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Il y a 40 ans, des maires ruraux refusant le fait accompli décidaient de s’unir contre la fusion autoritaire des communes. Animé par une vision centralisatrice et technocratique de l’aménagement du territoire, le pouvoir de l’époque justifiait maladroitement sa funeste intention au regard d’une ruralité en mutation et en baisse démographique.

Les fondamentaux de la fédération nationale des maires ruraux une fois posés, l’association s’est développée accueillant au fil des ans, non pas de simples sympathisants ou adhérents, mais de véritables militants de la ruralité, convaincus que l’échelon communal est le pivot par excellence d’une vie démocratique vivante. Pour autant, défendre le niveau communal ce n’est pas uniquement préserver une administration locale au motif qu’elle rendrait des services de proximité, aussi nécessaires soient-ils. Non, défendre le niveau communal c’est aussi défendre cette spécificité française qu’est notre organisation spatiale, fruit de sa géographie, fruit de son histoire.

Cet engagement de tous les jours ne faiblit pas, bien au contraire, et parce qu’agir n’empêche heureusement pas de réfléchir, très vite les maires ruraux ont senti la nécessité d’écrire pour témoigner aux yeux de tous - administrations, élus locaux et nationaux - du sens de leur investissement, de leur vision de l’aménagement du territoire, de tout ce qui leur semble indispensable à une bonne politique, au sens propre du terme. C’est Pierre-Yves Collombat, Premier vice-président, qui tiendra le crayon pour la FNMR qui publie en octobre 1994 ce que nous appelons communément, sans qu’il soit besoin de préciser davantage « le Manifeste ». Un document synthèse d’une ambition partagée pour le territoire, un document de référence où tous les aspects à considérer sont pris en compte. Ni livre de recettes ni livre de bord, c’est avant tout un recueil de perspectives.

Aujourd’hui, à l’occasion des 40 ans de l’AMRF, nous avons tout simplement souhaité rééditer ce document de référence pour son acuité, sa pertinence et pour sa clairvoyance. Vous le constaterez, il n’a pas pris une ride, malgré un paysage institutionnel en pleine interrogation et une ruralité en pleine mutation. Rien n’est à changer, pas une ligne, même dans la préface du président du moment notre ami François Paour.

Certains politiques en panne d’idées feraient bien de s’en inspirer, dans l’intérêt du pays.