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Riche de ces 11 371 communes disposant d’un patrimoine forestier, la France est un des pays où l’histoire et la tradition forestière sont les plus fortes. Cet atout doit être préservé à l’aune des enjeux planétaire d’équilibre entre milieux naturels ou en production et critères financiers à l’échelon local et national pour en assurer une gestion dynamique.

La création en 1964 de l’ONF répondait déjà à une logique de gestion patrimoniale en assurant la gestion des forêts domaniales et publiques relevant du « Régime forestier », ainsi que la réalisation de missions d'intérêt général confiées par l'Etat.

Les communes rurales ont toujours tiré de cette organisation un bénéfice à la fois social et économique. Nous devons nous inspirer de cette histoire à l’heure où l’enjeu climatique devient évident aux yeux de tous. Mais les forestiers le savent bien, cette réalité ne date pas d’aujourd’hui et leur rôle de gestionnaire avisé de ce patrimoine répond pleinement à la nécessité de préservation de la biodiversité et des grands équilibres.

Aussi, le contexte actuel, mouvant et incertain, place la profession et plus largement tous les acteurs de la filière dans l’expectative. Au nom d’une rationalisation dont les communes rurales paient déjà un lourd tribu avec la mise en place uniforme d’une RGPP faisant fi de la particularité des besoins des territoires ruraux, la partie liée à la réorganisation de l’ONF et l’impact du non remplacement d’un départ sur deux à la retraite inquiète. Les méthodes sont connues : rassurer d’abord, tester ensuite et trancher entre les deux guidé par « le bon sens » avec au départ un seul objectif : limiter la dépense.

Les communes rurales sont bien placées pour savoir que ce n’est pas le monde rural qui est la cible, ni la forêt mais que tout le monde se retrouve au cœur d’un cyclone de réformes administratives sans logique propre à chaque univers si ce n’est de réduire la voilure.

Comme souvent, l’Etat préfère reporter ses responsabilités – et ses charges – sur les collectivités locales tout en leur diminuant leurs ressources. Dans votre domaine comme dans celui des finances locales, la volonté de l’Etat de diminuer le « versement compensateur » équivaut à un transfert vers les communes forestières.

Cette règle, nous la connaissons bien dans d’autres domaines et la suppression de la TP remplacée aujourd’hui par une contribution dont on ignore encore les effets. La stabilité de la dotation aux collectivités a pour conséquence de réduire les marges de manœuvre des communes et la qualité du service rendu à la population. Parallèlement, la révision de la carte de l’intercommunalité place les communes rurales dans le flou, quand ce n’est dans une situation d’échec, en supprimant la liberté de choix d’adhésion.

Dans le domaine forestier comme celui de la gestion de nos communes, les maires savent que ce n’est pas ainsi que l’on construit l’avenir de notre pays.

Nous sommes, pour notre part, attachés au lien de proximité entre l’ONF et les communes. Nous connaissons les hommes et les femmes qui agissent sur le terrain. Ils vivent dans nos territoires et en connaissent les enjeux.

Le versement des frais de garderie par les communes, essentiellement rurales, nous obligent à nous serrer les coudes et à tout le moins de tirer profit de nos expériences pour contribuer à l’évolution en cours d’écriture. Vous avez manifesté vos vives inquiétudes quant aux conséquences des réformes envisagées. Nous appelons de nos vœux un véritable dialogue pour sortir de ce marché de dupes dans lequel les communes et les élus veulent être pleinement acteurs.

A l’heure où toute la filière s’inquiète, où les communes forestières s’interrogent sur l’avenir de leur relation avec l’ONF et sa réorganisation, les maires ruraux, riches de l’expérience en cours de la Réforme territoriale peuvent vous conseiller et vous encourager à la fois à la plus grande vigilance et à une combativité de tous les jours pour garantir la viabilité du service public de la forêt.

Pour l’AMRF son président,
Vanik Berberian