Dans le 36 000 Communes du mois de septembre 2026, découvrez les portraits de 7 nouveaux présidents d’AMR.
Gilles Vernay
Maire d’Étroussat (650 hab. & 1 300 ha.) dans l’Allier (03), président de l’AMR03
Je suis arrivé à Étroussat il y a vingt deux ans, après un parcours de sapeur-pompier professionnel. En devenant maire, mon objectif était de rendre le village plus attractif. Nous avons beaucoup investi dans l’école, repris des locaux pour maintenir des commerces et des services et nous portons aujourd’hui un projet agrivoltaïque qui doit donner de nouvelles marges de manœuvre à la commune.
C’est cette même volonté d’agir que je veux mettre au service de l’AMR03. Je veux aller à la rencontre des maires ruraux de l’Allier, recréer du lien et porter leurs préoccupations : l’école, les finances locales, l’eau, l’agriculture… Nous devons travailler avec tous ceux qui peuvent faire avancer nos territoires, au-delà des appartenances politiques ou des étiquettes. L’AMR03 et l’AMF03 sont complémentaires, comme nous devons l’être avec les services de l’État. Mais travailler ensemble ne signifie pas renoncer à se battre : les communes rurales ont besoin de moyens et d’une voix forte pour défendre leurs projets et leur avenir.
Gérard Brette
Maire de Rosiers-d’Égletons (1 080 hab. & 3 800 ha.) en Corrèze (19), président de l’AMR19
Je me suis engagé progressivement dans la vie municipale. Chaque fois, on est venu me chercher et, une fois que j’accepte, je fais le travail ! Avec le temps, j’ai compris qu’être maire, c’est d’abord aimer les gens et essayer de leur rendre service. Dans ma commune, ma priorité est de maintenir la vie locale : préserver notre école, conforter les commerces et créer les conditions pour que de nouvelles activités puissent s’installer.
Je retrouve ces mêmes enjeux à l’échelle de la Corrèze. En prenant la présidence de l’AMR19, je renoue aussi avec l’histoire de ma commune puisque mon prédécesseur à la mairie, Jean Boinet, avait créé l’association départementale. Il faut maintenant la faire grandir, élargir le nombre de communes adhérentes et mieux représenter tout le département. La Corrèze est un petit département : nous avons besoin de nous regrouper pour faire savoir que nos communes existent et défendre les moyens nécessaires à nos projets, notamment la DETR.
Benoît Hennart
Maire de Quittebeuf (650 hab & 1 300 ha.) dans l’Eure (27), président de l’AMR27
Quand je suis devenu maire en 2008, je m’étais engagé à tout faire pour maintenir les commerces. Depuis, nous avons recréé une boulangerie, un bar, une boucherie, une pizzeria et accueilli des professionnels de santé, une maison d’assistantes maternelles et de nouveaux services. Ma méthode, c’est d’essayer de lever les obstacles : proposer des locaux clés en main, réaliser nous-mêmes un maximum de travaux et ne pas baisser les bras au premier échec.
C’est aussi cet état d’esprit que je veux apporter à l’AMR27. J’ai commencé par demander aux maires adhérents ce qu’ils attendaient de leur association pour construire nos actions à partir de leurs besoins. Il faudra notamment nous mobiliser sur l’avenir de nos écoles et la capacité des communes à continuer à se développer. Ce que j’aime à l’AMRF, c’est qu’elle sait dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Les décisions doivent partir du terrain : avant d’imposer des normes, il faut écouter ceux qui devront les appliquer.
Anne-Marie Lailheugue
Maire de Maylis (300 hab. & 1 200 ha.) dans les Landes (40), présidente de l’AMR40
À 20 ans, j’étais déjà présidente du comité des fêtes et j’avais cette fibre du partage, de l’animation de la vie locale et du collectif. J’ai grandi dans la ruralité, j’ai été exploitante agricole tout en poursuivant mes études, puis enseignante avant de devenir personnel de direction. Ce parcours m’a appris qu’avant d’agir, il faut comprendre, se former et construire. Et à Maylis, j’ai cette même volonté de créer du lien entre les habitants et de transmettre ce qui fait l’identité de notre territoire.
C’est aussi ma manière d’aborder la présidence de l’AMR40 dont j’appréciais la manière de travailler constructive et concrète de Benoît Darets. Nous avons repris le flambeau en élargissant le conseil d’administration afin d’assurer à la fois la parité et un meilleur maillage de notre vaste département.
Il faut maintenant renforcer nos relais, aller à la rencontre des maires et faire reconnaître l’AMR dans toutes les instances qui concernent les communes rurales. Pour être crédibles et entendus, il faut travailler les dossiers, comparer ce qui se fait ailleurs, dialoguer avec l’État et développer nos partenariats. C’est aussi toute la force de l’AMRF de nous permettre de partager nos expériences et de porter la voix de la ruralité du département jusqu’au niveau national et européen.
Anne Hébert
Maire de Marchésieux (660 hab. & 2 000 ha.) dans le département de la Manche (50), présidente de l’AMR50
J’ai toujours cru à la vertu du collectif. Dans les territoires ruraux, où nous n’avons pas forcément beaucoup de moyens, il faut savoir s’appuyer sur l’énergie sociale, mutualiser les idées et sortir des sentiers battus.
Pour moi, un maire rural est d’abord un animateur, un coordonnateur, un facilitateur : il faut faire avec les habitants et pas seulement pour eux. C’est ce que nous essayons de faire à Marchésieux, notamment dans notre projet de réaménagement du centre-bourg, construit avec les habitants. Je crois aussi beaucoup au partage des responsabilités : j’ai deux adjoints mais cinq conseillers délégués, parce que donner à chacun une part du projet permet de mieux l’impliquer.
C’est dans le même esprit que j’ai accepté la présidence de l’AMR50 : je ne veux pas d’une présidence solitaire. Nous devons construire une équipe, faire émerger ensemble les sujets propres à la Manche et mieux faire entendre notre voix. Les territoires ruraux disposent de ressources naturelles, mais aussi de ressources sociales considérables : à nous de nous organiser collectivement pour transformer cette proximité en projets et préparer l’avenir.
Danièle Mary
Maire de Saint-Germain-de-la-Coudre (830 hab. & 2 600 ha.) dans l’Orne (61), présidente de l’AMR61
Ce qui me motive depuis le début, c’est de servir et d’apporter des services à mes concitoyens, de les maintenir et de les développer pour que chacun trouve sa place dans la commune. À Saint-Germain-de-la-Coudre, nous avons créé une école, une maison d’assistantes maternelles, une station-service communale, des équipements sportifs, repris l’agence postale, réouvert la pharmacie, et nous avons aussi réussi à faire revenir un médecin. Pour moi, il faut se bouger, s’occuper des dossiers, frapper aux portes et y consacrer du temps et de l’énergie : cela finit par porter ses fruits.
C’est cet état d’esprit que je veux apporter à l’AMR61. Nous devons occuper le territoire, être présents dans les instances et faire entendre la voix des maires ruraux. Il faut surtout leur faire confiance. La proximité nous permet d’être réactifs, d’écouter les habitants et de trouver des solutions concrètes. On peut travailler ensemble à l’échelle intercommunale quand c’est pertinent, mais sans retirer aux communes ce qu’elles savent bien faire.
Yves Coste
Maire de Saint-Vincent (420 hab. & 580 ha.) dans le Puy-de-Dôme (63), président de l’AMR63
Quand je suis devenu maire en 2008, je n’y connaissais rien ! Depuis, à chaque mandat, nous nous sommes fixés des projets, des challenges, avec l’envie d’avancer et de les voir aboutir. Aujourd’hui, nous portons avec les communes voisines la création d’une école intercommunale dans un château du XVe siècle. En regroupant nos élèves, nous voulons améliorer leurs conditions d’apprentissage et leur donner les mêmes chances qu’un gamin de Paris.
C’est aussi ma façon d’aborder l’AMR63 : je ne veux pas décider seul. Sur les transports scolaires, nous avons interrogé nos adhérents et reçu plus de cinquante contributions, dont nous avons fait une synthèse pour interpeller la Région et le Département. Je veux poursuivre cette méthode : faire participer les maires directement concernés et partir de leurs réalités. Notre association est transpartisane, c’est pourquoi, après mon élection, j’ai associé mes deux concurrents comme vice-présidents. Ce qui compte, c’est de rassembler pour défendre tous les maires ruraux et faire aboutir nos revendications.
16 septembre 2026
















