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Editorial de Vanik Berberian publié dans le dossier de presse accompagnant la sortie de l'édition 2011 de Paroles d'élus.



L'AMRF a mené cet été, en partenariat avec RuraliTIC, une enquête auprès des maires ruraux sur le très haut débit. Les quelques 2000 réponses à cette sollicitation par mail portent plusieurs enseignements. Le premier d'entre eux est la confirmation de la prise de conscience par les maires des enjeux de l'aménagement numérique du territoire. Elle se manifeste par le fort taux de réponse (10%) à un questionnaire adressé pourtant en plein mois de juillet.

Ayant saisi l'enjeu, les maires ruraux manifestent leur impatience dans leurs réponses pour éviter que la fracture numérique ne se creuse : près de 95 % de l’échantillon considère que l’arrivée du très haut débit dans leur commune doit être possible au plus tard dans les cinq ans à venir. Bien avant l’objectif fixé par l’État d'une couverture en très haut débit de « 100 % des foyers en 2025 » ! Les maires ruraux ont une vision très claire des usages possibles et souhaités de ce réseau très haut débit : sa mise en place arrive très largement en tête des priorités d’investissements, respectivement devant l’école, le réseau routier, la téléphonie mobile et la construction de maison médicale. C'est l’investissement prioritaire au service de l’économie et de l'emploi. Il est clair pour les maires ruraux que cette technologie impacte et traverse tous les domaines de l’activité humaine, qu’elle soit économique et sociale.

Il convient donc de lutter contre les préjugés qui portent sur le monde rural lorsqu'il est question de numérique. J'étais confiant sur la nature des résultats, mais j'avoue que l'ampleur de la mobilisation a dépassé mes espérances. J'abordais cette question des idées reçues dans le courrier qui accompagnait le questionnaire : "Certains font l’hypothèse que le monde rural peut encore se passer du très haut débit à la différence des habitants des villes qui auraient un besoin immédiat. D’autres pensent, faute de vision précise, que les « ruraux » peuvent attendre, que les besoins de se connecter dans de bonnes conditions pour exercer une activité économique, un loisir, accéder à des services, ou entretenir à distance des échanges avec ses amis, sa famille, ne sont pas dans ce qui les préoccupe."

L’enquête de l’été a donc fort utilement clarifié les choses. L’objectif est maintenant de traduire l’urgence exprimée en une stratégie ambitieuse de couverture numérique pour l’ensemble du territoire et, bien entendu, dans la recherche des financements adéquats.

C’est dans cet esprit qu’à l’occasion de notre congrès national en octobre 2011, les maires ruraux réunis en assemblée générale ont adopté une motion dont le titre à lui seul place le niveau de nos espoirs : "Le très haut débit pour tout le territoire : une grande cause nationale".

Vanik Berberian,
président de l'AMRF