat soit au rdv. Haro sur la perte de compétence, sur la mise sous tutelle par les CRTE, la Loi Notre, l’eau et l’assainissement, les maires veulent choisir et décider seul et à plusieurs. Les futures lois doivent rompre avec la logique de vassalisation des communes et les conforter pour rendre ce service indispensable à la démocratie active. Fini le couple maire-président d’EPCI, l’AMRF demande le retour du couple Maire-Préfet !  

Discours de Michel FOURNIER, Président

19 h Temps libre dans le Village Partenaires

Soirée de gala avec de nombreuses surprises dont un spectacle inédit

Dimanche 2 octobre

9 h 30 Assemblée générale ordinaire – vote de la révision des statuts

10 h Débat sur les motions

13 h Buffet final

LE CONGRES NATIONAL DE L’AMRF SERA AUSSI L’OPPORTUNITE DE DECOUVRIR LE PATRIMOINE DE LA DORDOGNE

À l’occasion du congrès 2022 de l’AMRF deux visites seront organisées pour les accompagnants : celle de la reproduction de la grotte de Lascaux et celle du château de Milandes qui rend hommage à Joséphine Baker.

Un congrès national de l’AMRF en plus d’être un moment politique fort est aussi l’occasion de mettre en lumière un département, son histoire et sa culture. Celui qui se tiendra à Eymet en septembre 2022 sera par exemple l’occasion de se plonger dans la culture populaire occitane. « Le congrès aura lieu juste après la Félibrée du Bournat qui se tient cette année à Eymet », explique Alain Castang, président de l’AMR24 et co-organisateur du congrès. À cette occasion la commune sera encore parée des décorations de cette célébration occitane. Le maire de Rouffignac-de-Sigoulès espère aussi faire découvrir aux élus la cuisine traditionnelle du Périgord avec un gala exceptionnel. En marge du congrès, les élus auront ensuite l’opportunité de visiter deux grands sites historiques de la Dordogne.

La grotte de Lascaux

Mise à jour en 1940 par un groupe d’adolescents, la grotte de Lascaux est l’une des découvertes archéologiques majeures du 20° siècle. En 1963, André Malraux, alors Premier ministre, décide d’en ordonner la fermeture pour la protéger.

Crédit photo : lascaux-dordogne-tourisme-©-agence-les-conteurs

Aujourd’hui, grâce à un travail de reconstitution, il est possible de visiter une reproduction de la grotte.

Le site de Lascaux 4, qui accueille la reproduction, permet au public de découvrir l’histoire de la découverte de la grotte et de son étude dans le temps. Les visiteurs peuvent ensuite se plonger dans une partie qui contient la reproduction. Plus qu’un simple copié-collé, c’est aussi l’occasion d’en apprendre plus sur le contexte de la création de la grotte de Lascaux et de l’art pariétal.

Le château des Milandes, la demeure de Joséphine Baker

Construit en 1489, le château des Milandes est le fruit d’une famille de la haute aristocratie française : les Caumont. Laissé à l’abandon pendant la révolution il est ensuite racheté par Charles Auguste Claverie en 1900 qui le rénove.

Crédit photo : Château des Milandes à Castelnaud-La-Chapelle ©Déclic&Décolle

Joséphine Baker, célèbre militante anti-raciste, danseuse de cabaret, chanteuse et résistante pendant la seconde guerre mondiale, rachète le château en 1947. Le lieu a pour cela obtenu en 2012 le label « maison des illustres », décerné par le ministère de la Culture.

Aujourd’hui, le château des Milandes se veut comme un lieu rendant hommage à son illustre propriétaire. L’occasion de redécouvrir le parcours de cette femme née aux États-Unis et entrée au Panthéon en 2021.

LA DORDOGNE : UN DEPARTEMENT RESOLUMENT RURAL

Située dans la région de la Nouvelle-Aquitaine, la Dordgone (24) est un département très touristique. Il est aussi marqué par l’importance qu’y occupe la ruralité, dont les acteurs, notamment l’AMR24, défendent au quotidien ses intérêts et ceux des habitants des communes rurales. 

« La ruralité occupe une place absolument essentielle dans le département de la Dordogne », estime Alain Castang, maire de Rouffignac-de-Sigoulès et président de l’AMR24. En effet, selon les chiffres de l’INSEE, le taux d’urbanisation du département est de 48% contre 72% à l’échelle nationale. La densité de population est aussi bien inférieure à la moyenne nationale puisqu’elle atteint, selon le même institut, 46 habitants/km2 contre 117 habitants/km2. Le maire de Rouffignac-de-Sigoulès ne manque pas d’ailleurs de préciser que l’on a coutume de désigner ce département comme « le grenier de la Nouvelle-Aquitaine », « la commune de Bordeaux dispose d’une réserve alimentaire d’un jour, sans nous ils ne pourraient pas se nourrir », précise-t-il.

Tourisme et ruralité : un bon mélange

« Ce caractère rural du département a réussi à se coupler avec l’importance du tourisme », explique Alain Castang. Il précise en effet que l’agro-tourisme est particulièrement répandu dans la Dordogne. Le département mise sur une activité touristique éco-responsable. « La rivière de la Dordogne est classée au patrimoine naturel de l’UNESCO et c’est l’une des dernières rivières de France à ne pas être polluée », détaille le président de l’AMR24. 

Ce département peut aussi se vanter de posséder de nombreux sites patrimoniaux remarquables et de lieux mondialement connus telle que la reproduction de la grotte de Lascaux. Cette attractivité est d’ailleurs visible dans le nombre conséquent de touristes anglais. « Il y a beaucoup d’Anglais qui viennent en Dordogne, beaucoup aussi y habitent. À Eymet par exemple, il y a plusieurs magasins anglais », confie Alain Castang qui voit dans la présence des Anglais une réminiscence du passé : « l’Aquitaine a pendant longtemps été sous contrôle anglais, il y a donc un lien qui s’est créé. »

L’AMR24 : une AMR récente mais très mobilisée 

Pour défendre leurs intérêts, les nombreuses communes rurales du département peuvent compter sur le soutien de l’AMR24, présidée depuis 2016 par Alain Castang. « Quand j’en ai pris la présidence c’était une association très peu active avec à peine 20 adhérents. Maintenant, nous avons réussi à obtenir plus de 200 nouveaux membres », explique-t-il. Aujourd’hui, il estime que son association est connue et reconnue. Tout particulièrement, Alain Castang est très fier de la représentativité de l’AMR24, « Nous avons des maires qui viennent de partout dans le département, il n’y a pas un canton qui ait été oublié. Désormais nous sommes même représentés dans plusieurs organismes d’État comme la commission d’urbanisme, … » 

Au niveau régional, grâce à un travail en trinôme, Alain Castang, en sa qualité de référent régional, Daniel Barbe, président de l’AMR de Gironde, et Guy Clua, président du conseil scientifique de l’AMRF, un accord a été signé avec la région de la Nouvelle-Aquitaine : le Cluster Ruralité. Cette convention leur a permis de débloquer 7 millions d’euros pour les communes rurales de la région afin de financer divers projets et valoriser la ruralité, qui occupe une place si importante.

RENCONTRE AVEC ALAIN CASTANG, MAIRE, PRESIDENT D’AMR, ORGANISATEUR DU CONGRES NATIONAL 2022 DE L’AMRF

« Je veux aussi que ce congrès soit vraiment exceptionnel »

Alain Castang est maire de la commune de Rouffignac-de-Sigoulès, en Dordogne, depuis 2001 ; président de l’association des maires ruraux du département depuis 2016, référent régional de Nouvelle Aquitaine, vice-président de sa communauté de communes.Il est, avec le Bureau de l’AMR24 et les bénévoles, l’organisateur du congrès national de l’AMRF qui se tient en septembre à Eymet, en Dordogne. À l’occasion de cet évènement, il explique ce qu’il en attend. 

Pourquoi avez-vous décidé de co-organiser le congrès national 2022 de l’AMRF ? 

 Alain Castang : Chaque année le congrès de l’AMRF se situe dans un département différent. Il était temps que la Dordogne accueille cet évènement. J’avais aussi envie de mettre en avant le travail effectué par l’AMR24 que je préside. Nous sommes une association qui a été relancée il y a 6 ans lorsque j’en ai pris la présidence, depuis nous avons réalisé plus de 200 adhésions et lancé de nombreux projets. Enfin, le Congrès aura lieu juste après la Félibrée du bournat, une fête populaire occitane, à Eymet. Le village sera donc encore totalement décoré, c’est un cadre idéal pour accueillir notre congrès. 

Je souhaite la bienvenue à tous les participants, maires, élus, partenaires, presse et personnalités…

Pourquoi avoir choisi la ville d’Eymet pour accueillir le congrès? 

A.C. : Je suis né à Eymet, je veux pouvoir rendre à cette commune tout ce qu’elle m’a donné. C’est aussi un village magnifique. Le congrès se déroulera dans le château d’Eymet, c’est un cadre superbe pour organiser cet évènement politique majeur pour la vie de notre association. Je voulais aussi que ce congrès soit vraiment exceptionnel. C’est pourquoi il y aura une soirée de gala avec de la nourriture traditionnelle du Périgord. Avec une équipe de 12 personnes et l’ensemble des élus d’Eymet, nous travaillons depuis février à cette organisation exceptionnelle. 

Le congrès de l’AMRF est un évènement politique important, qu’en attendez-vous et quels messages aimeriez-vous y faire passer ? 

A.C. : Nous avons besoin que le Président de la République prête plus attention au mécontentement des élus ruraux. Il est temps d’apporter des réponses collectives aux problèmes que nous rencontrons au quotidien. C’est pour cela que j’espère qu’Emmanuel Macron et Élisabeth Borne seront présents lors du Congrès. Sur un plan plus personnel je me réjouis de pouvoir rencontrer l’ensemble des maires du département de la Dordogne à l’occasion de cet événement. 

Vous estimez que le président de la République n’est pas assez à l’écoute des maires ruraux, quels sont les principaux reproches que vous faites à son dernier quinquennat ? Qu’attendez-vous des cinq ans à venir ? 

A.C. : Je pense qu’il y a trois points prioritaires sur lesquels le Président doit absolument agir pour le quinquennat qui s’ouvre. J’attends tout d’abord un positionnement clair sur l’absence de différence dans la DGF (Dotation globale de fonctionnement) entre les urbains et les ruraux. Ensuite, il est plus qu’urgent d’agir pour lutter contre les déserts médicaux qui ne cessent de s’étendre dans le monde rural. Enfin, nous avons besoin que la secrétaire d’État à la Ruralité soit dotée de véritables moyens d’actions. Notamment, il faut qu’elle se saisisse de l’Agenda rural, c’était un projet très important mais aujourd’hui j’ai comme le sentiment qu’il est mort-né. Beaucoup de chantiers doivent être ouverts pour faire évoluer la ruralité.