Edito de Vanik Berberian, Président de l’AMRF – Mars 2018

C’EST MAINTENANT OU JAMAIS !

Il ne sera pas dit que ce Grand débat a été accueilli par le mépris de nos concitoyens. Bien au contraire. Il aura été le fruit d’une très forte mobilisation.

C’est dire si les Français sont en demande et plus encore, en exigence. Les maires ruraux l’avaient déjà compris en invitant leurs collègues à mettre à disposition les cahiers de doléances et de propositions se positionnant ainsi, dès le début, du côté des citoyens responsables qui considèrent qu’il vaut mieux dire clairement les choses plutôt que ronchonner dans le vide ou seul devant son miroir.

C’est dire si cette mobilisation engage dès maintenant et sans aucune ambiguïté le gouvernement et sa majorité.

Lucides, nous savons bien que toutes les satisfactions ne pourront être données d’autant que les contradictions ou les oppositions jalonnent les contributions.

« En même temps », il ne peut être question d’esquiver plus longtemps certaines exigences légitimes comme l’amélioration pérenne du pouvoir d’achat ou la répartition plus juste des efforts demandés et des richesses engrangées.

Les motivations à l’origine du mouvement des gilets jaunes sont à considérer très sérieusement. Elles doivent impérativement trouver une, voire des réponses.

Pour autant, les dérives que sont les développements violents, les destructions de biens publics ou privés, les agressions verbales et physiques, les intimidations et insultes envers les élus et les forces de l’ordre sont inacceptables et indignes des mobilisations de la première heure. Au contraire, elles les desservent et les discréditent.

Mais pour rester strictement dans le périmètre de l’objet statutaire de notre association qu’est l’AMRF, le gouvernement doit :

– donner maintenant des signes tangibles de sa prise de conscience de la gravité de la situation et de sa volonté de corriger la trajectoire depuis longtemps engagée, d’affaiblissement de la commune et qui conduit inévitablement à sa liquidation. Autant dire que parler des « irritants » de la loi NOTRe est bien en deçà de la réalité.

– suspendre par un moratoire immédiat toutes fermetures en cours de services publics avant d’engager avec les élus et les citoyens, un pacte solennel et refondateur de rénovation, d’adaptation, de modernisation des services publics.

– engager avec force, outils et conviction, en collaboration avec les acteurs de la Ruralité, la définition d’un agenda rural comprenant des objectifs, des moyens et un calendrier, permettant à ces territoires trop longtemps négligés de retrouver un sens et une fonction utile dans la transformation du Pays.

Pour tout cela, l’Association des maires ruraux de France est prête à poursuivre et même à décupler ses engagements. Aussi, ses adhérents invitent tous les élus militants qui souhaitent s’engager pour cette belle et grande cause nationale, à les rejoindre, sans délai.