LE JOURNAL DES MAIRES RURAUX
Mensuel de 24 pages, 36 000 Communes entend aider les maires ruraux à se tenir informés de l’actualité nationale en leur apportant une information précise et ciblée. Fidèle aux valeurs d’indépendance de l’AMRF, ce journal porte un regard critique sur l’actualité. Il a vocation à donner aux maires ruraux les outils pour influer sur les décisions qui concernent la ruralité.
Le journal est aussi un lieu d’échanges, rendant compte des actions menées par les maires ruraux dans leur commune ou dans leurs associations départementales. Tiré à plus de 15 000 exemplaires, il est adressé aux adhérents de l’AMRF ainsi qu’à tous les parlementaires, les Conseils généraux et les Conseils régionaux.
N°432 – Quelle école demain ?

ÉDITO
Jean-Paul Carteret,
Président par intérim de l’AMRF
Quelle école demain ?
La baisse de la natalité rebat les cartes de la scolarisation en France. En milieu rural, elle frappe plus tôt, plus fort et plus durablement. Même si la fécondité y reste légèrement supérieure à celle des villes, elle ne compense ni le vieillissement ni les décès. Partout, les élus locaux s’interrogent. Comme les jeunes parents. Et c’est légitime.
Car après la santé, l’école est au cœur des préoccupations des habitants. Où seront accueillis les tout-petits ? Où iront les enfants de la maternelle au primaire ? À quelle distance, dans quelles conditions, avec quels services autour ? Ces questions dépassent la seule organisation scolaire : elles engagent l’avenir même de nos communes.
Soyons clairs : l’école est LE levier structurant de l’aménagement du territoire. Là où elle disparaît, les familles hésitent, les services reculent, la vie locale s’étiole. Là où elle tient, elle définit un territoire de vie : c’est là que les enfants se retrouvent, apprennent et grandissent ensemble, font société et créent ce lien intergénérationnel si précieux avec les parents et les grands-parents, tout en attirant d’autres services.
Nous sommes à un tournant. Face à la baisse des effectifs, la tentation est grande d’appliquer une logique purement comptable. Ce serait une erreur stratégique. L’Éducation nationale ne peut durablement raisonner à la calculette sans mesurer les conséquences territoriales de ses décisions. Les maires ruraux, eux, en assument chaque jour la responsabilité.
Cela ne signifie pas refuser toute évolution. Les regroupements pédagogiques et les territoires éducatifs ruraux peuvent être des solutions, à condition d’être construits dans la concertation, avec une répartition claire des rôles entre communes. Bien pensés, ils peuvent préserver l’attractivité de chacune d’entre elles et garantir une offre éducative de qualité.
Mais l’école rurale de demain ne se limite pas aux murs de la classe. Les communes assurent déjà l’accueil périscolaire, le temps du midi, les activités éducatives. Cette continuité doit être reconnue. Pour être pleinement attractive, l’école rurale doit aussi intégrer la petite enfance, service décisif pour l’installation des jeunes familles.
Les échanges récents avec le ministère et la convention signée par l’AMRF vont dans le bon sens. Encore faut-il les décliner concrètement, département par département, au plus près des réalités locales.
Car l’école rurale ne se décrète pas depuis Paris : elle se construit sur le terrain, avec les élus. Nous y sommes prêts !
C’est cette école-là que nous défendons. Une école qui n’oppose pas efficacité et proximité. Une école pensée comme un pilier de l’aménagement du territoire. Une école pour l’avenir de nos communes.
Jean-Paul Carteret
Président par intérim de l’AMRF

