Commune : Montclar
Département : Aveyron
Code commune : 12 149
Population : 126 hab.
Superficie : 280 ha.

DESCRIPTION DU PROJET
Thème : Santé
Résumé du projet : Le dispositif de télé-expertise Skin Med, mis en place par la commune, a été créé pour faciliter le dépistage des lésions cutanées suspectes. Il permet à des infirmières de réaliser des clichés de ces lésions et de les transmettre à distance à un dermatologue.
Contexte : Dans un territoire rural où l’accès aux spécialistes peut être difficile, la commune souhaite proposer une solution de proximité pour faciliter le dépistage des cancers de la peau. Le dispositif répond notamment aux difficultés rencontrées par les personnes âgées ou celles qui ne peuvent pas facilement se déplacer.
Objectifs : Réduire les délais d’accès à une expertise dermatologique, favoriser la détection précoce des lésions suspectes, faciliter le parcours de soins des habitants et proposer une solution adaptée aux personnes avec des difficultés de mobilité.
LE PROJET EN DÉTAIL
Déroulement : Le projet a commencé à être envisagé avant les élections municipales de 2025, après que la maire Marina Vidal-Condomines a pris connaissance d’une expérimentation menée en Dordogne. La commune a ensuite travaillé pendant environ un an à l’adaptation du dispositif aux besoins d’une petite collectivité. Elle a notamment échangé avec la CPAM et l’Agence régionale de santé (ARS) afin de présenter le fonctionnement du projet et de préciser les modalités de prise en charge. La signature du dispositif est intervenue récemment et son lancement opérationnel est prévu à partir de septembre 2026.
Année de réalisation : 2025
Durée de réalisation du projet : Environ un an de préparation et d’adaptation.
Coût financier : La commune finance les licences nécessaires au fonctionnement du dispositif, pour environ 228 euros par mois. Le projet plus large de téléconsultation et d’équipement envisagé par la commune représente environ 75 000 euros. Des demandes de subventions ont été déposées auprès de l’État, du Département et de la Région.
Ingénierie : Commune de Montclar, infirmières libérales, dermatologues, CPAM et ARS.
Cofinancement : Aucun pour l’instant.
Partenaires mobilisés : CPAM, ARS, infirmières libérales, dermatologues.
POUR ALLER PLUS LOIN
Résultats attendus : Faciliter l’accès au dépistage des lésions cutanées suspectes et, à terme, étendre le dispositif à d’autres communes de l’Aveyron.
Difficultés rencontrées : Mettre en place un dispositif encore peu développé dans les communes, convaincre les professionnels de santé de participer, dégager du temps pour les infirmières libérales, coordonner les différents acteurs et obtenir les financements nécessaires.
CONTACT
Nom du maire : Marina Vidal Condomines
Téléphone mairie :
05 65 99 75 06
Adresse e-mail mairie : mairie.montclar@wanadoo.fr
Site internet de la commune : mairie.montclar@wanadoo.fr
Le conseil du Maire :
« Être tenace, prendre son mal en patience et aller jusqu’au bout : c’est une très bonne initiative pour les administrés. »

Dans l’Aveyron, la commune de Montclar, qui compte 126 habitants, a misé sur la télé-expertise Skin Med pour faciliter l’accès au dépistage des cancers de la peau de ses administrés. L’objectif : favoriser la détection précoce des lésions suspectes et réduire les délais d’accès, souvent très longs, à une expertise dermatologique.
Pour Marina Vidal-Condomines, maire de la commune, l’objectif est d’abord de répondre à une difficulté concrète rencontrée par les habitants : l’accès aux spécialistes. Selon elle, le délai pour obtenir un rendez-vous chez un dermatologue peut atteindre douze mois.
Le fonctionnement de Skin Med repose sur une organisation entre plusieurs professionnels de santé. Les infirmières, qui peuvent être libérales ou salariées d’une autre structure, ne sont pas employées par la mairie. Elles disposent d’une licence nominative financée par la commune et réalisent les clichés des lésions cutanées à l’aide d’un équipement adapté. Ces images sont ensuite transmises à un dermatologue, qui les analyse à distance.
Les infirmières peuvent accueillir les patients dans leur cabinet ou se rendre directement à leur domicile, notamment pour les personnes qui ne peuvent pas se déplacer. La commune souhaite ainsi proposer une solution qui puisse aller « jusqu’au chevet des patients ». Les professionnels sont rémunérés pour les consultations réalisées dans le cadre du dispositif, avec une rémunération estimée entre 10 et 12 euros pour les infirmières selon les modalités de consultation. Les pharmacies participant au dispositif peuvent également percevoir une rémunération.
Pour les habitants qui rencontrent des difficultés avec les outils numériques, les agents municipaux peuvent prendre directement rendez-vous pour eux au sein du MISS (la Maison Info Service Solidaire). Des rappels sont ensuite envoyés afin de limiter les rendez-vous manqués. Une fois les clichés transmis, le dermatologue peut orienter le patient lorsque la lésion nécessite une prise en charge complémentaire. Ainsi, en cas de suspicion de cancer, le patient peut être orienté vers des établissements hospitaliers, notamment en Haute-Garonne, dans le Tarn ou dans l’Hérault.
Un projet qui a commencé à prendre forme avant les élections municipales de 2025, lorsque Marina Vidal-Condomines a pris connaissance d’une expérimentation menée en Dordogne. La commune s’est ensuite rapprochée des différents acteurs de santé afin d’étudier la possibilité de transposer le dispositif à Montclar. Son adaptation a nécessité environ un an de travail. « Le projet a été pensé en un mois, mais l’adaptation a pris un an », explique la maire. La collectivité a notamment dû échanger avec la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) et l’Agence régionale de santé (ARS) et présenter le dispositif lors de réunions en visioconférence.
Le caractère novateur du projet a également suscité certaines craintes chez les professionnels de santé, notamment la peur que la télé-expertise puisse remplacer leur travail. Pour la municipalité, l’objectif est au contraire de compléter l’offre existante et de faciliter l’accès à un spécialiste. « C’est difficile de mettre en place un tel projet car il y a une barrière entre la mairie et les professionnels de santé », constate Marina Vidal-Condomines.
Le respect du parcours de soins coordonné et la protection des données médicales ont notamment constitué des points de vigilance. « Il faut répondre à un parcours de soins coordonné, faire attention aux fuites de données », insiste la maire.
Le financement représente également un enjeu pour une commune de cette taille. Montclar prend en charge les licences nécessaires au fonctionnement du dispositif, pour un coût d’environ 228 euros par mois. L’ensemble du projet est aujourd’hui estimé à environ 75 000 euros.
Le projet doit toutefois encore trouver son rythme de fonctionnement. Deux infirmières libérales sont actuellement susceptibles de participer, mais leur activité professionnelle leur laisse difficilement une demi-journée par semaine disponible pour Skin Med. La commune prévoit donc un véritable lancement du dispositif à partir de septembre 2026. Cette expérimentation s’inscrit dans une démarche plus large menée par la municipalité autour de la téléconsultation.
Cette petite commune de l’Aveyron, avait également candidaté à un dispositif France 2030 consacré aux équipements de téléconsultation. Sur environ 800 communes candidates, 80 avaient été sélectionnées pour bénéficier d’un dispositif comprenant notamment un équipement de téléconsultation. La commune devait accueillir un « box » permettant d’accéder à des téléconsultations sept jours sur sept, mais le retrait de l’État du projet a remis en cause cette partie du dispositif.
Publié le 14 août 2026













