Agriculture –  Protéger les exploitations, préparer l’avenir des territoires 

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Alors que plusieurs territoires ruraux sont durement touchés par les incendies et par leurs conséquences économiques, environnementales et humaines, l’Association des maires ruraux de France appelle à ne pas oublier les exploitations agricoles directement menacées ou déjà sinistrées.

Derrière les images des massifs parcourus par les flammes, ce sont aussi des récoltes détruites, des troupeaux déplacés, des bâtiments endommagés, des réserves fourragères perdues et des exploitations déjà fragilisées qui voient leur avenir compromis. Ces situations appellent une réponse rapide, coordonnée et adaptée à la réalité de chaque territoire.

L’AMRF apporte à ce titre son soutien à l’alerte lancée par l’Association des maires ruraux de l’Ariège (AMR09) et appelle l’État à mobiliser sans délai, aux côtés des collectivités et des organisations professionnelles, tous les moyens nécessaires pour accompagner les exploitations les plus exposées.

(…)

Pour le bureau de l’AMRF,
John Billard, Secrétaire général en charge de l’intérim de la Présidence

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Lundi 3 août 2026

Incendies – Les Maires ruraux aux côtés des communes et des populations pour agir de manière coordonnée

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Depuis plusieurs jours, des incendies d’une ampleur exceptionnelle ravagent plusieurs territoires en France, contraignant des milliers d’habitants à l’évacuation et mobilisant des moyens considérables de secours.

L’Association des Maires Ruraux de France (AMRF) exprime sa pleine solidarité avec les populations et les communes touchées, ainsi qu’avec l’ensemble des personnes et des forces de secours et de sécurité engagées sur le terrain.

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Mais alors même que les interventions se poursuivent, il faut déjà penser à l’après.

Si la gestion de l’urgence relève aujourd’hui d’une mobilisation exemplaire, les communes touchées devront demain faire face aux conséquences durables des incendies. Les besoins évolueront dans les semaines et les mois à venir. Ils concerneront aussi bien la remise en état des équipements, le soutien aux habitants, l’organisation des services communaux que la reconstruction de certains territoires.

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L’AMRF souhaite dès à présent préparer cette étape. À cette fin, l’association invite les communes concernées à faire connaître leurs besoins et appelle les collectivités associations et partenaires qui souhaitent apporter leur concours à nous signaler les moyens qu’ils peuvent mobiliser, en écrivant à amrf@amrf.fr (objet : mobilisation incendies).

L’objectif est de favoriser une solidarité concrète, coordonnée et adaptée aux réalités du terrain, en s’appuyant sur le réseau d’associations départementales de maires ruraux.

L’AMRF assure les communes et leurs habitants de son entière solidarité et restera pleinement mobilisée, dans les semaines et les mois à venir, pour accompagner les territoires concernés.

Pour le bureau de l’AMRF,
John Billard, Secrétaire général en charge de l’intérim de la Présidence

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Mardi 28 juillet 2026

36 000 COMMUNES – JUILLET-AOÛT 2026

LE JOURNAL DES MAIRES RURAUX

Mensuel de 24 pages, 36 000 Communes entend aider les maires ruraux à se tenir informés de l’actualité nationale en leur apportant une information précise et ciblée. Fidèle aux valeurs d’indépendance de l’AMRF, ce journal porte un regard critique sur l’actualité. Il a vocation à donner aux maires ruraux les outils pour influer sur les décisions qui concernent la ruralité.

Le journal est aussi un lieu d’échanges, rendant compte des actions menées par les maires ruraux dans leur commune ou dans leurs associations départementales. Tiré à plus de 15 000 exemplaires, il est adressé aux adhérents de l’AMRF ainsi qu’à tous les parlementaires, les Conseils généraux et les Conseils régionaux.



N°437 – Eau secours

ÉDITO

John Billard, 
Secrétaire général de l’AMRF en charge de l’intérim de la Présidence

Eau secours

Au début de mon premier mandat, en 2008, un journaliste m’avait demandé quel serait, selon moi, le grand défi des années à venir. J’avais répondu sans hésiter : l’eau. À l’époque, je pensais surtout à sa distribution. Aujourd’hui, une autre question s’impose : serons-nous encore capables d’en garantir durablement sa qualité, sa disponibilité et son partage ?

Les maires connaissent cette responsabilité mieux que quiconque. Quand l’eau manque, quand un captage est menacé, lorsqu’une pollution apparaît ou qu’une canicule impose des restrictions, ce n’est pas vers l’État que les habitants se tournent. C’est vers leur maire. Et leurs interrogations sont légitimes : qualité de l’eau, présence de pesticides, hausse des prix… Toutes ces préoccupations remontent aujourd’hui jusqu’à nos mairies.

Dès lors, comment ne pas s’inquiéter des débats récents au Sénat autour du projet de loi d’urgence agricole ? Les collectivités, qui portent cette responsabilité devant leurs habitants, verraient leur place fragilisée dans certaines instances de gouvernance de l’eau, alors même qu’elles continueraient d’assumer, en dernier ressort, les conséquences politiques, financières et sanitaires des décisions prises. Ce paradoxe mérite, à tout le moins, d’être questionné.

Ne nous trompons pas de débat. L’agriculture, dans nos communes, demeure souvent la première activité économique, façonne nos paysages et participe de notre souveraineté alimentaire. Lors des échanges de notre Assemblée générale les Maires ruraux ont émis le souhait de réinvestir pleinement ces questions, avec les agriculteurs et non contre eux.

Mais soutenir l’agriculture ne peut pas signifier affaiblir la gestion collective de l’eau. Ce serait une erreur, y compris pour les agriculteurs eux-mêmes. La première urgence est sans doute de mieux rémunérer celles et ceux qui nous nourrissent, de développer des filières alimentaires de proximité, d’accompagner les transitions et de préserver une gouvernance capable de concilier tous les usages de l’eau.

Car l’eau est un bien commun. Elle ne peut appartenir ni à un secteur, ni à une administration, ni à une catégorie d’usagers. Elle appelle au dialogue, à l’équilibre et à la responsabilité. Ayons collectivement ce courage !

John Billard
Secrétaire général de l’AMRF en charge de l’intérim de la Présidence

Retraite des élus – Six mois après la loi, le statut de l’élu local doit tenir ses promesses

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L’Association des maires ruraux de France appelle le Gouvernement à publier sans délai les décrets d’application de la loi du 22 décembre 2025 portant création d’un statut de l’élu local, en particulier ceux relatifs à la bonification de retraite des élus locaux.

Très impliquée dans l’élaboration puis l’adoption de cette réforme, après deux années de travaux parlementaires, l’AMRF avait salué cette loi comme une avancée majeure pour la reconnaissance de l’engagement des élus locaux, la sécurisation de leur mandat et le renouvellement de la vie démocratique locale.

Cependant, voter une loi n’est pas une fin en soi. Et l’utilité de l’exercice parlementaire pourrait même être questionnée si elle n’est pas mise en application. Or, plus de six mois après sa promulgation, les maires ruraux constatent avec regret qu’une dizaine de dispositions de la loi attendent toujours leur mise en oeuvre, à commencer par la bonification de trimestres de retraite dont les élus locaux devaient bénéficier.

Ce retard nourrit une profonde incompréhension chez les élus ayant récemment achevé leur mandat. Beaucoup s’interrogent désormais sur leur capacité à bénéficier d’un droit pourtant reconnu par le législateur. Cette mesure avait en effet été adoptée avant les élections municipales de 2026 afin de mieux protéger les élus locaux, qu’ils poursuivent ou non leur engagement.

Les déclarations récentes de la ministre Françoise Gatel laissent désormais entendre que le dispositif n’entrerait en vigueur qu’au 1er janvier 2027 et qu’il ne bénéficierait pas rétroactivement aux élus ayant quitté leurs fonctions à l’issue des dernières élections municipales. Une telle interprétation viderait largement de sa portée une disposition pourtant voulue par le Parlement et serait profondément inacceptable.

(…)

La crédibilité du statut de l’élu local, voulu par le Parlement comme une réponse concrète à la crise de l’engagement local, dépend désormais de sa mise en oeuvre effective.

Pour le bureau de l’AMRF,
John Billard, Secrétaire général en charge de l’intérim de la Présidence

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Mardi 7 juillet 2026

Assemblée générale AMRF – 27 juin 2026

Samedi 27 juin dernier s’est tenue l’Assemblée générale de l’Association des maires ruraux de France en présence de Michel Fournier, ministre de la Ruralité.

De nombreux maires étaient présents pour assister à l’événement, à Sciences Po Lyon et en visioconférence.

Après une ouverture en plénière, les participants se sont répartis dans différents ateliers pour partager leurs réflexions et débattre sur différents aspects de l’association.

Quatre ateliers ont été organisés :
Atelier 1 : La fédération d’associations : vers un nouveau modèle organisationnel pour l’AMRF
Atelier 2 : Les statuts : vers un cadre solidifié, modernisé et clarifié pour l’AMRF
Atelier 3 : Le Conseil scientifique et les commissions : vers un renforcement de la place de tous les élus dans l’action de l’AMRF
Atelier 4 : Le règlement intérieur : vers une mise en application et une fluidification du fonctionnement de l’AMRF

Ces échanges ont permis de formuler des propositions concrètes pour construire l’avenir de notre association.

L’après-midi était consacré à l’Assemblée générale ordinaire de l’AMRF. L’occasion notamment pour les participants de poser leurs questions sur les différents documents votés en amont de l’AG : le rapport d’activité, le bilan moral, le bilan financier ou encore le budget 2026.

Consulter le rapport d’activité 2025

Merci à tous les maires ruraux qui ont répondu présents, sur site ou en visioconférence.

Mardi 30 juin 2026

Action sociale – Simplifier, ce n’est pas de tout rendre optionnel

À l’heure où les sénateurs s’apprêtent à examiner un amendement visant à supprimer la disposition adoptée en commission des lois rendant facultatifs les Centres communaux d’action sociale (CCAS) dans toutes les communes, l’Association des maires ruraux de France appelle les parlementaires à s’interroger sur le sens et la portée d’une telle évolution.

Déjà avancée en 2025 dans le cadre du « Roquelaure de la simplification » avant d’être retirée face aux interrogations exprimées par de nombreux élus locaux, cette proposition réapparaît aujourd’hui dans le cadre du projet de loi dit de « Simplification » sans que son impact et son accompagnement soient mieux mesurés.

Sur le principe, l’AMRF est profondément attachée à la liberté communale. Permettre aux communes de choisir leur organisation n’est pas contestable en soi. Mais en quoi le maintien d’un CCAS constitue-t-il aujourd’hui une difficulté ? Quels obstacles administratifs cette réforme permettrait-elle de lever ? Quels bénéfices concrets les maires pourraient-ils en retirer ? Ni l’exposé des motifs de l’amendement ni les travaux qui l’ont inspiré n’apportent de réponse convaincante.

Dans de nombreuses communes rurales, le CCAS n’est pas une structure de plus. Il constitue souvent le premier relais de proximité pour les personnes âgées, les familles en difficulté ou les habitants confrontés à une urgence sociale. Il associe également les acteurs associatifs et la société civile à la définition des réponses locales. En ce sens, la commission consultative envisagée en remplacement ne présente ni les mêmes garanties de gouvernance, ni les mêmes capacités d’action.

Cette réforme risque surtout d’envoyer un signal paradoxal aux élus locaux. En considérant implicitement que le CCAS pourrait relever d’un simple choix d’organisation, elle contribue à accréditer l’idée que l’action sociale de proximité serait devenue secondaire. Or les maires constatent chaque jour l’augmentation des besoins d’accompagnement et l’importance de maintenir des réponses humaines, réactives et identifiables. Et dans de nombreuses communes rurales, où la mairie demeure le premier point d’accès aux services publics et aux solidarités du quotidien, le CCAS en est fréquemment l’un des principaux outils.

Rendre un dispositif optionnel n’est jamais neutre. Cela conduit chaque commune à devoir arbitrer, justifier et choisir entre maintenir ou non un outil existant. Ce n’est pas simplifier : c’est parfois déplacer la difficulté, voire créer une nouvelle incertitude. L’AMRF appelle donc les parlementaires à s’assurer que la simplification recherchée ne se traduise pas par un affaiblissement supplémentaire des capacités d’action des communes au service des habitants les plus fragiles.

En conséquence, l’AMRF soutient les amendements visant à supprimer cette disposition et à maintenir le cadre actuel qui permet des mutualisations choisies par les élus. Parce qu’en matière de solidarité locale, la simplification ne peut constituer une fin en soi. Elle doit d’abord permettre aux communes d’agir mieux, et non de faire moins.

Pour le bureau de l’AMRF,
John Billard, Secrétaire général en charge de l’intérim de la Présidence

Mercredi 24 juin 2026

36 000 COMMUNES – JUIN 2026

LE JOURNAL DES MAIRES RURAUX

Mensuel de 24 pages, 36 000 Communes entend aider les maires ruraux à se tenir informés de l’actualité nationale en leur apportant une information précise et ciblée. Fidèle aux valeurs d’indépendance de l’AMRF, ce journal porte un regard critique sur l’actualité. Il a vocation à donner aux maires ruraux les outils pour influer sur les décisions qui concernent la ruralité.

Le journal est aussi un lieu d’échanges, rendant compte des actions menées par les maires ruraux dans leur commune ou dans leurs associations départementales. Tiré à plus de 15 000 exemplaires, il est adressé aux adhérents de l’AMRF ainsi qu’à tous les parlementaires, les Conseils généraux et les Conseils régionaux.



N°436 – Préparer l’avenir

ÉDITO

John Billard, 
Secrétaire général de l’AMRF en charge de l’intérim de la Présidence

Préparer l’avenir

À quelques jours de notre Assemblée générale et à l’approche du renouvellement de nos instances nationales à l’automne, l’AMRF entre dans une période importante de son histoire. Comme dans nos communes, une fin de mandat n’est jamais une fin. C’est le moment où l’on prépare la suite.

Préparer l’avenir demande une qualité devenue parfois rare : le courage.

Le courage de s’engager, de prendre des responsabilités, de consacrer du temps à l’intérêt collectif. C’est ce courage qui anime chaque jour les maires ruraux dans leur commune. C’est aussi celui dont notre association aura besoin pour poursuivre son développement au cours des prochaines années.

Depuis plusieurs années, l’AMRF grandit. Notre parole est davantage entendue. Notre représentativité n’a jamais été aussi forte. Nos services se sont développés. Notre capacité à porter les réalités des communes rurales dans le débat public s’est renforcée. Cette évolution est une satisfaction, mais elle nous oblige également.

C’est pourquoi nous poursuivons un important travail de structuration. La révision de nos statuts, qui sera travaillée lors de notre Assemblée générale, ne constitue pas un simple exercice administratif et juridique. Elle traduit une volonté : mettre notre association en ordre de marche pour relever les défis dont le futur exécutif aura la charge.

De la même manière, la consolidation de notre équipe salariée et l’élaboration d’un projet associatif doivent nous permettre de mieux accompagner les maires, de mieux valoriser notre expertise collective et de renforcer encore notre capacité d’action.

Cette ambition ne repose pas uniquement sur l’équipe et quelques responsables nationaux. Elle appelle aussi l’engagement de toutes celles et ceux qui souhaitent faire vivre notre réseau. S’engager à l’AMRF n’est pas une distinction honorifique. C’est une responsabilité. Celle de suivre des dossiers, de participer aux travaux collectifs, d’animer un réseau et de porter la voix des communes rurales dans les lieux où se construisent les politiques publiques.

Notre association demeure fidèle à ce qui fait sa force depuis plus de cinquante ans : son indépendance, son caractère transpartisan et sa fidélité à une seule cause, celle de la ruralité et de la commune. Dans une période où les divisions occupent souvent le devant de la scène, nous continuerons à rassembler autour de l’essentiel : défendre la liberté communale, soutenir les maires et faire reconnaître la place des territoires ruraux dans la République.

Parce que bien finir ensemble ce mandat, c’est déjà réussir le suivant.

John Billard
Secrétaire général de l’AMRF en charge de l’intérim de la Présidence

INTERCOMMUNALITÉ : TÉMOIGNAGES D’ÉLUS RURAUX

Dans le 36 000 Communes du mois de mai 2026, des élus ruraux témoignent de leur rôle à la tête des exécutifs communautaires pour mieux faire entendre les spécificités de la ruralité.

Jean-Louis Chabaud

Maire de Barrême (400 hab. & 3 700 ha.) dans les Alpes-de-Haute-Provence (04)
Président de la Communauté de communes Alpes Provence Verdon (11 500 hab. & 41 communes)

Un projet dans une petite commune est toujours structurant à son échelle : il doit donc pouvoir être entendu, puis être porté collectivement. 

« Une intercommunalité, c’est un peu comme une auberge espagnole : on n’y trouve que ce qu’on y apporte. Chez nous, avec 41 communes issues de la fusion de cinq intercommunalités, sur un territoire qui représente un quart du département, il y avait tous les ingrédients pour que cela ne fonctionne pas. Et pourtant, cela marche, parce que nous avons construit une gouvernance claire et une culture du dialogue.

Même si nous sommes tous ruraux, il faut faire vivre les projets communaux dans l’intercommunalité. Un projet dans une petite commune est toujours structurant à son échelle ; il doit donc pouvoir remonter, être entendu, puis être porté collectivement. Cela suppose d’arriver avec un esprit constructif, en se disant que l’intercommunalité est là pour aménager le territoire au service des communes.

Chez nous, la conférence des maires est centrale : aucun projet ne va au conseil communautaire s’il n’a pas été partagé et validé en amont. C’est une règle que nous avons inscrite dès 2020 dans notre fonctionnement. Cela garantit que chacun est associé et explique sans doute que 90 % des délibérations sont prises à l’unanimité.

Nous avons aussi beaucoup investi dans l’ingénierie, avec des chefs de projet pour accompagner les communes, notamment dans les dispositifs “Villages d’avenir” ou en lien avec “Petites villes de demain”. L’intercommunalité doit être un appui concret, surtout pour les plus petites communes.

Et puis il y a tout le travail d’“aller vers” : France Services, Micro-Folie, actions culturelles… Personne n’est laissé de côté. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de débats ou de tensions, mais il existe une volonté partagée d’avancer ensemble. 
Au fond, notre force tient peut-être à une forme de lucidité : nous sommes 41 communes rurales, avec des moyens limités. Personne n’a plus que l’autre, donc personne n’écrase personne. Chacun apporte sa pierre à l’édifice, et c’est cette solidarité qui fait tenir l’ensemble. » 

Pascale Briand

Maire de Les Moutiers-en-Retz (1 900 hab. & 960 ha.) en Loire-Atlantique (44)
Présidente de la Communauté d’agglomération Pornic Agglo Pays de Retz (69 000 hab. & 15 communes)

Le fait qu’un maire d’une commune plus rurale accède à la présidence peut changer le regard, notamment du côté des habitants. 

« Ce qui me paraît essentiel, c’est le respect des équilibres d’un territoire. Et cela peut se faire quelle que soit l’origine du président, qu’il soit issu de la commune-centre ou d’une commune plus rurale. L’important, c’est la façon de faire. Pour ma part, je m’inscris dans la continuité de ce qui existait déjà : une attention portée à toutes les communes, à leurs spécificités et à une construction collective des décisions.

Il est vrai que le fait qu’un maire d’une commune plus rurale accède à la présidence peut changer le regard, notamment du côté des habitants. Cela permet de mieux faire comprendre que l’agglomération n’est pas une structure distante, mais bien la somme des orientations portées par les communes. Ce n’est pas quelque chose qui descend d’en haut : c’est une construction partagée.

Nous avons voulu traduire cela concrètement dans la gouvernance : avec 15 communes, nous avons fait le choix d’un vice-président par commune. C’est un vote collectif qui permet de garantir que chaque territoire est pleinement associé, tout en travaillant sur des logiques de transversalité. Cela va dans le sens d’une meilleure appropriation, à la fois par les élus et par les habitants.

Car il faut aussi faire comprendre qu’un transfert de compétence n’est pas un abandon, mais une mutualisation. Et cela doit se traduire dans les pratiques : nous avons réuni l’ensemble des élus municipaux en début de mandat pour leur présenter les services de l’agglomération ; nous développons des dispositifs “d’aller vers”, avec des permanences dans les communes, y compris pour les services communautaires.

On le voit aussi sur des politiques comme l’eau, le bocage ou l’érosion littorale : ces sujets dépassent les frontières communales et montrent bien que la coopération est indispensable. Enfin, nous travaillons beaucoup sur le lien entre les services, avec des réunions régulières entre les secrétaires de mairie et les services de l’agglomération, ou encore des outils partagés comme les permanences de conseillers numériques.

Ce mouvement vers davantage de coopération et de reconnaissance des communes est à l’œuvre dans de nombreux territoires, à des rythmes différents. Mais il va dans le bon sens : celui d’une agglomération construite avec les communes, et non à côté d’elles. » 

Florent Pauly

Maire de Dun (650 hab & 4 100 ha.) en Ariège (09)
(Président de la Communauté de communes du Pays de Mirepoix (10 500 hab. & 33 communes)

Dans une intercommunalité rurale, nous ne pouvons pas oublier l’agriculture : elle façonne nos paysages, notre économie, notre alimentation, notre attractivité touristique. 

« Nous sommes une petite intercommunalité rurale et, depuis l’origine, il existe chez nous un principe assez ancré : la commune-centre ne prend pas la présidence. Au départ, il y avait peut-être derrière cela de mauvais arguments politiques, mais aujourd’hui c’est devenu un équilibre accepté, qui donne de la stabilité à l’intercommunalité. 

Notre logique, c’est que l’interco soit d’abord une aide pour les communes. Elle permet de partager les charges de centralité, mais aussi de porter des compétences que les communes ne pourraient pas assumer seules : voirie intercommunale, piscine, médiathèque, périscolaire, petite enfance, PLU, collecte des déchets… Quand une commune finance 30 % d’un projet et que l’intercommunalité va chercher 70 % de subventions, elle comprend vite l’intérêt collectif. 

Le président d’intercommunalité a une voix qui porte auprès de l’État, mais cela ne doit pas exclure les maires. Au contraire, l’EPCI doit être au service des communes, y compris sur des dossiers qui ne relèvent pas directement de ses compétences. Les nouveaux maires m’appellent ; nous cherchons des solutions ensemble. C’est un peu la même philosophie qu’à l’AMRF : des maires au service des maires. 

Nous devons aussi mieux faire reconnaître ce que fait l’intercommunalité. Nous ne sommes pas toujours bons en communication, mais les habitants doivent pouvoir identifier les valeurs et les actions que l’interco porte, notamment sur la jeunesse ou les services du quotidien. Et puis, dans une intercommunalité rurale, nous ne pouvons pas oublier l’agriculture. Il n’y a pas de ruralité sans agriculture : elle façonne nos paysages, notre économie, notre alimentation, notre attractivité touristique. Le fonds de concours que nous avons mis en place pour soutenir les agriculteurs répond à cette réalité. 

Enfin, cette logique de coopération, nous la portons aussi à l’échelle du département : nous avons mis en place un “G8” qui réunit chaque mois les huit intercommunalités pour travailler ensemble, partager nos enjeux et éviter les concurrences. Et tous les trimestres, ce travail se prolonge avec le préfet dans un format élargi. L’objectif est simple : construire de la cohésion plutôt que de la compétition entre territoires. » 

Valérie Pagnot

Maire de Bonnétage (950 hab. & 1 800 ha.) dans le Doubs (25)
Présidente de la Communauté de communes du Plateau du Russey (7 000 hab. & 17 communes)

J’ai souhaité que la communauté de communes soit une forme d’agora, où l’on puisse partager les problématiques et construire ensemble des solutions.

« Ma volonté, c’est de faire de l’intercommunalité un véritable outil au service de toutes nos communes, du centre-bourg jusqu’au plus petit village de 30 habitants. Chacun doit y avoir sa place. J’ai souhaité que la communauté de communes soit une forme d’agora, où l’on puisse partager les problématiques que nous rencontrons tous et construire ensemble des solutions, qu’elles soient techniques, administratives ou structurantes. 

Cela passe aussi par la manière dont nous rendons le service public. Aujourd’hui, il est souvent en retrait dans les territoires ruraux ; nous avons donc fait le choix de services en itinérance : une saison culturelle gratuite qui circule dans les villages, une ludothèque mobile, etc. L’objectif, c’est d’aller vers les habitants et de montrer que l’intercommunalité peut être un atout pour offrir davantage de services, en mutualisant les moyens, les agents et les équipements. 

Nous voulons aussi écrire une véritable histoire commune, avec un projet de territoire partagé. Cela participe à créer un sentiment d’appartenance qui, aujourd’hui, fait parfois défaut. Car l’intercommunalité reste encore trop méconnue : il y a un vrai enjeu de pédagogie pour faire comprendre son rôle dans la vie quotidienne. Dans cette logique, nous ouvrons aussi nos modes de décision, en associant des personnes extérieures aux commissions, afin que ce que nous construisons ne soit pas déconnecté du terrain. Notre chance, c’est de rester un EPCI à taille humaine, sur un bassin de vie cohérent. 

Et quand on est une intercommunalité de taille modeste, il faut savoir coopérer : nous développons des partenariats avec les territoires voisins, notamment via des syndicats supra-intercommunaux, par exemple sur la gestion des déchets, et demain peut-être sur d’autres compétences comme l’assainissement. C’est une manière d’innover pour offrir des services de qualité malgré des moyens limités. 

Enfin, je regrette que nous soyons encore si peu de femmes à la tête d’intercommunalités. Il existe encore une forme d’autocensure, alors que la mixité est une richesse pour nos exécutifs. Des initiatives comme celles portées par l’Association des maires ruraux du Doubs ont permis de faire avancer les choses, et je suis convaincue que cela continuera à progresser dans les prochaines années, car les maires ruraux sont conscients de l’atout que représente la reconnaissance de la légitimité des femmes. » 

Régis Aubertein

1er adjoint de Courbesseaux (400 hab. & 630 ha.) en Meurthe-et-Moselle (54)
Président de la Communauté de communes du Pays du Sânon (5 800 hab. & 28 communes) 

Faire ensemble ce qu’on ne peut pas faire seul, c’est devenu une évidence. Mais cette cohésion est plus difficile à retrouver à d’autres échelles plus vastes.

« Chez nous, ce qui a beaucoup évolué, c’est l’état d’esprit : il y a désormais une vraie symbiose entre le bourg-centre et les autres communes. On a compris une chose simple : personne ne peut vivre sans l’autre. Maintenir les commerces du bourg profite à tout le territoire, et l’attractivité des petites communes bénéficie aussi au centre. C’est cette interdépendance qui fait aujourd’hui notre force. 

Nous avons franchi un cap : plus personne ne remet en cause l’intérêt de l’intercommunalité. Faire ensemble ce qu’on ne peut pas faire seul, c’est devenu une évidence. On l’a vu sur des sujets structurants comme l’eau où, malgré des règles de majorité qui auraient pu créer des tensions, le consensus s’est construit. Cela montre que nous sommes capables de dépasser les logiques de blocage. 

Mais cette cohésion, nous ne la retrouvons pas forcément à toutes les échelles. Au niveau du PETR, qui regroupe des territoires beaucoup plus vastes, avec des intercommunalités de tailles très différentes, la solidarité est plus difficile à construire. Le poids des plus gros peut être déterminant et, pour une petite intercommunalité comme la nôtre, l’enjeu devient alors d’exister, de faire entendre la spécificité rurale sans entrer dans une logique d’opposition. 

Car ces spécificités sont bien réelles. Sur le logement, la mobilité ou encore l’eau, les outils pensés pour des territoires plus urbains ne sont pas toujours adaptés. Chez nous, il ne s’agit pas simplement de rénover à la marge, mais parfois de réhabiliter entièrement des bâtiments, de répondre à des enjeux de maintien à domicile ou d’accès aux services dans des conditions très différentes. C’est cette “ruralisation” des politiques publiques qu’il faut encore approfondir. 

L’enjeu, finalement, c’est de faire comprendre à tous les niveaux que les territoires ruraux ne sont pas des marges, mais des composantes essentielles. Et que, là aussi, la coopération doit primer : non pas subir les équilibres, mais les construire, dans l’intérêt de tous. » 

Christelle Lorin

Maire de Digny (1 000 hab. & 4 000 ha.) en Eure-et-Loir (28)
Présidente de la Communauté de communes des Forêts du Perche (8 000 hab. & 15 communes)

Notre force, c’est notre taille humaine : on se connaît tous, les décisions vont vite et, surtout, personne ne se sent mis de côté.

 « Notre réalité, c’est qu’ici tout est rural ! La plus grande commune fait à peine 3 200 habitants. Donc la question de la représentativité ne peut pas être traitée en opposant un centre et une périphérie, mais en veillant à ce que tout le territoire existe dans la gouvernance. Nous avons fait ce choix très clairement dans l’exécutif : que toutes les communes soient représentées et que les plus importantes ne soient pas surreprésentées. La ville-centre n’a pas plus de place que les autres. L’idée, c’est de construire une dynamique collective. La communauté de communes est issue des communes : on n’est pas les uns contre les autres, mais les uns avec les autres. 

Nous avons aussi encouragé une forme de parité, non pas pour cocher une case, mais parce que cela correspond à la réalité du territoire et à l’engagement des élus. Aujourd’hui, il y a davantage de femmes maires, et cela se retrouve naturellement dans la gouvernance. Notre force, c’est aussi notre taille humaine : on se connaît tous, les décisions vont vite et, surtout, personne ne se sent mis de côté. Parce que l’enjeu est là : avec le transfert de compétences à l’intercommunalité, il faut absolument que le maire reste acteur, qu’il se sente utile. C’est lui qui fait le lien avec les habitants, qui explique ce qu’est l’intercommunalité et ce qu’elle apporte. 

Nous avons une vraie dynamique de territoire, avec des projets adoptés très largement, parce que nous prenons le temps de construire le consensus. Mais il ne faut pas se cacher les difficultés : nos moyens sont limités. Nous gérons un territoire vaste, avec peu d’habitants et des charges qui ne sont pas proportionnelles. Aujourd’hui, la ruralité est encore pénalisée par des critères trop centrés sur la population. Malgré cela, nous essayons d’être aussi attractifs que les autres, avec nos moyens, en restant fidèles à ce qui fait notre force : la proximité et le collectif. »  

Cyril Cibert

Maire de Chenevelles (430 hab. & 2 900 ha.) dans la Vienne (86)
Président de la Communauté d’agglomération Grand Châtellerault (82 000 hab. & 47 communes)

Tous les projets structurants sont présentés en conférence des maires, avec un principe simple : un maire = une voix.

« Nous sommes une agglomération de 82 000 habitants, dont plus de 50 000 vivent en ruralité, avec 45 communes rurales sur 47. À un moment, il faut regarder la réalité en face : nous sommes majoritaires. Et il n’y a aucune règle qui dit que la présidence doit revenir au maire de la ville-centre. Les maires ruraux en avaient assez de ce schéma implicite, alors nous avons décidé de faire autrement. 

Nous avons construit un pacte de gouvernance très clair : désormais, tous les projets structurants sont présentés en conférence des maires, avec un principe simple : un maire, une voix. Le maire concerné vient défendre son projet ; ensuite, il est travaillé en commission, et ce n’est qu’après qu’il est soumis au vote. Ça change tout : chacun est informé, chacun pèse dans la décision. J’ai aussi voulu rééquilibrer les responsabilités : une vice-présidence dédiée à la ruralité et au PLUI, pour que l’aménagement du territoire ne soit plus piloté uniquement depuis la ville-centre, et des délégués par bassin de vie pour recréer du lien de proximité et faire remonter les projets. L’enjeu, c’est que plus aucun maire ne découvre les décisions une fois qu’elles sont prises. 

L’intercommunalité ne doit plus être perçue comme une contrainte, mais comme un outil. Nous mettons en place une “brigade rurale” pour accompagner les communes en ingénierie ; nous simplifions les fonds de concours ; nous renforçons la solidarité financière, en prenant par exemple en charge les frais de transport des enfants vers les équipements. L’idée, c’est de donner les mêmes chances à toutes les communes. 

Mais attention : rééquilibrer, ce n’est pas opposer. J’ai tenu à ce que la maire de la ville-centre soit ma première vice-présidente, avec une place importante dans l’exécutif. On ne corrige pas une injustice en en créant une autre. Ce que je défends, c’est une gouvernance plus collective, plus transparente, qui part des communes et construit un véritable projet de territoire partagé. » 

36 000 COMMUNES – MAI 2026

LE JOURNAL DES MAIRES RURAUX

Mensuel de 24 pages, 36 000 Communes entend aider les maires ruraux à se tenir informés de l’actualité nationale en leur apportant une information précise et ciblée. Fidèle aux valeurs d’indépendance de l’AMRF, ce journal porte un regard critique sur l’actualité. Il a vocation à donner aux maires ruraux les outils pour influer sur les décisions qui concernent la ruralité.

Le journal est aussi un lieu d’échanges, rendant compte des actions menées par les maires ruraux dans leur commune ou dans leurs associations départementales. Tiré à plus de 15 000 exemplaires, il est adressé aux adhérents de l’AMRF ainsi qu’à tous les parlementaires, les Conseils généraux et les Conseils régionaux.



N°435 – Quand l’union fait la force

ÉDITO

John Billard, 
Secrétaire général de l’AMRF en charge de l’intérim de la Présidence

Le maire et le préfet

Le Maire, fin stratège en sa cité,

Veillait sur chaque rue, chaque marché.

Il connaissait les noms, les visages,

Les rêves, les espoirs, les petits orages.

Le Préfet, lui, plus haut, plus large en vue,

Tenait les rênes d’une région toute entière,

Avec sagesse et une main ferme,

Il unissait les forces, évitait les querelles.

Un jour, le Maire, soucieux et las,

Vint trouver le Préfet, l’air un peu embarrassé :

« Mon bon ami, lui dit-il en confidence,

J’ai tant de projets, mais manquent les finances.

Mes écoles, mes routes, mes champs à fleurir,

Ont besoin d’appui pour mieux grandir. »

Le Préfet, soucieux mais toujours serein,

Lui répondit d’un ton à la fois doux et certain :

« Cher Maire, ton labeur est noble et nécessaire,

Mais seul, tu ne peux tout porter.

Laisse-moi t’aider, car l’État, lui aussi,

A des ressources pour tes beaux soucis.

Ensemble, unissons nos mains et nos esprits,

Et nos villages en seront ravis. »

Ainsi, le Maire, sur le terrain,

Faisait germer les graines du lendemain.

Le Préfet, lui, par son art et son rang,

Trouvait les fonds, les lois, le bon changement.

L’un sans l’autre eussent peiné en vain,

Mais leur alliance fit le bien commun.

Moralité, amis, retenez ce point :

L’union fait la force, et c’est là le bon chemin.

John Billard
Secrétaire général de l’AMRF en charge de l’intérim de la Présidence

Ingénierie territoriale – Menace sur les CAUE : les maires ruraux refusent le démantèlement de l’ingénierie de proximité

Image mise en avant - Communiqué de presse

Alors que le réseau des Conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) alerte sur leur crise financière et le risque d’une suppression de postes sans précédent, l’Association des maires ruraux de France (AMRF) réaffirme son soutien à ces structures essentielles pour les communes et les habitants des territoires ruraux. La fragilisation de ce service public majoritairement gratuit constitue une perte majeure pour l’aménagement et la transition écologique au cœur de nos villages.

L’AMRF aux côtés des CAUE pour la pérennité du service public

Déjà cosignataire d’une tribune aux côtés de la fédération nationale des CAUE et des Départements de France à l’été 2025, l’AMRF constate avec regret que la situation n’a cessé de s’aggraver en un an. Rappelant que les premiers bénéficiaires en sont les élus et les administrés des territoires ruraux, l’association déplore l’absence de mesures concrètes pour empêcher le délitement de cette ingénierie locale, de proximité et en majorité gratuite – rare exemple d’équité territoriale. Un service public pourtant vital à l’heure où les maires ruraux sont en première ligne face aux défis de la crise climatique et la nécessité de repenser le développement urbanistique de leur village.

(…)

Qu’il s’agisse d’études préalables pour la commune ou de conseils gratuits aux particuliers avant le dépôt d’un permis de construire, le CAUE est le garant de la qualité de notre cadre de vie. Briser ce modèle, c’est priver les territoires ruraux de ressources pour construire et façonner les espaces, protéger le patrimoine et favoriser la transition écologique

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