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Rapports, discours, articles, etc. :
la sélection de l'AMRF

L'Association des Maires Ruraux de France a repéré pour vous de nombreuses publications disponibles sur Internet et susceptibles d'intéresser les maires ruraux. Nous vous signalons leur origine et indiquons l'adresse de la page web où vous pouvez les consulter dans leur intégralité.

Vous trouverez également dans cette rubrique des articles et interventions de l'AMRF, en texte intégral. Pour vous aider à les identifier, ils sont signalés par la mention [AMRF] dans le titre.

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par Vanik Berberian, président de l'AMRF

Editorial rédigé pour l'édition 2011 de l'université d'été RuraliTIC, consacrée aux TIC dans les territoires.

C'est l'une des nombreuses incongruités de l'aménagement numérique du territoire. Les maires ruraux sont victimes de préjugés injustifiés car ils doivent faire la preuve auprès des décideurs publics ou privés, que le très haut débit leur est nécessaire et que la fibre optique n'est pas un luxe. Demande-ton à Bertrand Delanoë si Paris et les Parisiens ont vraiment besoin du très haut débit ? Non, bien sûr, et ce d'autant moins que les opérateurs télécom se battent pour ouvrir des tranchées dans les trottoirs de la capitale afin d’y placer leurs fibres. Mais pour les territoires ruraux, au contraire, c'est la double peine : ils doivent d’abord convaincre les décideurs de leur besoin en très haut débit et la nécessité de ne pas attendre la fin du siècle ; ensuite, il est clair que dans les zones peu denses les collectivités locales vont devoir mettre lourdement la main à la poche pour payer la facture...

Aujourd'hui, l'électricité irrigue les territoires les plus éloignés et le contraire serait vécu comme une injustice intolérable. La question ne se pose d’ailleurs plus. Mais ce qui a considérablement changé dans nos sociétés, c’est le rapport au temps. Si nos anciens ont su patienter pour être raccordés aux réseaux d’eau et d’électricité, il n’est plus possible aujourd’hui d’accepter des écarts de délais trop importants, sans risque de créer relégation et marginalisation.

L'AMRF a salué récemment les décisions prises en matière de 4G par le Gouvernement, qui répondait aux demandes émises par les parlementaires. Les modalités d'attribution des licences proposées par l'ARCEP donnent un coup d'accélérateur de la montée en débit : ce très haut débit mobile aura pour mission d'apporter le très haut débit fixe dans les zones les moins denses. Excellente utilisation du dividende numérique. Bien sûr, on peut regretter que les taux de couverture ne s'approchent pas suffisamment des 100% - on peut être sûr que les quelques dixièmes qui restent non couvertes se trouvent dans le monde rural. Les 1,4% des lignes téléphoniques toujours non éligibles à l’ADSL représentent plusieurs centaines de milliers de foyers, ce n’est pas négligeable, et ils ne sont pas tous au « bout du monde ». On rappellera au passage que le « haut » débit fourni par ADSL n’est souvent que de 512 Kbps, alors que chacun reconnaît aujourd’hui que le « bon » débit du moment démarre à 2 Mbps…

Cette année, l'AMRF et RuraliTIC mènent une enquête auprès des maires ruraux pour connaître dans le détail leur vision sur les enjeux de l'aménagement numérique du territoire et les modalités du déploiement. Il en ressortira à coup sûr des enseignements que les « décideurs patentés », publics comme privés, devront prendre en compte. Evidemment, les résultats ne sont pas écrits à l'avance, mais je reste profondément convaincu que les maires ruraux ont conscience des enjeux que représentent le numérique pour le développement de leur commune et la nécessité de disposer du "bon débit", celui qui permet les usages du moment.

Les maires ruraux en ont fait la preuve magistrale lors du plan Ecoles Numériques Rurales. Souvenez-vous, en mars 2009, juste avant le lancement du plan : le ministère de l'Education se demandait s'il réussirait à recueillir dans les délais au moins 2000 candidatures pour les 5000 projets possibles. C'est cette inquiétude qui les avait poussés à établir un partenariat avec l'AMRF. On connait la suite. La réactivité des maires a été immédiate : ils furent plus de 8.000, et potentiellement plus encore, à dire qu'ils souhaitaient que les enfants de leur école bénéficient des apports du numérique dans leur scolarité.

Aujourd'hui, la montée en débit va constituer un ballon d'oxygène pour attendre le très haut débit dans nos villages. Peu importe la technique, NRAZO, satellite, 4G demain ou autre chose encore. Aucune de ces technologies, dit-on, n'égale la fibre optique. Pose-t-on autre chose que de la fibre dans les agglomérations ? C'est pourquoi la fibre dans chaque foyer doit rester l'objectif, sauf exceptions liées à une topographie trop difficile qui rendrait la réalisation financièrement largement disproportionnée. A l’impossible nul n’est tenu. Mais nous n’en sommes pas encore là.