Edito de Vanik Berberian, Président de l’AMRF [36000 Communes]

Rédiger un éditorial pour votre mensuel préféré n’est jamais simple. C’est un exercice délicat ne serait-ce que dans le choix du thème. Le contexte exceptionnel dans lequel nous nous trouvons le rend encore plus difficile et je serais plutôt enclin au silence.

Que dire, sans risque de tomber dans la facilité du grandiloquent « appel au nouveau monde » ou dans la critique insignifiante du « ils auraient dû – y a qu’à faut qu’on ». Les réseaux sociaux vomissent à l’envi des commentaires de canapés et les plateaux télés ne sont pas en reste grâce aux éternels experts en tout, qui délivrent avec suffisance des messages souvent contradictoires.

Il me semble que dans cet imbroglio généré par l’incertitude pour ne pas dire l’angoisse, et l’inexpérience face à ce type de situation inédite, c’est le rapport de nos sociétés au temps (chronos) qu’il faut reconsidérer. Et pas seulement dans l’hexagone ou en Europe mais sur notre petite planète, tant les systèmes sont intrinsèquement liés.

En ce qui nous concerne, après les 30 glorieuses, nous aurons connu les 30 foireuses qui nous conduisent là où nous sommes. Espérons que les 30 prochaines soient réellement porteuses.

Porteuses d’une prise de conscience que la redéfinition de la hiérarchie des valeurs s’impose à tous. Valeurs et donc action, qu’elle soit politique, économique, financière, sociale, environnementale, culturelle et forcément éducative. Rien ne nous sera épargné.

Pour l’instant la priorité est à l’action afin d’éviter le pire. Ne sommes-nous pas sur une ligne de crête étroite avec d’un côté un abîme profond et de l’autre, la dernière chance de s’en sortir ?

Si le pire est devant nous, alors il faut agir, réagir comme nous le faisons tous à notre échelle, à notre niveau de responsabilité.

Comment ne pas être émerveillé par le fait qu’en quelques jours, la France soit devenue un immense atelier de confection de masques ? Preuve s’il en est de notre capacité de résilience.

Or, si cette réactivité est plutôt bon signe, elle est sans doute insuffisante pour ébranler les fondamentaux qui inévitablement, si nous n’y prenons garde, nous conduiront à l’impasse.