Commune : Colomieu
Département : Ain
Code commune : 01110
Population : 160 hab.
Superficie : 600 ha.

DESCRIPTION DU PROJET
Thème : Transition écologique
Résumé du projet : La commune de Colomieu a engagé un projet d’hydrologie régénérative visant à restaurer le cycle local de l’eau, favoriser son infiltration, ralentir son écoulement et renforcer la résilience du territoire face aux épisodes de sécheresse et d’inondation. Le projet repose sur plusieurs aménagements : renaturation d’une zone humide, végétalisation d’espaces publics, création de mares, plantations de haies et travaux de régénération de rivière selon des méthodes « low-tech » fondées sur les processus naturels, qui privilégient des techniques utiles, durables et accessibles.
Contexte : Depuis plusieurs années, des habitants et élus de la commune travaillent sur les questions liées à l’eau au sein de l’association Eau Bien Commun Bugey Sud. Les épisodes de sécheresse, la canicule de 2022, les problèmes de ruissellement et les dégradations observées sur le cours d’eau local ont conduit la commune à s’intéresser à l’hydrologie régénérative.
Objectifs : Restaurer le cycle local de l’eau, restaurer des milieux naturels dégradés, ralentir le cheminement de l’eau et sensibiliser les habitants aux enjeux de l’eau et du climat.
LE PROJET EN DÉTAIL
Déroulement : Le projet est né en 2022 avec la création d’une commission climat ouverte aux citoyens à Colomieu. Après avoir présenté les principes de l’hydrologie régénérative, la commune a fait réaliser un diagnostic en mars 2023. Celui-ci a conduit au dépôt d’une candidature à l’Appel à manifestation d’intérêt (AMI) de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse. Lauréate fin 2023, la commune a ensuite mené une phase d’études avant d’engager les travaux sur plusieurs sites du village.
Année de réalisation : 2026
Durée de réalisation du projet : Le projet s’étend sur quatre ans, de son lancement en 2022 jusqu’à la fin prévue en décembre 2026. Il comprend environ un an d’études, suivi de deux ans de travaux, auxquels s’ajoute une phase de préparation et de montage du projet.
Coût financier : 435 000 euros hors taxes mais avec les coûts supplémentaires, la TVA et l’ensemble des dépenses, le projet est aujourd’hui estimé à environ 535 000 €.
Ingénierie : Commune de Colomieu, l’association Pour une Hydrologie Régénérative (PUHR), l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, la Communauté de communes Bugey Sud (via son service GEMAPI), ainsi que les associations Eau Bien Commun Bugey Sud et SEN. Ces différents acteurs ont accompagné la conception, le suivi technique et la mise en œuvre du projet.
Cofinancement : L’Agence de l’eau s’est engagée à financer 70 % des travaux sur un montant hors taxes estimé à 435 000 €. Le Département finance 10 %. Pour les 20 % restants le Crédit Agricole a accordé 15 000 €, le fonds MAIF pour le vivant finance 100 000 € et la Compagnie Nationale du Rhône finance 77 000 €.
Partenaires mobilisés : L’agence de l’eau, le département, la MAIF, le Crédit Agricole, le conservatoire d’espaces naturels Rhône-Alpes, la Communauté de communes Bugey Sud.
POUR ALLER PLUS LOIN
Résultats attendus : Améliorer la gestion locale du cycle de l’eau en favorisant l’infiltration des eaux pluviales, en limitant les risques d’inondation et de sécheresse, tout en créant un projet reproductible par d’autres collectivités.
Difficultés rencontrées : Devoir expliquer à des collectivités le concept d’hydrologie régénérative encore peu répandu en France. Initialement, la communauté de communes Bugey Sud ne souhaitait pas être partenaire du projet ; c’est l’Agence de l’eau qui l’a finalement poussée à collaborer.
CONTACT
Nom du maire : Gilles Borgey
Téléphone mairie :
04 79 81 09 86
Adresse e-mail mairie : mairie.colomieu@wanadoo.fr
Site internet de la commune :
http://www.colomieu.fr
Le conseil du Maire :
« Chaque commune doit observer son territoire et
identifier les dysfonctionnements avant de construire son projet car aucun projet ne peut être identique d’une commune à l’autre. »

Dans l’Ain, le maire de Colomieu, Gilles Borgey, a lancé en 2022 un projet d’hydrologie régénérative afin d’agir localement sur le cycle de l’eau fragilisé par des épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents. L’hydrologie régénérative est une méthode qui vise à restaurer les cycles naturels de l’eau douce en modifiant l’aménagement des paysages. L’objectif : Favoriser l’infiltration de l’eau dans les sols, ralentir son écoulement et renforcer la résilience du territoire face aux sécheresses comme aux inondations.
En septembre 2022, le maire a décidé d’ouvrir les commissions municipales aux habitants et de créer une commission climat afin de poursuivre les travaux déjà engagés par l’association Eau Bien Commun Bugey Sud. Maryse Perrier Borgey, membre de l’association et épouse du maire, y a pris part afin de défendre une approche globale de la gestion de l’eau. « C’est aussi à ce moment-là qu’a été créée l’association Pour une Hydrologie Régénérative (PUHR). J’ai présenté les vidéos de leurs tables rondes à la commission climat. Il n’en a pas fallu plus pour qu’ils comprennent l’importance de travailler sur les cycles de l’eau localement notamment après l’été 2022 et la canicule », explique Maryse.
Le conseil municipal, sur proposition de la commission climat a, par la suite, voté un diagnostic en hydrologie régénérative qui s’est déroulé en mars 2023, puis un deuxième dossier a été déposé en octobre 2023. Après la phase d’étude, en 2024, la commune a dû estimer le coût de ce projet à l’Agence de l’eau pour qu’elle puisse prévoir les financements adaptés.
Initialement, l’Appel à Manifestation d’Intérêt était prévu sur deux ans à partir de la fin des études qui se sont terminées en décembre 2024. Un an d’étude et deux ans de travaux. « On a trouvé que c’était vraiment court », reconnaît Maryse Perrier Borgey, qui souligne également l’ampleur du travail : négociations avec les propriétaires, montage des dossiers de financement, suivi des chantiers, réunions publiques, maîtrise d’œuvre ou encore bilans financiers.
Toutefois, Maryse reconnait que la commune n’aurait pas pu porter ce projet d’ampleur sans soutiens financiers : « Simon Ricard, cofondateur de PUHR, m’a parlé d’un appel à manifestation d’intérêt de l’Agence de l’eau. Nous avons déposé une note d’intention au 30 avril [de la même année] et nous avons été présélectionnés. Nous avons été lauréats en décembre. », explique-t-elle. Elle rappelle également que le montage des premiers dossiers n’a pas été simple : « Beaucoup pensaient qu’on n’y arriverait pas. On a dû chercher de l’aide auprès de PUHR pour structurer les dossiers. »
Avec son projet d’hydrologie régénérative, la commune de Colomieu devient ainsi l’une des collectivités pilotes. Le projet est mené conjointement avec les cinq autres collectivités retenues dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt, tandis que l’association Pour une Hydrologie Régénérative (PUHR) assure le suivi scientifique des aménagements et l’accompagnement des démarches citoyennes.
Toutefois, Maryse reconnait que la commune n’aurait pas pu porter ce projet d’ampleur sans soutiens financiers : « Simon Ricard, cofondateur de PUHR, m’a parlé d’un appel à manifestation d’intérêt de l’Agence de l’eau. Nous avons déposé une note d’intention au 30 avril [de la même année] et nous avons été présélectionnés. Nous avons été lauréats en décembre. », explique-t-elle. Elle rappelle également que le montage des premiers dossiers n’a pas été simple : « Beaucoup pensaient qu’on n’y arriverait pas. On a dû chercher de l’aide auprès de PUHR pour structurer les dossiers. »
Avec son projet d’hydrologie régénérative, la commune de Colomieu devient ainsi l’une des collectivités pilotes. Le projet est mené conjointement avec les cinq autres collectivités retenues dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt, tandis que l’association Pour une Hydrologie Régénérative (PUHR) assure le suivi scientifique des aménagements et l’accompagnement des démarches citoyennes.
« Au départ, nous avions prévu de nombreux aménagements. L’Agence de l’eau nous a demandé de nous concentrer sur trois sites », explique Maryse. Le premier concernait le centre du village : une place très minérale dépourvue d’arbres et une ancienne zone humide détruite lors de l’installation d’une poche incendie. Le deuxième concernait une zone soumise au ruissellement afin de créer des dispositifs favorisant l’infiltration avant que l’eau n’arrive plus bas. Le troisième concernait la plaine et la rivière, avec un travail mené en collaboration avec la compétence gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations (GEMAPI) de la Communauté de communes Bugey Sud. Les aménagements reposent sur une approche dite « low-tech » fondée sur les processus naturels, qui privilégient des techniques utiles, durables et accessibles avec, notamment, des plantations d’arbres et l’installation de structures en bois dans la rivière afin de ralentir le cheminement de l’eau et favoriser son infiltration dans les sols et la nappe phréatique.
Sur un montant estimé à 435 000 €, l’Agence de l’eau a aidé à financer à hauteur de 70 % et le département 10 %. Pour les 20 % restants : Le Crédit Agricole a accordé 15 000 €, le fonds MAIF pour le vivant finance 100 000 € et la Compagnie Nationale du Rhône a aidé à financer à hauteur de 77 000 €.
Avec les coûts supplémentaires, la TVA et l’ensemble des dépenses, le projet est aujourd’hui estimé à environ 535 000 €.
Au-delà des aménagements, l’ambition de la commune est de démontrer qu’il est possible d’agir localement sur les cycles de l’eau. « Nous ne pensions pas régénérerle cycle de l’eau à nous seuls, mais montrer ce qu’on peut faire afin que cela puisse être reproduit ailleurs », souligne Maryse Perrier Borgey. L’idée d’essaimage faisait d’ailleurs partie des objectifs du projet.
Les premiers résultats sont déjà visibles. Une ancienne zone très minérale a été transformée en mare où grenouilles et insectes sont revenus. Sur la place du village, des arbres ont été plantés et les eaux pluviales d’un quartier sont désormais infiltrées grâce à un jardin de pluie au lieu d’être rejetées directement dans la rivière. Les eaux de ruissellement sont également récupérées dans des noues, des fossés et des mares temporaires, tandis que quatre rangées de haies ont été plantées dans la plaine afin de ralentir le cheminement de l’eau et favoriser son infiltration. Selon Maryse Perrier Borgey, ces aménagements ont déjà permis de limiter fortement les inondations : « Il n’y en a même pas eu au niveau du village malgré les fortes pluies. »
Si les effets complets de ces travaux ne pourront être mesurés que sur le long terme, le projet suscite déjà l’intérêt d’autres collectivités. « Aujourd’hui, des communes viennent nous voir pour comprendre notre démarche. C’est exactement ce que nous voulions », se réjouit le maire.


Publié le 29 juillet 2026
