LE JOURNAL DES MAIRES RURAUX
Mensuel de 24 pages, 36 000 Communes entend aider les maires ruraux à se tenir informés de l’actualité nationale en leur apportant une information précise et ciblée. Fidèle aux valeurs d’indépendance de l’AMRF, ce journal porte un regard critique sur l’actualité. Il a vocation à donner aux maires ruraux les outils pour influer sur les décisions qui concernent la ruralité.
Le journal est aussi un lieu d’échanges, rendant compte des actions menées par les maires ruraux dans leur commune ou dans leurs associations départementales. Tiré à plus de 15 000 exemplaires, il est adressé aux adhérents de l’AMRF ainsi qu’à tous les parlementaires, les Conseils généraux et les Conseils régionaux.
N°437 – Eau secours

ÉDITO
John Billard, Secrétaire général de l’AMRF en charge de l’intérim de la Présidence
Eau secours
Au début de mon premier mandat, en 2008, un journaliste m’avait demandé quel serait, selon moi, le grand défi des années à venir. J’avais répondu sans hésiter : l’eau. À l’époque, je pensais surtout à sa distribution. Aujourd’hui, une autre question s’impose : serons-nous encore capables d’en garantir durablement sa qualité, sa disponibilité et son partage ?
Les maires connaissent cette responsabilité mieux que quiconque. Quand l’eau manque, quand un captage est menacé, lorsqu’une pollution apparaît ou qu’une canicule impose des restrictions, ce n’est pas vers l’État que les habitants se tournent. C’est vers leur maire. Et leurs interrogations sont légitimes : qualité de l’eau, présence de pesticides, hausse des prix… Toutes ces préoccupations remontent aujourd’hui jusqu’à nos mairies.
Dès lors, comment ne pas s’inquiéter des débats récents au Sénat autour du projet de loi d’urgence agricole ? Les collectivités, qui portent cette responsabilité devant leurs habitants, verraient leur place fragilisée dans certaines instances de gouvernance de l’eau, alors même qu’elles continueraient d’assumer, en dernier ressort, les conséquences politiques, financières et sanitaires des décisions prises. Ce paradoxe mérite, à tout le moins, d’être questionné.
Ne nous trompons pas de débat. L’agriculture, dans nos communes, demeure souvent la première activité économique, façonne nos paysages et participe de notre souveraineté alimentaire. Lors des échanges de notre Assemblée générale les Maires ruraux ont émis le souhait de réinvestir pleinement ces questions, avec les agriculteurs et non contre eux.
Mais soutenir l’agriculture ne peut pas signifier affaiblir la gestion collective de l’eau. Ce serait une erreur, y compris pour les agriculteurs eux-mêmes. La première urgence est sans doute de mieux rémunérer celles et ceux qui nous nourrissent, de développer des filières alimentaires de proximité, d’accompagner les transitions et de préserver une gouvernance capable de concilier tous les usages de l’eau.
Car l’eau est un bien commun. Elle ne peut appartenir ni à un secteur, ni à une administration, ni à une catégorie d’usagers. Elle appelle au dialogue, à l’équilibre et à la responsabilité. Ayons collectivement ce courage !
John Billard
Secrétaire général de l’AMRF en charge de l’intérim de la Présidence

