BÉNÉVENT-L’ABBAYE (23) RÉDUIT DRASTIQUEMENT SA CONSOMMATION ANNUELLE DE FIOUL

Commune : Bénévent-l’Abbaye 
Département : Creuse
Code commune : 23021
Population : 780 hab.
Superficie : 1 200 ha.

DESCRIPTION DU PROJET

Thème : Transition écologique 

LE PROJET EN DÉTAIL

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« Se convaincre qu’on a raison de le faire surtout pour des questions de transitions écologiques. On a chacun notre rôle à jouer dans ce combat. »

La commune souligne toutefois avoir été relativement peu accompagnée sur cette opération, le retour sur investissement étant jugé trop rapide pour certains dispositifs d’aide. « L’ADEME n’accompagnait pas les projets avec un retour inférieur à dix ans », rappelle le maire.

Une deuxième phase voit ensuite le jour en 2017 avec la réhabilitation complète de la mairie et de ses locaux attenants, transformés en deux logements. Le chauffage au bois granulé est alors privilégié, notamment en raison des contraintes d’accès qui rendaient plus difficile l’utilisation d’une chaufferie bois classique. L’ensemble du bâtiment fait également l’objet d’une importante rénovation thermique. Le projet, estimé à près de 100 000 euros, bénéficie cette fois de 70 à 80 % d’aides financières. 

La troisième opération, engagée en 2022, concerne l’ancienne abbaye de Bénévent-l’Abbaye, transformée au fil des années en école et en maison du patrimoine accueillant des expositions et un espace de vente. Un chantier plus complexe selon le maire : « Il était difficile d’y installer une chaufferie, donc nous avons opté pour un chauffage géothermique. » 

« C’est cher au début mais rentable par la suite », résume le maire. Ce fonctionnement nécessite des surfaces de radiateurs plus importantes mais permet une consommation électrique limitée et une facture énergétique allégée. 

Au total, les résultats sont déjà visibles. « On est passé de 180 000 litres de fioul à 1 200 litres », se félicite le maire. Pour les cinq bâtiments communaux concernés, hors ehpad dont les données restent privées, la facture énergétique annuelle est passée à environ 90 000 euros, soit une baisse proche de 60 % de la consommation énergétique. 

Le maire souligne également l’accompagnement du Syndicat départemental d’électricité de la creuse (SDEC) dans la réalisation des différents projets. Ancien président du syndicat départemental d’énergie en 1999, il reconnaît que cette expérience a renforcé sa volonté politique : « Ça m’aide à avoir la volonté politique. Il y a des obstacles, mais on les franchit. »  

Depuis son premier mandat, en 2020, l’élu affirme porter une même ligne directrice : préserver et valoriser le patrimoine communal tout en favorisant le développement économique local. Une stratégie qui semble aujourd’hui porter ses fruits, notamment grâce à la confiance établie avec les financeurs publics. « La DETR nous accompagne facilement car ils connaissent déjà nos projets », explique-t-il. 

À terme, la commune souhaite poursuivre cette dynamique en remplaçant également le chauffage au fioul des vestiaires du stade attenant au collège, cette fois avec l’installation d’une pompe à chaleur classique. 

INTERCOMMUNALITÉ : TÉMOIGNAGES D’ÉLUS RURAUX

Dans le 36 000 Communes du mois de mai 2026, des élus ruraux témoignent de leur rôle à la tête des exécutifs communautaires pour mieux faire entendre les spécificités de la ruralité.

Jean-Louis Chabaud

Maire de Barrême (400 hab. & 3 700 ha.) dans les Alpes-de-Haute-Provence (04)
Président de la Communauté de communes Alpes Provence Verdon (11 500 hab. & 41 communes)

Un projet dans une petite commune est toujours structurant à son échelle : il doit donc pouvoir être entendu, puis être porté collectivement. 

« Une intercommunalité, c’est un peu comme une auberge espagnole : on n’y trouve que ce qu’on y apporte. Chez nous, avec 41 communes issues de la fusion de cinq intercommunalités, sur un territoire qui représente un quart du département, il y avait tous les ingrédients pour que cela ne fonctionne pas. Et pourtant, cela marche, parce que nous avons construit une gouvernance claire et une culture du dialogue.

Même si nous sommes tous ruraux, il faut faire vivre les projets communaux dans l’intercommunalité. Un projet dans une petite commune est toujours structurant à son échelle ; il doit donc pouvoir remonter, être entendu, puis être porté collectivement. Cela suppose d’arriver avec un esprit constructif, en se disant que l’intercommunalité est là pour aménager le territoire au service des communes.

Chez nous, la conférence des maires est centrale : aucun projet ne va au conseil communautaire s’il n’a pas été partagé et validé en amont. C’est une règle que nous avons inscrite dès 2020 dans notre fonctionnement. Cela garantit que chacun est associé et explique sans doute que 90 % des délibérations sont prises à l’unanimité.

Nous avons aussi beaucoup investi dans l’ingénierie, avec des chefs de projet pour accompagner les communes, notamment dans les dispositifs “Villages d’avenir” ou en lien avec “Petites villes de demain”. L’intercommunalité doit être un appui concret, surtout pour les plus petites communes.

Et puis il y a tout le travail d’“aller vers” : France Services, Micro-Folie, actions culturelles… Personne n’est laissé de côté. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de débats ou de tensions, mais il existe une volonté partagée d’avancer ensemble. 
Au fond, notre force tient peut-être à une forme de lucidité : nous sommes 41 communes rurales, avec des moyens limités. Personne n’a plus que l’autre, donc personne n’écrase personne. Chacun apporte sa pierre à l’édifice, et c’est cette solidarité qui fait tenir l’ensemble. » 

Pascale Briand

Maire de Les Moutiers-en-Retz (1 900 hab. & 960 ha.) en Loire-Atlantique (44)
Présidente de la Communauté d’agglomération Pornic Agglo Pays de Retz (69 000 hab. & 15 communes)

Le fait qu’un maire d’une commune plus rurale accède à la présidence peut changer le regard, notamment du côté des habitants. 

« Ce qui me paraît essentiel, c’est le respect des équilibres d’un territoire. Et cela peut se faire quelle que soit l’origine du président, qu’il soit issu de la commune-centre ou d’une commune plus rurale. L’important, c’est la façon de faire. Pour ma part, je m’inscris dans la continuité de ce qui existait déjà : une attention portée à toutes les communes, à leurs spécificités et à une construction collective des décisions.

Il est vrai que le fait qu’un maire d’une commune plus rurale accède à la présidence peut changer le regard, notamment du côté des habitants. Cela permet de mieux faire comprendre que l’agglomération n’est pas une structure distante, mais bien la somme des orientations portées par les communes. Ce n’est pas quelque chose qui descend d’en haut : c’est une construction partagée.

Nous avons voulu traduire cela concrètement dans la gouvernance : avec 15 communes, nous avons fait le choix d’un vice-président par commune. C’est un vote collectif qui permet de garantir que chaque territoire est pleinement associé, tout en travaillant sur des logiques de transversalité. Cela va dans le sens d’une meilleure appropriation, à la fois par les élus et par les habitants.

Car il faut aussi faire comprendre qu’un transfert de compétence n’est pas un abandon, mais une mutualisation. Et cela doit se traduire dans les pratiques : nous avons réuni l’ensemble des élus municipaux en début de mandat pour leur présenter les services de l’agglomération ; nous développons des dispositifs “d’aller vers”, avec des permanences dans les communes, y compris pour les services communautaires.

On le voit aussi sur des politiques comme l’eau, le bocage ou l’érosion littorale : ces sujets dépassent les frontières communales et montrent bien que la coopération est indispensable. Enfin, nous travaillons beaucoup sur le lien entre les services, avec des réunions régulières entre les secrétaires de mairie et les services de l’agglomération, ou encore des outils partagés comme les permanences de conseillers numériques.

Ce mouvement vers davantage de coopération et de reconnaissance des communes est à l’œuvre dans de nombreux territoires, à des rythmes différents. Mais il va dans le bon sens : celui d’une agglomération construite avec les communes, et non à côté d’elles. » 

Florent Pauly

Maire de Dun (650 hab & 4 100 ha.) en Ariège (09)
(Président de la Communauté de communes du Pays de Mirepoix (10 500 hab. & 33 communes)

Dans une intercommunalité rurale, nous ne pouvons pas oublier l’agriculture : elle façonne nos paysages, notre économie, notre alimentation, notre attractivité touristique. 

« Nous sommes une petite intercommunalité rurale et, depuis l’origine, il existe chez nous un principe assez ancré : la commune-centre ne prend pas la présidence. Au départ, il y avait peut-être derrière cela de mauvais arguments politiques, mais aujourd’hui c’est devenu un équilibre accepté, qui donne de la stabilité à l’intercommunalité. 

Notre logique, c’est que l’interco soit d’abord une aide pour les communes. Elle permet de partager les charges de centralité, mais aussi de porter des compétences que les communes ne pourraient pas assumer seules : voirie intercommunale, piscine, médiathèque, périscolaire, petite enfance, PLU, collecte des déchets… Quand une commune finance 30 % d’un projet et que l’intercommunalité va chercher 70 % de subventions, elle comprend vite l’intérêt collectif. 

Le président d’intercommunalité a une voix qui porte auprès de l’État, mais cela ne doit pas exclure les maires. Au contraire, l’EPCI doit être au service des communes, y compris sur des dossiers qui ne relèvent pas directement de ses compétences. Les nouveaux maires m’appellent ; nous cherchons des solutions ensemble. C’est un peu la même philosophie qu’à l’AMRF : des maires au service des maires. 

Nous devons aussi mieux faire reconnaître ce que fait l’intercommunalité. Nous ne sommes pas toujours bons en communication, mais les habitants doivent pouvoir identifier les valeurs et les actions que l’interco porte, notamment sur la jeunesse ou les services du quotidien. Et puis, dans une intercommunalité rurale, nous ne pouvons pas oublier l’agriculture. Il n’y a pas de ruralité sans agriculture : elle façonne nos paysages, notre économie, notre alimentation, notre attractivité touristique. Le fonds de concours que nous avons mis en place pour soutenir les agriculteurs répond à cette réalité. 

Enfin, cette logique de coopération, nous la portons aussi à l’échelle du département : nous avons mis en place un “G8” qui réunit chaque mois les huit intercommunalités pour travailler ensemble, partager nos enjeux et éviter les concurrences. Et tous les trimestres, ce travail se prolonge avec le préfet dans un format élargi. L’objectif est simple : construire de la cohésion plutôt que de la compétition entre territoires. » 

Valérie Pagnot

Maire de Bonnétage (950 hab. & 1 800 ha.) dans le Doubs (25)
Présidente de la Communauté de communes du Plateau du Russey (7 000 hab. & 17 communes)

J’ai souhaité que la communauté de communes soit une forme d’agora, où l’on puisse partager les problématiques et construire ensemble des solutions.

« Ma volonté, c’est de faire de l’intercommunalité un véritable outil au service de toutes nos communes, du centre-bourg jusqu’au plus petit village de 30 habitants. Chacun doit y avoir sa place. J’ai souhaité que la communauté de communes soit une forme d’agora, où l’on puisse partager les problématiques que nous rencontrons tous et construire ensemble des solutions, qu’elles soient techniques, administratives ou structurantes. 

Cela passe aussi par la manière dont nous rendons le service public. Aujourd’hui, il est souvent en retrait dans les territoires ruraux ; nous avons donc fait le choix de services en itinérance : une saison culturelle gratuite qui circule dans les villages, une ludothèque mobile, etc. L’objectif, c’est d’aller vers les habitants et de montrer que l’intercommunalité peut être un atout pour offrir davantage de services, en mutualisant les moyens, les agents et les équipements. 

Nous voulons aussi écrire une véritable histoire commune, avec un projet de territoire partagé. Cela participe à créer un sentiment d’appartenance qui, aujourd’hui, fait parfois défaut. Car l’intercommunalité reste encore trop méconnue : il y a un vrai enjeu de pédagogie pour faire comprendre son rôle dans la vie quotidienne. Dans cette logique, nous ouvrons aussi nos modes de décision, en associant des personnes extérieures aux commissions, afin que ce que nous construisons ne soit pas déconnecté du terrain. Notre chance, c’est de rester un EPCI à taille humaine, sur un bassin de vie cohérent. 

Et quand on est une intercommunalité de taille modeste, il faut savoir coopérer : nous développons des partenariats avec les territoires voisins, notamment via des syndicats supra-intercommunaux, par exemple sur la gestion des déchets, et demain peut-être sur d’autres compétences comme l’assainissement. C’est une manière d’innover pour offrir des services de qualité malgré des moyens limités. 

Enfin, je regrette que nous soyons encore si peu de femmes à la tête d’intercommunalités. Il existe encore une forme d’autocensure, alors que la mixité est une richesse pour nos exécutifs. Des initiatives comme celles portées par l’Association des maires ruraux du Doubs ont permis de faire avancer les choses, et je suis convaincue que cela continuera à progresser dans les prochaines années, car les maires ruraux sont conscients de l’atout que représente la reconnaissance de la légitimité des femmes. » 

Régis Aubertein

1er adjoint de Courbesseaux (400 hab. & 630 ha.) en Meurthe-et-Moselle (54)
Président de la Communauté de communes du Pays du Sânon (5 800 hab. & 28 communes) 

Faire ensemble ce qu’on ne peut pas faire seul, c’est devenu une évidence. Mais cette cohésion est plus difficile à retrouver à d’autres échelles plus vastes.

« Chez nous, ce qui a beaucoup évolué, c’est l’état d’esprit : il y a désormais une vraie symbiose entre le bourg-centre et les autres communes. On a compris une chose simple : personne ne peut vivre sans l’autre. Maintenir les commerces du bourg profite à tout le territoire, et l’attractivité des petites communes bénéficie aussi au centre. C’est cette interdépendance qui fait aujourd’hui notre force. 

Nous avons franchi un cap : plus personne ne remet en cause l’intérêt de l’intercommunalité. Faire ensemble ce qu’on ne peut pas faire seul, c’est devenu une évidence. On l’a vu sur des sujets structurants comme l’eau où, malgré des règles de majorité qui auraient pu créer des tensions, le consensus s’est construit. Cela montre que nous sommes capables de dépasser les logiques de blocage. 

Mais cette cohésion, nous ne la retrouvons pas forcément à toutes les échelles. Au niveau du PETR, qui regroupe des territoires beaucoup plus vastes, avec des intercommunalités de tailles très différentes, la solidarité est plus difficile à construire. Le poids des plus gros peut être déterminant et, pour une petite intercommunalité comme la nôtre, l’enjeu devient alors d’exister, de faire entendre la spécificité rurale sans entrer dans une logique d’opposition. 

Car ces spécificités sont bien réelles. Sur le logement, la mobilité ou encore l’eau, les outils pensés pour des territoires plus urbains ne sont pas toujours adaptés. Chez nous, il ne s’agit pas simplement de rénover à la marge, mais parfois de réhabiliter entièrement des bâtiments, de répondre à des enjeux de maintien à domicile ou d’accès aux services dans des conditions très différentes. C’est cette “ruralisation” des politiques publiques qu’il faut encore approfondir. 

L’enjeu, finalement, c’est de faire comprendre à tous les niveaux que les territoires ruraux ne sont pas des marges, mais des composantes essentielles. Et que, là aussi, la coopération doit primer : non pas subir les équilibres, mais les construire, dans l’intérêt de tous. » 

Christelle Lorin

Maire de Digny (1 000 hab. & 4 000 ha.) en Eure-et-Loir (28)
Présidente de la Communauté de communes des Forêts du Perche (8 000 hab. & 15 communes)

Notre force, c’est notre taille humaine : on se connaît tous, les décisions vont vite et, surtout, personne ne se sent mis de côté.

 « Notre réalité, c’est qu’ici tout est rural ! La plus grande commune fait à peine 3 200 habitants. Donc la question de la représentativité ne peut pas être traitée en opposant un centre et une périphérie, mais en veillant à ce que tout le territoire existe dans la gouvernance. Nous avons fait ce choix très clairement dans l’exécutif : que toutes les communes soient représentées et que les plus importantes ne soient pas surreprésentées. La ville-centre n’a pas plus de place que les autres. L’idée, c’est de construire une dynamique collective. La communauté de communes est issue des communes : on n’est pas les uns contre les autres, mais les uns avec les autres. 

Nous avons aussi encouragé une forme de parité, non pas pour cocher une case, mais parce que cela correspond à la réalité du territoire et à l’engagement des élus. Aujourd’hui, il y a davantage de femmes maires, et cela se retrouve naturellement dans la gouvernance. Notre force, c’est aussi notre taille humaine : on se connaît tous, les décisions vont vite et, surtout, personne ne se sent mis de côté. Parce que l’enjeu est là : avec le transfert de compétences à l’intercommunalité, il faut absolument que le maire reste acteur, qu’il se sente utile. C’est lui qui fait le lien avec les habitants, qui explique ce qu’est l’intercommunalité et ce qu’elle apporte. 

Nous avons une vraie dynamique de territoire, avec des projets adoptés très largement, parce que nous prenons le temps de construire le consensus. Mais il ne faut pas se cacher les difficultés : nos moyens sont limités. Nous gérons un territoire vaste, avec peu d’habitants et des charges qui ne sont pas proportionnelles. Aujourd’hui, la ruralité est encore pénalisée par des critères trop centrés sur la population. Malgré cela, nous essayons d’être aussi attractifs que les autres, avec nos moyens, en restant fidèles à ce qui fait notre force : la proximité et le collectif. »  

Cyril Cibert

Maire de Chenevelles (430 hab. & 2 900 ha.) dans la Vienne (86)
Président de la Communauté d’agglomération Grand Châtellerault (82 000 hab. & 47 communes)

Tous les projets structurants sont présentés en conférence des maires, avec un principe simple : un maire = une voix.

« Nous sommes une agglomération de 82 000 habitants, dont plus de 50 000 vivent en ruralité, avec 45 communes rurales sur 47. À un moment, il faut regarder la réalité en face : nous sommes majoritaires. Et il n’y a aucune règle qui dit que la présidence doit revenir au maire de la ville-centre. Les maires ruraux en avaient assez de ce schéma implicite, alors nous avons décidé de faire autrement. 

Nous avons construit un pacte de gouvernance très clair : désormais, tous les projets structurants sont présentés en conférence des maires, avec un principe simple : un maire, une voix. Le maire concerné vient défendre son projet ; ensuite, il est travaillé en commission, et ce n’est qu’après qu’il est soumis au vote. Ça change tout : chacun est informé, chacun pèse dans la décision. J’ai aussi voulu rééquilibrer les responsabilités : une vice-présidence dédiée à la ruralité et au PLUI, pour que l’aménagement du territoire ne soit plus piloté uniquement depuis la ville-centre, et des délégués par bassin de vie pour recréer du lien de proximité et faire remonter les projets. L’enjeu, c’est que plus aucun maire ne découvre les décisions une fois qu’elles sont prises. 

L’intercommunalité ne doit plus être perçue comme une contrainte, mais comme un outil. Nous mettons en place une “brigade rurale” pour accompagner les communes en ingénierie ; nous simplifions les fonds de concours ; nous renforçons la solidarité financière, en prenant par exemple en charge les frais de transport des enfants vers les équipements. L’idée, c’est de donner les mêmes chances à toutes les communes. 

Mais attention : rééquilibrer, ce n’est pas opposer. J’ai tenu à ce que la maire de la ville-centre soit ma première vice-présidente, avec une place importante dans l’exécutif. On ne corrige pas une injustice en en créant une autre. Ce que je défends, c’est une gouvernance plus collective, plus transparente, qui part des communes et construit un véritable projet de territoire partagé. » 

TALLENDE (63) RÉNOVE SON ÉCOLE POUR RÉDUIRE DE MOITIÉ LA CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE DU BÂTIMENT

Commune : Tallende
Département : Puy-de-Dôme
Code commune : 63425
Population : 1 619 hab.
Superficie : 599 ha.

DESCRIPTION DU PROJET

Thème : Transition écologique 

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« Savoir s’entourer de
personnes compétentes, aussi bien sur le plan financier que technique. Il faut
construire une équipe solide autour du projet, être transparent avec les
financeurs et surtout ne pas travailler dans la précipitations.
»

Le maire souligne l’importance d’avoir engagé le projet au bon moment : « L’État ne subventionne plus aujourd’hui les rénovations d’écoles via le Fonds vert. »

La municipalité a dû avancer une partie importante des dépenses, notamment près de 400 000 euros consacrés à la maîtrise d’œuvre. Certaines aides restent encore attendues, en particulier du côté des financements européens.

Le chantier a été organisé afin de limiter au maximum les nuisances pour les élèves et les enseignants. La rénovation s’est déroulée en trois phases. La première étape a concerné la partie maternelle durant l’été 2024. Ensuite, à la rentrée scolaire, les travaux se sont poursuivis dans l’école élémentaire. Les anciennes classes modulaires inoccupées ont été rénovées en priorité afin de permettre aux élèves de continuer à suivre les cours dans de bonnes conditions. La garderie a temporairement été transformée en salle de classe pour faciliter l’organisation.

Les travaux se sont achevés à 99 % au début de l’année 2025. Il ne reste désormais que quelques finitions. Les habitants de Tallende saluent unanimement le résultat. « On a une belle école », rapportent certains riverains au maire.

Aujourd’hui, les enseignants mesurent déjà les bénéfices de cette transformation. « Les institutrices se sentent désormais comme dans un cocon. Il est agréable pour elles de travailler dans un cadre lumineux et ludique », souligne le maire. Dans les anciens bâtiments modulaires, la lumière naturelle pénétrait beaucoup moins dans les salles de classe. Pour atteindre une réduction énergétique comprise entre 50 et 60 %, la municipalité prévoit également le remplacement des chaudières actuelles par des pompes à chaleur.  

FOURS (58) ACCUEILLE DES MEDECINS PAR-DELÀ LES FRONTIÈRES

Commune : Fours
Département : Nièvre
Code commune : 58118
Population : 600 hab.
Superficie : 2550 ha.

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Thème : Cadre de vie 

LE PROJET EN DÉTAIL

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« Notre rôle est avant tout d’accompagner et de soutenir les praticiens. »

C’est au sein de la maison de médicale Beau Soleil, qui regroupe un cabinet de kinésithérapie, un cabinet infirmier, un cabinet de psychanalyse ainsi qu’un cabinet de pédiatrie, que les deux médecins ont choisi de s’installer en libéral afin d’assurer les consultations des habitants de la commune et des villages alentours. Une véritable fierté pour le maire : « Ils ont saisi la main tendue que nous leur avons offerte et j’en suis ravi. Avoir un médecin dans une commune comme la nôtre est une chance, mais pour réussir à les attirer, il fallait leur faire entendre qu’ils étaient attendus et respectés ».

Aujourd’hui, les deux praticiens effectuent régulièrement des visites à domicile auprès des patients les plus fragiles. « Il m’arrive de les appeler pour leur demander d’intervenir chez un habitant. Même lorsqu’il s’agit de leur sixième ou septième visite de la journée, ils acceptent toujours avec bienveillance », confie le maire. Rapidement intégrés au sein de la commune, les deux médecins ont également appris le français en un temps record, facilitant ainsi leurs échanges avec les patients et leur adaptation à la vie locale.

Un engagement salué par les habitants de la commune, soulagés de retrouver une offre de soins de proximité qui dépasse même les espérances initiales du maire. 

36 000 COMMUNES – MAI 2026

LE JOURNAL DES MAIRES RURAUX

Mensuel de 24 pages, 36 000 Communes entend aider les maires ruraux à se tenir informés de l’actualité nationale en leur apportant une information précise et ciblée. Fidèle aux valeurs d’indépendance de l’AMRF, ce journal porte un regard critique sur l’actualité. Il a vocation à donner aux maires ruraux les outils pour influer sur les décisions qui concernent la ruralité.

Le journal est aussi un lieu d’échanges, rendant compte des actions menées par les maires ruraux dans leur commune ou dans leurs associations départementales. Tiré à plus de 15 000 exemplaires, il est adressé aux adhérents de l’AMRF ainsi qu’à tous les parlementaires, les Conseils généraux et les Conseils régionaux.



N°435 – Quand l’union fait la force

ÉDITO

John Billard, 
Secrétaire général de l’AMRF en charge de l’intérim de la Présidence

Le maire et le préfet

Le Maire, fin stratège en sa cité,

Veillait sur chaque rue, chaque marché.

Il connaissait les noms, les visages,

Les rêves, les espoirs, les petits orages.

Le Préfet, lui, plus haut, plus large en vue,

Tenait les rênes d’une région toute entière,

Avec sagesse et une main ferme,

Il unissait les forces, évitait les querelles.

Un jour, le Maire, soucieux et las,

Vint trouver le Préfet, l’air un peu embarrassé :

« Mon bon ami, lui dit-il en confidence,

J’ai tant de projets, mais manquent les finances.

Mes écoles, mes routes, mes champs à fleurir,

Ont besoin d’appui pour mieux grandir. »

Le Préfet, soucieux mais toujours serein,

Lui répondit d’un ton à la fois doux et certain :

« Cher Maire, ton labeur est noble et nécessaire,

Mais seul, tu ne peux tout porter.

Laisse-moi t’aider, car l’État, lui aussi,

A des ressources pour tes beaux soucis.

Ensemble, unissons nos mains et nos esprits,

Et nos villages en seront ravis. »

Ainsi, le Maire, sur le terrain,

Faisait germer les graines du lendemain.

Le Préfet, lui, par son art et son rang,

Trouvait les fonds, les lois, le bon changement.

L’un sans l’autre eussent peiné en vain,

Mais leur alliance fit le bien commun.

Moralité, amis, retenez ce point :

L’union fait la force, et c’est là le bon chemin.

John Billard
Secrétaire général de l’AMRF en charge de l’intérim de la Présidence

Ingénierie territoriale – Menace sur les CAUE : les maires ruraux refusent le démantèlement de l’ingénierie de proximité

Image mise en avant - Communiqué de presse

Alors que le réseau des Conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) alerte sur leur crise financière et le risque d’une suppression de postes sans précédent, l’Association des maires ruraux de France (AMRF) réaffirme son soutien à ces structures essentielles pour les communes et les habitants des territoires ruraux. La fragilisation de ce service public majoritairement gratuit constitue une perte majeure pour l’aménagement et la transition écologique au cœur de nos villages.

L’AMRF aux côtés des CAUE pour la pérennité du service public

Déjà cosignataire d’une tribune aux côtés de la fédération nationale des CAUE et des Départements de France à l’été 2025, l’AMRF constate avec regret que la situation n’a cessé de s’aggraver en un an. Rappelant que les premiers bénéficiaires en sont les élus et les administrés des territoires ruraux, l’association déplore l’absence de mesures concrètes pour empêcher le délitement de cette ingénierie locale, de proximité et en majorité gratuite – rare exemple d’équité territoriale. Un service public pourtant vital à l’heure où les maires ruraux sont en première ligne face aux défis de la crise climatique et la nécessité de repenser le développement urbanistique de leur village.

(…)

Qu’il s’agisse d’études préalables pour la commune ou de conseils gratuits aux particuliers avant le dépôt d’un permis de construire, le CAUE est le garant de la qualité de notre cadre de vie. Briser ce modèle, c’est priver les territoires ruraux de ressources pour construire et façonner les espaces, protéger le patrimoine et favoriser la transition écologique

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GUILLIERS (56) UNE FRICHE COMMERCIALE RECONVERTIE EN RESTAURANT SCOLAIRE ÉCORESPONSABLE

Commune : Guilliers
Département : Morbihan
Code commune : 56080
Population : 1 305 hab.
Superficie : 3 600 ha.

DESCRIPTION DU PROJET

Thème : Cadre de vie 

LE PROJET EN DÉTAIL

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« Il est essentiel de prendre le temps de la réflexion et de la concertation. Une analyse approfondie de la circulation des enfants doit être menée, en lien avec les écoles concernées. »

Compte tenu des ambitions portées par le projet, la dimension fonctionnelle a également nourri la réflexion des élus. Le nouveau maire, Jean-Luc Gicquel, souhaite notamment rouvrir le débat autour de l’intégration d’un self, initialement envisagé par l’architecte mais écarté au profit d’un service à l’assiette. « Le self a été écarté d’office ce que je trouve dommage car cela permet de sensibiliser les élèves au gaspillage alimentaire et de les sensibiliser », souligne-t-il. Une réflexion est en cours avec le bureau d’étude pour évaluer cette possibilité. 

Si le bâtiment est aujourd’hui achevé à 90 % à l’intérieur, quelques finitions restent à réaliser. À terme, le restaurant scolaire offrira aux élèves un cadre plus spacieux et plus agréable, tandis que les agents bénéficieront d’équipements de cuisine remis aux normes, ainsi que de vestiaires et douches adaptés.  

Décentralisation – De la promesse politique à une recentralisation assumée

Image mise en avant - Communiqué de presse

Depuis des mois, le Gouvernement de Sébastien Lecornu promettait un nouvel acte de décentralisation. L’Association des Maires Ruraux de France, avec d’autres associations d’élus, a été reçue, consultée, mobilisée. Les attentes étaient fortes. Les communes rurales espéraient enfin un signal de confiance.

Le résultat est désormais connu : il n’y aura pas d’acte de décentralisation.

(…)

L’AMRF le rappelle avec constance depuis plus de trente ans : la commune n’est pas un problème administratif, elle est la solution démocratique de proximité. La subsidiarité ne consiste pas à empiler les tutelles, mais à confier les décisions au bon niveau, d’abord local.

Et ce ne sont pourtant pas les propositions qui manquent. L’AMRF en a formulé plus de soixante pour simplifier réellement l’action locale, renforcer la commune et moderniser l’organisation territoriale.

Les maires ruraux n’attendent ni slogans, ni faux-semblants. Ils attendent un cap clair : confiance, liberté, moyens.

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CURIENNE (73) UNE CANTINE SCOLAIRE EN CIRCUIT COURT CONSTRUITE AVEC LE BOIS COMMUNAL

Commune : Curienne
Département : Savoie (73)
Code commune : 73097
Population :  704 hab.
Superficie : 851 ha.

DESCRIPTION DU PROJET

Thème : Environnement

LE PROJET EN DÉTAIL

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«  Ce ne sont pas toujours
les maires qui portent directement les projets, certains en délèguent la
conduite. Il est pourtant essentiel que les maires des territoires ruraux
restent pleinement impliqués et assurent le suivi de bout en bout »

« Ce projet est une manière de rendre les enfants acteurs du lieu dans lequel ils vont manger » assure le maire. À cette occasion, il a réuni près de 300 habitants sur le parking de la salle polyvalente, lors d’une fête de village organisée autour du sciage du bois, avec buvette, pizza et apéritifs. La pose définitive de la charpente a eu lieu un jour férié et les 90 enfants des deux écoles ont pu regarder les charpentiers finir le travail.  

Ce projet innovant, qui a vu le jour en septembre 2025, a intéressé des élus qui se sont déplacés pour visiter les lieux. Une visite guidée par les élèves de la commune de Curienne qui ont suivi le projet de A à Z.. 

36000 COMMUNES – AVRIL 2026

LE JOURNAL DES MAIRES RURAUX

Mensuel de 24 pages, 36 000 Communes entend aider les maires ruraux à se tenir informés de l’actualité nationale en leur apportant une information précise et ciblée. Fidèle aux valeurs d’indépendance de l’AMRF, ce journal porte un regard critique sur l’actualité. Il a vocation à donner aux maires ruraux les outils pour influer sur les décisions qui concernent la ruralité.

Le journal est aussi un lieu d’échanges, rendant compte des actions menées par les maires ruraux dans leur commune ou dans leurs associations départementales. Tiré à plus de 15 000 exemplaires, il est adressé aux adhérents de l’AMRF ainsi qu’à tous les parlementaires, les Conseils généraux et les Conseils régionaux.



N°434 – Vous êtes la ruralité !

ÉDITO

John Billard, 
Secrétaire général de l’AMRF en charge de l’intérim de la Présidence

Vous êtes la ruralité

Chers collègues, le mandat que vous venez d’entamer vous place au cœur de la République, là où s’expriment concrètement les réalités du quotidien. Être maire rural, ce n’est pas seulement administrer une commune : c’est porter une vision, une expérience et une légitimité indispensables à l’action publique.

Aujourd’hui, la ruralité est reconnue. Elle est écoutée. Mais trop souvent, elle n’est pas là où les décisions se prennent.

Au-delà de la commune et de l’intercommunalité, de nombreuses instances influencent directement vos territoires ; et les choix qui vous impactent se construisent souvent sans représentants réellement ancrés dans la ruralité.

Il est temps de passer d’une reconnaissance de principe à une présence effective. Et concrètement, cela suppose de changer nos pratiques collectives.

D’abord, ne pas attendre d’être sollicités. Les représentants ne doivent pas être désignés sans vous. Dans vos départements, faites valoir votre place : rapprochez-vous de votre association départementale des maires ruraux, proposez des candidatures, demandez à être identifiés pour siéger dans les instances.

Ensuite, interpellez. Lorsque les désignations se font sans prise en compte de la diversité des territoires, écrivez à votre préfet, aux services de l’État, aux structures concernées. Rappelez que la ruralité doit être représentée, non pas symboliquement, mais concrètement.

C’est le sens de la démarche engagée par l’AMRF au niveau national : nous avons saisi le Premier ministre pour que toutes les associations représentatives soient consultées dans la désignation des élus siégeant dans ces instances. Mais cette exigence doit aussi vivre dans chaque département.

Enfin, agissez collectivement. C’est en réseau, en lien avec vos collègues et vos associations locales, que vous pourrez peser durablement.

L’AMRF est à vos côtés : des maires au service des maires. Nous vous accompagnons pour faire reconnaître votre place. Mais cette place, elle ne se décrète pas : elle se prend.

Osez vous engager. Osez demander à siéger. Osez faire entendre votre réalité. Car la ruralité n’est pas une abstraction : la ruralité, c’est vous.

John billard
Secrétaire général de l’AMRF en charge de l’intérim de la Présidence