INTERCOMMUNALITÉ : TÉMOIGNAGES D’ÉLUS RURAUX

Dans le 36 000 Communes du mois de mai 2026, des élus ruraux témoignent de leur rôle à la tête des exécutifs communautaires pour mieux faire entendre les spécificités de la ruralité.

Jean-Louis Chabaud

Maire de Barrême (400 hab. & 3 700 ha.) dans les Alpes-de-Haute-Provence (04)
Président de la Communauté de communes Alpes Provence Verdon (11 500 hab. & 41 communes)

Un projet dans une petite commune est toujours structurant à son échelle : il doit donc pouvoir être entendu, puis être porté collectivement. 

« Une intercommunalité, c’est un peu comme une auberge espagnole : on n’y trouve que ce qu’on y apporte. Chez nous, avec 41 communes issues de la fusion de cinq intercommunalités, sur un territoire qui représente un quart du département, il y avait tous les ingrédients pour que cela ne fonctionne pas. Et pourtant, cela marche, parce que nous avons construit une gouvernance claire et une culture du dialogue.

Même si nous sommes tous ruraux, il faut faire vivre les projets communaux dans l’intercommunalité. Un projet dans une petite commune est toujours structurant à son échelle ; il doit donc pouvoir remonter, être entendu, puis être porté collectivement. Cela suppose d’arriver avec un esprit constructif, en se disant que l’intercommunalité est là pour aménager le territoire au service des communes.

Chez nous, la conférence des maires est centrale : aucun projet ne va au conseil communautaire s’il n’a pas été partagé et validé en amont. C’est une règle que nous avons inscrite dès 2020 dans notre fonctionnement. Cela garantit que chacun est associé et explique sans doute que 90 % des délibérations sont prises à l’unanimité.

Nous avons aussi beaucoup investi dans l’ingénierie, avec des chefs de projet pour accompagner les communes, notamment dans les dispositifs “Villages d’avenir” ou en lien avec “Petites villes de demain”. L’intercommunalité doit être un appui concret, surtout pour les plus petites communes.

Et puis il y a tout le travail d’“aller vers” : France Services, Micro-Folie, actions culturelles… Personne n’est laissé de côté. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de débats ou de tensions, mais il existe une volonté partagée d’avancer ensemble. 
Au fond, notre force tient peut-être à une forme de lucidité : nous sommes 41 communes rurales, avec des moyens limités. Personne n’a plus que l’autre, donc personne n’écrase personne. Chacun apporte sa pierre à l’édifice, et c’est cette solidarité qui fait tenir l’ensemble. » 

Pascale Briand

Maire de Les Moutiers-en-Retz (1 900 hab. & 960 ha.) en Loire-Atlantique (44)
Présidente de la Communauté d’agglomération Pornic Agglo Pays de Retz (69 000 hab. & 15 communes)

Le fait qu’un maire d’une commune plus rurale accède à la présidence peut changer le regard, notamment du côté des habitants. 

« Ce qui me paraît essentiel, c’est le respect des équilibres d’un territoire. Et cela peut se faire quelle que soit l’origine du président, qu’il soit issu de la commune-centre ou d’une commune plus rurale. L’important, c’est la façon de faire. Pour ma part, je m’inscris dans la continuité de ce qui existait déjà : une attention portée à toutes les communes, à leurs spécificités et à une construction collective des décisions.

Il est vrai que le fait qu’un maire d’une commune plus rurale accède à la présidence peut changer le regard, notamment du côté des habitants. Cela permet de mieux faire comprendre que l’agglomération n’est pas une structure distante, mais bien la somme des orientations portées par les communes. Ce n’est pas quelque chose qui descend d’en haut : c’est une construction partagée.

Nous avons voulu traduire cela concrètement dans la gouvernance : avec 15 communes, nous avons fait le choix d’un vice-président par commune. C’est un vote collectif qui permet de garantir que chaque territoire est pleinement associé, tout en travaillant sur des logiques de transversalité. Cela va dans le sens d’une meilleure appropriation, à la fois par les élus et par les habitants.

Car il faut aussi faire comprendre qu’un transfert de compétence n’est pas un abandon, mais une mutualisation. Et cela doit se traduire dans les pratiques : nous avons réuni l’ensemble des élus municipaux en début de mandat pour leur présenter les services de l’agglomération ; nous développons des dispositifs “d’aller vers”, avec des permanences dans les communes, y compris pour les services communautaires.

On le voit aussi sur des politiques comme l’eau, le bocage ou l’érosion littorale : ces sujets dépassent les frontières communales et montrent bien que la coopération est indispensable. Enfin, nous travaillons beaucoup sur le lien entre les services, avec des réunions régulières entre les secrétaires de mairie et les services de l’agglomération, ou encore des outils partagés comme les permanences de conseillers numériques.

Ce mouvement vers davantage de coopération et de reconnaissance des communes est à l’œuvre dans de nombreux territoires, à des rythmes différents. Mais il va dans le bon sens : celui d’une agglomération construite avec les communes, et non à côté d’elles. » 

Florent Pauly

Maire de Dun (650 hab & 4 100 ha.) en Ariège (09)
(Président de la Communauté de communes du Pays de Mirepoix (10 500 hab. & 33 communes)

Dans une intercommunalité rurale, nous ne pouvons pas oublier l’agriculture : elle façonne nos paysages, notre économie, notre alimentation, notre attractivité touristique. 

« Nous sommes une petite intercommunalité rurale et, depuis l’origine, il existe chez nous un principe assez ancré : la commune-centre ne prend pas la présidence. Au départ, il y avait peut-être derrière cela de mauvais arguments politiques, mais aujourd’hui c’est devenu un équilibre accepté, qui donne de la stabilité à l’intercommunalité. 

Notre logique, c’est que l’interco soit d’abord une aide pour les communes. Elle permet de partager les charges de centralité, mais aussi de porter des compétences que les communes ne pourraient pas assumer seules : voirie intercommunale, piscine, médiathèque, périscolaire, petite enfance, PLU, collecte des déchets… Quand une commune finance 30 % d’un projet et que l’intercommunalité va chercher 70 % de subventions, elle comprend vite l’intérêt collectif. 

Le président d’intercommunalité a une voix qui porte auprès de l’État, mais cela ne doit pas exclure les maires. Au contraire, l’EPCI doit être au service des communes, y compris sur des dossiers qui ne relèvent pas directement de ses compétences. Les nouveaux maires m’appellent ; nous cherchons des solutions ensemble. C’est un peu la même philosophie qu’à l’AMRF : des maires au service des maires. 

Nous devons aussi mieux faire reconnaître ce que fait l’intercommunalité. Nous ne sommes pas toujours bons en communication, mais les habitants doivent pouvoir identifier les valeurs et les actions que l’interco porte, notamment sur la jeunesse ou les services du quotidien. Et puis, dans une intercommunalité rurale, nous ne pouvons pas oublier l’agriculture. Il n’y a pas de ruralité sans agriculture : elle façonne nos paysages, notre économie, notre alimentation, notre attractivité touristique. Le fonds de concours que nous avons mis en place pour soutenir les agriculteurs répond à cette réalité. 

Enfin, cette logique de coopération, nous la portons aussi à l’échelle du département : nous avons mis en place un “G8” qui réunit chaque mois les huit intercommunalités pour travailler ensemble, partager nos enjeux et éviter les concurrences. Et tous les trimestres, ce travail se prolonge avec le préfet dans un format élargi. L’objectif est simple : construire de la cohésion plutôt que de la compétition entre territoires. » 

Valérie Pagnot

Maire de Bonnétage (950 hab. & 1 800 ha.) dans le Doubs (25)
Présidente de la Communauté de communes du Plateau du Russey (7 000 hab. & 17 communes)

J’ai souhaité que la communauté de communes soit une forme d’agora, où l’on puisse partager les problématiques et construire ensemble des solutions.

« Ma volonté, c’est de faire de l’intercommunalité un véritable outil au service de toutes nos communes, du centre-bourg jusqu’au plus petit village de 30 habitants. Chacun doit y avoir sa place. J’ai souhaité que la communauté de communes soit une forme d’agora, où l’on puisse partager les problématiques que nous rencontrons tous et construire ensemble des solutions, qu’elles soient techniques, administratives ou structurantes. 

Cela passe aussi par la manière dont nous rendons le service public. Aujourd’hui, il est souvent en retrait dans les territoires ruraux ; nous avons donc fait le choix de services en itinérance : une saison culturelle gratuite qui circule dans les villages, une ludothèque mobile, etc. L’objectif, c’est d’aller vers les habitants et de montrer que l’intercommunalité peut être un atout pour offrir davantage de services, en mutualisant les moyens, les agents et les équipements. 

Nous voulons aussi écrire une véritable histoire commune, avec un projet de territoire partagé. Cela participe à créer un sentiment d’appartenance qui, aujourd’hui, fait parfois défaut. Car l’intercommunalité reste encore trop méconnue : il y a un vrai enjeu de pédagogie pour faire comprendre son rôle dans la vie quotidienne. Dans cette logique, nous ouvrons aussi nos modes de décision, en associant des personnes extérieures aux commissions, afin que ce que nous construisons ne soit pas déconnecté du terrain. Notre chance, c’est de rester un EPCI à taille humaine, sur un bassin de vie cohérent. 

Et quand on est une intercommunalité de taille modeste, il faut savoir coopérer : nous développons des partenariats avec les territoires voisins, notamment via des syndicats supra-intercommunaux, par exemple sur la gestion des déchets, et demain peut-être sur d’autres compétences comme l’assainissement. C’est une manière d’innover pour offrir des services de qualité malgré des moyens limités. 

Enfin, je regrette que nous soyons encore si peu de femmes à la tête d’intercommunalités. Il existe encore une forme d’autocensure, alors que la mixité est une richesse pour nos exécutifs. Des initiatives comme celles portées par l’Association des maires ruraux du Doubs ont permis de faire avancer les choses, et je suis convaincue que cela continuera à progresser dans les prochaines années, car les maires ruraux sont conscients de l’atout que représente la reconnaissance de la légitimité des femmes. » 

Régis Aubertein

1er adjoint de Courbesseaux (400 hab. & 630 ha.) en Meurthe-et-Moselle (54)
Président de la Communauté de communes du Pays du Sânon (5 800 hab. & 28 communes) 

Faire ensemble ce qu’on ne peut pas faire seul, c’est devenu une évidence. Mais cette cohésion est plus difficile à retrouver à d’autres échelles plus vastes.

« Chez nous, ce qui a beaucoup évolué, c’est l’état d’esprit : il y a désormais une vraie symbiose entre le bourg-centre et les autres communes. On a compris une chose simple : personne ne peut vivre sans l’autre. Maintenir les commerces du bourg profite à tout le territoire, et l’attractivité des petites communes bénéficie aussi au centre. C’est cette interdépendance qui fait aujourd’hui notre force. 

Nous avons franchi un cap : plus personne ne remet en cause l’intérêt de l’intercommunalité. Faire ensemble ce qu’on ne peut pas faire seul, c’est devenu une évidence. On l’a vu sur des sujets structurants comme l’eau où, malgré des règles de majorité qui auraient pu créer des tensions, le consensus s’est construit. Cela montre que nous sommes capables de dépasser les logiques de blocage. 

Mais cette cohésion, nous ne la retrouvons pas forcément à toutes les échelles. Au niveau du PETR, qui regroupe des territoires beaucoup plus vastes, avec des intercommunalités de tailles très différentes, la solidarité est plus difficile à construire. Le poids des plus gros peut être déterminant et, pour une petite intercommunalité comme la nôtre, l’enjeu devient alors d’exister, de faire entendre la spécificité rurale sans entrer dans une logique d’opposition. 

Car ces spécificités sont bien réelles. Sur le logement, la mobilité ou encore l’eau, les outils pensés pour des territoires plus urbains ne sont pas toujours adaptés. Chez nous, il ne s’agit pas simplement de rénover à la marge, mais parfois de réhabiliter entièrement des bâtiments, de répondre à des enjeux de maintien à domicile ou d’accès aux services dans des conditions très différentes. C’est cette “ruralisation” des politiques publiques qu’il faut encore approfondir. 

L’enjeu, finalement, c’est de faire comprendre à tous les niveaux que les territoires ruraux ne sont pas des marges, mais des composantes essentielles. Et que, là aussi, la coopération doit primer : non pas subir les équilibres, mais les construire, dans l’intérêt de tous. » 

Christelle Lorin

Maire de Digny (1 000 hab. & 4 000 ha.) en Eure-et-Loir (28)
Présidente de la Communauté de communes des Forêts du Perche (8 000 hab. & 15 communes)

Notre force, c’est notre taille humaine : on se connaît tous, les décisions vont vite et, surtout, personne ne se sent mis de côté.

 « Notre réalité, c’est qu’ici tout est rural ! La plus grande commune fait à peine 3 200 habitants. Donc la question de la représentativité ne peut pas être traitée en opposant un centre et une périphérie, mais en veillant à ce que tout le territoire existe dans la gouvernance. Nous avons fait ce choix très clairement dans l’exécutif : que toutes les communes soient représentées et que les plus importantes ne soient pas surreprésentées. La ville-centre n’a pas plus de place que les autres. L’idée, c’est de construire une dynamique collective. La communauté de communes est issue des communes : on n’est pas les uns contre les autres, mais les uns avec les autres. 

Nous avons aussi encouragé une forme de parité, non pas pour cocher une case, mais parce que cela correspond à la réalité du territoire et à l’engagement des élus. Aujourd’hui, il y a davantage de femmes maires, et cela se retrouve naturellement dans la gouvernance. Notre force, c’est aussi notre taille humaine : on se connaît tous, les décisions vont vite et, surtout, personne ne se sent mis de côté. Parce que l’enjeu est là : avec le transfert de compétences à l’intercommunalité, il faut absolument que le maire reste acteur, qu’il se sente utile. C’est lui qui fait le lien avec les habitants, qui explique ce qu’est l’intercommunalité et ce qu’elle apporte. 

Nous avons une vraie dynamique de territoire, avec des projets adoptés très largement, parce que nous prenons le temps de construire le consensus. Mais il ne faut pas se cacher les difficultés : nos moyens sont limités. Nous gérons un territoire vaste, avec peu d’habitants et des charges qui ne sont pas proportionnelles. Aujourd’hui, la ruralité est encore pénalisée par des critères trop centrés sur la population. Malgré cela, nous essayons d’être aussi attractifs que les autres, avec nos moyens, en restant fidèles à ce qui fait notre force : la proximité et le collectif. »  

Cyril Cibert

Maire de Chenevelles (430 hab. & 2 900 ha.) dans la Vienne (86)
Président de la Communauté d’agglomération Grand Châtellerault (82 000 hab. & 47 communes)

Tous les projets structurants sont présentés en conférence des maires, avec un principe simple : un maire = une voix.

« Nous sommes une agglomération de 82 000 habitants, dont plus de 50 000 vivent en ruralité, avec 45 communes rurales sur 47. À un moment, il faut regarder la réalité en face : nous sommes majoritaires. Et il n’y a aucune règle qui dit que la présidence doit revenir au maire de la ville-centre. Les maires ruraux en avaient assez de ce schéma implicite, alors nous avons décidé de faire autrement. 

Nous avons construit un pacte de gouvernance très clair : désormais, tous les projets structurants sont présentés en conférence des maires, avec un principe simple : un maire, une voix. Le maire concerné vient défendre son projet ; ensuite, il est travaillé en commission, et ce n’est qu’après qu’il est soumis au vote. Ça change tout : chacun est informé, chacun pèse dans la décision. J’ai aussi voulu rééquilibrer les responsabilités : une vice-présidence dédiée à la ruralité et au PLUI, pour que l’aménagement du territoire ne soit plus piloté uniquement depuis la ville-centre, et des délégués par bassin de vie pour recréer du lien de proximité et faire remonter les projets. L’enjeu, c’est que plus aucun maire ne découvre les décisions une fois qu’elles sont prises. 

L’intercommunalité ne doit plus être perçue comme une contrainte, mais comme un outil. Nous mettons en place une “brigade rurale” pour accompagner les communes en ingénierie ; nous simplifions les fonds de concours ; nous renforçons la solidarité financière, en prenant par exemple en charge les frais de transport des enfants vers les équipements. L’idée, c’est de donner les mêmes chances à toutes les communes. 

Mais attention : rééquilibrer, ce n’est pas opposer. J’ai tenu à ce que la maire de la ville-centre soit ma première vice-présidente, avec une place importante dans l’exécutif. On ne corrige pas une injustice en en créant une autre. Ce que je défends, c’est une gouvernance plus collective, plus transparente, qui part des communes et construit un véritable projet de territoire partagé. » 

36 000 COMMUNES – MAI 2026

LE JOURNAL DES MAIRES RURAUX

Mensuel de 24 pages, 36 000 Communes entend aider les maires ruraux à se tenir informés de l’actualité nationale en leur apportant une information précise et ciblée. Fidèle aux valeurs d’indépendance de l’AMRF, ce journal porte un regard critique sur l’actualité. Il a vocation à donner aux maires ruraux les outils pour influer sur les décisions qui concernent la ruralité.

Le journal est aussi un lieu d’échanges, rendant compte des actions menées par les maires ruraux dans leur commune ou dans leurs associations départementales. Tiré à plus de 15 000 exemplaires, il est adressé aux adhérents de l’AMRF ainsi qu’à tous les parlementaires, les Conseils généraux et les Conseils régionaux.



N°435 – Quand l’union fait la force

ÉDITO

John Billard, 
Secrétaire général de l’AMRF en charge de l’intérim de la Présidence

Le maire et le préfet

Le Maire, fin stratège en sa cité,

Veillait sur chaque rue, chaque marché.

Il connaissait les noms, les visages,

Les rêves, les espoirs, les petits orages.

Le Préfet, lui, plus haut, plus large en vue,

Tenait les rênes d’une région toute entière,

Avec sagesse et une main ferme,

Il unissait les forces, évitait les querelles.

Un jour, le Maire, soucieux et las,

Vint trouver le Préfet, l’air un peu embarrassé :

« Mon bon ami, lui dit-il en confidence,

J’ai tant de projets, mais manquent les finances.

Mes écoles, mes routes, mes champs à fleurir,

Ont besoin d’appui pour mieux grandir. »

Le Préfet, soucieux mais toujours serein,

Lui répondit d’un ton à la fois doux et certain :

« Cher Maire, ton labeur est noble et nécessaire,

Mais seul, tu ne peux tout porter.

Laisse-moi t’aider, car l’État, lui aussi,

A des ressources pour tes beaux soucis.

Ensemble, unissons nos mains et nos esprits,

Et nos villages en seront ravis. »

Ainsi, le Maire, sur le terrain,

Faisait germer les graines du lendemain.

Le Préfet, lui, par son art et son rang,

Trouvait les fonds, les lois, le bon changement.

L’un sans l’autre eussent peiné en vain,

Mais leur alliance fit le bien commun.

Moralité, amis, retenez ce point :

L’union fait la force, et c’est là le bon chemin.

John Billard
Secrétaire général de l’AMRF en charge de l’intérim de la Présidence

Ingénierie territoriale – Menace sur les CAUE : les maires ruraux refusent le démantèlement de l’ingénierie de proximité

Image mise en avant - Communiqué de presse

Alors que le réseau des Conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) alerte sur leur crise financière et le risque d’une suppression de postes sans précédent, l’Association des maires ruraux de France (AMRF) réaffirme son soutien à ces structures essentielles pour les communes et les habitants des territoires ruraux. La fragilisation de ce service public majoritairement gratuit constitue une perte majeure pour l’aménagement et la transition écologique au cœur de nos villages.

L’AMRF aux côtés des CAUE pour la pérennité du service public

Déjà cosignataire d’une tribune aux côtés de la fédération nationale des CAUE et des Départements de France à l’été 2025, l’AMRF constate avec regret que la situation n’a cessé de s’aggraver en un an. Rappelant que les premiers bénéficiaires en sont les élus et les administrés des territoires ruraux, l’association déplore l’absence de mesures concrètes pour empêcher le délitement de cette ingénierie locale, de proximité et en majorité gratuite – rare exemple d’équité territoriale. Un service public pourtant vital à l’heure où les maires ruraux sont en première ligne face aux défis de la crise climatique et la nécessité de repenser le développement urbanistique de leur village.

(…)

Qu’il s’agisse d’études préalables pour la commune ou de conseils gratuits aux particuliers avant le dépôt d’un permis de construire, le CAUE est le garant de la qualité de notre cadre de vie. Briser ce modèle, c’est priver les territoires ruraux de ressources pour construire et façonner les espaces, protéger le patrimoine et favoriser la transition écologique

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Décentralisation – De la promesse politique à une recentralisation assumée

Image mise en avant - Communiqué de presse

Depuis des mois, le Gouvernement de Sébastien Lecornu promettait un nouvel acte de décentralisation. L’Association des Maires Ruraux de France, avec d’autres associations d’élus, a été reçue, consultée, mobilisée. Les attentes étaient fortes. Les communes rurales espéraient enfin un signal de confiance.

Le résultat est désormais connu : il n’y aura pas d’acte de décentralisation.

(…)

L’AMRF le rappelle avec constance depuis plus de trente ans : la commune n’est pas un problème administratif, elle est la solution démocratique de proximité. La subsidiarité ne consiste pas à empiler les tutelles, mais à confier les décisions au bon niveau, d’abord local.

Et ce ne sont pourtant pas les propositions qui manquent. L’AMRF en a formulé plus de soixante pour simplifier réellement l’action locale, renforcer la commune et moderniser l’organisation territoriale.

Les maires ruraux n’attendent ni slogans, ni faux-semblants. Ils attendent un cap clair : confiance, liberté, moyens.

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36000 COMMUNES – AVRIL 2026

LE JOURNAL DES MAIRES RURAUX

Mensuel de 24 pages, 36 000 Communes entend aider les maires ruraux à se tenir informés de l’actualité nationale en leur apportant une information précise et ciblée. Fidèle aux valeurs d’indépendance de l’AMRF, ce journal porte un regard critique sur l’actualité. Il a vocation à donner aux maires ruraux les outils pour influer sur les décisions qui concernent la ruralité.

Le journal est aussi un lieu d’échanges, rendant compte des actions menées par les maires ruraux dans leur commune ou dans leurs associations départementales. Tiré à plus de 15 000 exemplaires, il est adressé aux adhérents de l’AMRF ainsi qu’à tous les parlementaires, les Conseils généraux et les Conseils régionaux.



N°434 – Vous êtes la ruralité !

ÉDITO

John Billard, 
Secrétaire général de l’AMRF en charge de l’intérim de la Présidence

Vous êtes la ruralité

Chers collègues, le mandat que vous venez d’entamer vous place au cœur de la République, là où s’expriment concrètement les réalités du quotidien. Être maire rural, ce n’est pas seulement administrer une commune : c’est porter une vision, une expérience et une légitimité indispensables à l’action publique.

Aujourd’hui, la ruralité est reconnue. Elle est écoutée. Mais trop souvent, elle n’est pas là où les décisions se prennent.

Au-delà de la commune et de l’intercommunalité, de nombreuses instances influencent directement vos territoires ; et les choix qui vous impactent se construisent souvent sans représentants réellement ancrés dans la ruralité.

Il est temps de passer d’une reconnaissance de principe à une présence effective. Et concrètement, cela suppose de changer nos pratiques collectives.

D’abord, ne pas attendre d’être sollicités. Les représentants ne doivent pas être désignés sans vous. Dans vos départements, faites valoir votre place : rapprochez-vous de votre association départementale des maires ruraux, proposez des candidatures, demandez à être identifiés pour siéger dans les instances.

Ensuite, interpellez. Lorsque les désignations se font sans prise en compte de la diversité des territoires, écrivez à votre préfet, aux services de l’État, aux structures concernées. Rappelez que la ruralité doit être représentée, non pas symboliquement, mais concrètement.

C’est le sens de la démarche engagée par l’AMRF au niveau national : nous avons saisi le Premier ministre pour que toutes les associations représentatives soient consultées dans la désignation des élus siégeant dans ces instances. Mais cette exigence doit aussi vivre dans chaque département.

Enfin, agissez collectivement. C’est en réseau, en lien avec vos collègues et vos associations locales, que vous pourrez peser durablement.

L’AMRF est à vos côtés : des maires au service des maires. Nous vous accompagnons pour faire reconnaître votre place. Mais cette place, elle ne se décrète pas : elle se prend.

Osez vous engager. Osez demander à siéger. Osez faire entendre votre réalité. Car la ruralité n’est pas une abstraction : la ruralité, c’est vous.

John billard
Secrétaire général de l’AMRF en charge de l’intérim de la Présidence

Élections communautaires 2026 – L’AMRF s’engage aux côtés des maires ruraux pour une intercommunalité au service des communes

Image mise en avant - Communiqué de presse

Alors que les nouveaux conseils municipaux s’installent partout en France, l’Association des maires ruraux de France (AMRF) rappelle que la mise en place des instances intercommunales doit se faire au service des communes, dans le respect de l’autonomie et de la voix de chaque territoire.

Elle invite les élus ruraux à se mobiliser et à unir leurs forces pour investir la gouvernance communautaire et représenter les intérêts des habitants de la ruralité.

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Notes de l’AMRF sur l’installation du premier conseil et les points stratégiques de début de mandat

Les élections municipales achevées, une étape décisive s’ouvre désormais avec l’installation du premier conseil municipal.

Parce que ce moment fondateur répond à des règles précises et à un certain formalisme, l’AMRF se tient à vos côtés et met à votre disposition une fiche consacrée à l’organisation et au fonctionnement de cette première réunion du conseil nouvellement élu.

Note sur la première séance du Conseil

Dans la continuité, une fois cette étape franchie, le conseil municipal devra se saisir rapidement de plusieurs sujets structurants pour le début du mandat : indemnités, délégations, mise en place des commissions, etc.

Pour vous accompagner dans ces premières décisions, l’AMRF a également élaboré une note dédiée, afin de vous apporter des repères clairs et opérationnels.

Note sur les points à traiter rapidement par le nouveau Conseil Municipal

36000 COMMUNES – MARS 2026

LE JOURNAL DES MAIRES RURAUX

Mensuel de 24 pages, 36 000 Communes entend aider les maires ruraux à se tenir informés de l’actualité nationale en leur apportant une information précise et ciblée. Fidèle aux valeurs d’indépendance de l’AMRF, ce journal porte un regard critique sur l’actualité. Il a vocation à donner aux maires ruraux les outils pour influer sur les décisions qui concernent la ruralité.

Le journal est aussi un lieu d’échanges, rendant compte des actions menées par les maires ruraux dans leur commune ou dans leurs associations départementales. Tiré à plus de 15 000 exemplaires, il est adressé aux adhérents de l’AMRF ainsi qu’à tous les parlementaires, les Conseils généraux et les Conseils régionaux.



N°433 – Le combat pour nos commerces


ÉDITO

Louis Pautrel,

Vice-Président en charge du commerce

Le combat pour nos commerces

Il fut un temps où nos communes comptaient de nombreux bistrots, cafés, auberges, épiceries, boulangeries, boucheries et autres commerces et artisans. À la sortie de l’église ou à l’occasion des fameuses commissions de la semaine, ils se remplissaient et étaient alors des lieux de vie et d’échanges, on s’y racontait son quotidien, sa vie de labeur mais aussi ses bonheurs. C’était l’image d’une société solidaire et humble qui savait se serrer les coudes.

Les Trente Glorieuses ont marqué un tournant, celui de l’essor des grandes surfaces. L’industrie a progressivement pris le pas sur ces commerces et artisans, et la démocratisation de la voiture a modifié les modes de déplacement et a fragilisé le commerce de proximité.

La crise sanitaire a paradoxalement eu un effet bénéfique pour les commerces locaux qui ont su s’adapter rapidement pour répondre aux besoins de la population – et on peut regretter que cet élan ait parfois été oublié depuis.

Ces dernières années, plusieurs dispositifs ont été mis en place pour accompagner la reprise, la transmission et la création d’activités commerciales. On peut saluer plusieurs initiatives telles que Bouge ton Coq ou Mille Cafés. La Fédération des Bistrots et Cafés a également déposé une candidature pour leur inscription au patrimoine de l’UNESCO. Certaines entreprises, comme Loomis, proposent d’installer des distributeurs de billets pour dynamiser le commerce local.

L’AMRF soutient toutes ces initiatives car c’est tout le tissu économique rural qui est concerné. Ces commerces jouent en effet un rôle majeur pour l’attractivité de nos communes. Ils sont des vecteurs essentiels de lien social, d’intégration et de solidarité.

Alors, un seul mot d’ordre à destination de nos habitants : poussez la porte de vos commerces ! Vous y trouverez, en guise de premier remerciement, un sourire, une parole chaleureuse et l’envie de revenir.

La relation humaine demeure l’une des plus belles richesses de nos campagnes. Merci à nos commerçants, à nos artisans et à leurs clients fidèles !

Louis Pautrel
Vice-Président en charge du commerce

John Billard nouveau Président par intérim

Suite à la volonté de Jean-Paul CARTERET de se mettre en retrait de l’intérim de la Présidence, le Conseil d’Administration de l’AMRF réuni le 18 février a proposé la nomination de John BILLARD.

L’actuel Secrétaire Général de l’AMRF a été confirmé à l’unanimité du Bureau réuni le 25 février comme Secrétaire Général assurant l’intérim de la Présidence de l’Association des Maires Ruraux de France à compter du 1er mars. 

 L’AMRF publie « Quand l’écologie s’invente au village » ! 

A travers les 200 pages de cet ouvrage paru aux Editions Utopia le 12 février 2026, plongez dans le Grand Atelier des maires ruraux pour la transition écologique lancé en 2023 par l’Association des Maires Ruraux de France. 

Sur le modèle des Conventions citoyennes, durant six mois, plus de cent maires et adjoints de communes rurales des quatre coins de la France ont pris le temps de réfléchir aux enjeux de la transition écologique.  

A la fois récit de cette expérience, recueil de propositions et de pépites locales, cet ouvrage illustré aborde un grand nombre de thématiques rencontrées par les élus ruraux dans leur mandat : sobriété, énergies renouvelables, biodiversité, eau, alimentation, forêts, citoyenneté active, coopération territoriale…etc.

Vous pouvez commander l’ouvrage dans vos librairies, sur les sites spécialisés, ou directement sur le site de l’éditeur !  

Pour en savoir plus :

Dans ce récit retrouvez les illustrations de la maire participante du Grand Atelier, Agnès LORY (07) ainsi que de nombreuses références de projets exemplaires et inspirants de communes rurales.