LE JOURNAL DES MAIRES RURAUX
Mensuel de 24 pages, 36 000 Communes entend aider les maires ruraux à se tenir informés de l’actualité nationale en leur apportant une information précise et ciblée. Fidèle aux valeurs d’indépendance de l’AMRF, ce journal porte un regard critique sur l’actualité. Il a vocation à donner aux maires ruraux les outils pour influer sur les décisions qui concernent la ruralité.
Le journal est aussi un lieu d’échanges, rendant compte des actions menées par les maires ruraux dans leur commune ou dans leurs associations départementales. Tiré à plus de 15 000 exemplaires, il est adressé aux adhérents de l’AMRF ainsi qu’à tous les parlementaires, les Conseils généraux et les Conseils régionaux.
N°438 – Chiche, Madame von der Leyen ?

ÉDITO
John Billard, Secrétaire général de l’AMRF en charge de l’intérim de la Présidence
Chiche, Madame von der Layer ?
À la Rencontre des entrepreneurs de France (REF 2026), j’ai écouté Ursula von der Leyen énumérer les priorités européennes : réindustrialisation, intelligence artificielle, énergie, compétitivité. À chaque annonce, une même envie me traversait l’esprit : « Chiche ! ». Chiche de simplifier, chiche d’inclure, chiche surtout de penser les ruralités comme des leviers, et non comme des variables d’ajustement.
Car l’Europe ne se construira pas sans ses territoires. Une part des ressources, des talents et des solutions dont elle a besoin pour réussir ses transitions s’y trouve : réindustrialiser, se nourrir, se loger, développer de nouvelles activités, produire de l’énergie… Les ruralités ne demandent pas seulement à être prises en compte ; elles sont nécessaires aux ambitions européennes.
Pourtant, dans les discours, les ruralités peinent encore à trouver leur juste place. Comme si la compétitivité, l’innovation ou la souveraineté pouvaient se décréter sans celles et ceux qui, chaque jour, les incarnent sur le terrain.
Le Pacte rural et son « droit de rester » (« right to stay ») le reconnaissent : le droit de vivre et de réussir dans son territoire ne doit pas être un privilège. Logement, santé, mobilité, numérique… Autant de défis qui, s’ils ne sont pas relevés dans les campagnes, feront de l’Europe un projet incomplet.
Alors oui, parlons préférence européenne. Mais parlons aussi préférence territoriale : celle qui donne à chaque commune, à chaque bourg, les moyens de contribuer aux ambitions partagées. L’Europe a besoin de ses ruralités. Elle a besoin de ses élus. À nous de le lui rappeler.
John Billard
Secrétaire général de l’AMRF en charge de l’intérim de la Présidence

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