Edito de Vanik Berberian, Président de l’AMRF [36000 Communes]

Édito de Michel Fournier, 1er Vice-président de l’AMRF

La Ruralité déconfinée !

Depuis des dizaines d’années, la Ruralité était confinée à un rôle majeur dans les politiques de l’oubli, de la condescendance et parfois du mépris !

En fait, celle-ci ne pouvait être que l’image d’une certaine pauvreté territoriale, d’un mouroir et au mieux d’une économie et d’un mode de vie liés à la seule agriculture.

Faire fi d’une population représentant 30 % de notre pays sur plus de 80 % de son territoire ne gênait en aucune façon les décideurs nationaux, gangrénés par une pensée unique, urbaine, suburbaine et mieux encore métropolitaine !

Et puis, divers mouvements se firent jour : une révolte silencieuse des élus
de ces territoires ; une prise en compte de la nécessité d’un mieux vivre,
d’un mieux consommer, d’un mieux habiter, d’un mieux respirer, etc.

De plus, le sentiment d’abandon à la modernité des zones rurales et le rejet
d’un pouvoir politique éloigné du quotidien déclenchèrent une prise de conscience caractérisée par le mouvement dit des gilets jaunes accompagné parfois de ses violences.

Les responsabilités des élus de proximité ont été révélatrices de l’obligation de s’appuyer sur eux, en fait, sur NOUS, Élus Ruraux ! Cela a permis de désamorcer, peut être pour un temps, « l’écroulement » de notre démocratie. Dans ce sauvetage, notre association y a pris toute sa place. En effet, ce ne fut en aucun cas un acte de soumission mais plutôt l’affichage de cette « force tranquille » mise en exergue dans un autre temps…

Fort de cette reconnaissance et renforcé « par l’apparition de la pandémie Covid-19 », chacun a pu mesurer le rôle fondamental de l’identité COMMUNE. Tant décriée auparavant, celle-ci est encore une fois apparue comme la meilleure réponse aux besoins de solidarité, de proximité et d’équité du peuple français !

Nos Ruralités sont bien vivantes et justement revendicatives !

La nomination d’un secrétaire d’État à la Ruralité, sous l’autorité de la ministre de la Cohésion des Territoires, est la preuve que les pressions exercées par l’AMRF ont été payantes.

Il n’y aura pas de « miracle rural » lié à cette nomination et notre combat doit se poursuivre sans relâche dans un esprit de vigilance mais aussi de
co-construction.

Cela doit être l’ambition de cette nouvelle mandature et c’est notre devoir de déconfinés !

Michel Fournier,

Pour le CA de l’AMRF