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Fiches thématiques de l'AMRF

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En 2011, la facture des collectivités afférente à la seule consommation d’électricité a augmenté entre 15% et 18%. Les points d’éclairage ont augmenté de 30% sur les dix dernières années. Dès lors, pour des raisons à la fois liées à la recherche d’une plus grande sobriété énergétique, à la préservation de la biodiversité nocturne et à d’évidentes économies financières, il convient de mesurer l’utilisation et l’usage de l’éclairage dans les communes.

Pour seconder les collectivités dans cette transition et initier des travaux d’amélioration de performances de leur patrimoine énergétique, les syndicats d’énergie (syndicats intercommunaux ou départementaux, d’électricité et de gaz…), en lien bien souvent avec les agences locales des énergies et du climat , sont les meilleurs soutiens pour les collectivités désireuses de se lancer dans ce dispositif simple, accessible et dont les bénéfices sont concluants dans les domaines concernés.

Une première méthode, simple consiste à remplacer les lampes par d’autres plus performantes. Ainsi, au lieu d’avoir du 300 W, on se contente de 150 W. La consommation est ainsi divisée par deux, mais avec un même rendu lumineux. Pour autant, cette méthode nécessite d’investir dans le remplacement des lampes.

Une autre méthode ne coûtant quasiment rien est celle de l’extinction de nuit. Si les collectivités ont pris soin de remplacer régulièrement le parc électrique, l’investissement se révèle très faible. Si ce n’est pas le cas, il conviendra auparavant d’investir dans les armoires afin de mettre en place par la suite le système de programmation qui permettra une extinction nocturne – la vétusté d’un parc ne permet en effet pas d’éteindre la nuit sans aménagements préalables.

L’extinction une partie de la nuit permet d’alléger la facture énergétique de 18 à 40% - cette économie pouvant être réinvestie dans la rénovation du parc électrique.

  • La règle n°1 mise en avant par l’Adhume (agence locale des énergies et du climat) : travailler sur la sobriété. Quel est l’intérêt d’éclairer une route sur laquelle seule une voiture passe la nuit ?
     
  • Règle n°2 : l’efficacité. 75 W peuvent remplacer aisément et aussi efficacement 300 W. Il s’agit de mettre en avant une utilisation rationnelle de l’énergie. « Eclairer juste, là où il faut, quand il faut », tel est le leitmotiv del’Adhume, sans évidemment regretter le temps perdu de la lampe à l’huile… !

Quid de la responsabilité du maire si une grand-mère se casse la jambe la nuit en descendant d’un trottoir non-éclairé ? L’avocat ayant conseillé l’Adhume précise alors que l’éclairage public n’est pas un service public. Il s’agit certes d’un service au public. Mais l’éclairage public n’est qu’un des éléments qui concourent à la sécurisation de l’espace public. Aussi la seule absence d’éclairage ne peut-elle être l’unique motif d’engagement de la responsabilité du maire en cas de problème.

En revanche, si le mode d’éclairage fait défaut en période de non-extinction, cette défaillance relève alors d’un dysfonctionnement du à une panne, à un manque d’entretien, etc., lesquels sont alors imputables au maire. Etant donné qu’il ne s’agit pas d’un service public, le maire peut, par simple arrêté – sans délibération du conseil – décider l’extinction de 22h30 à 4h30 par exemple, sur quelques voies précises.

Pour autant, cela n’implique pas de faire l’économie d’une excellente communication et d’une information précise à l’endroit des administrés : référendums sur les sites qui peuvent être concernés, explications dans les bulletins municipaux, articles mettant en avant les économies réalisées, réunions publiques, panneaux présentant le dispositif à l’entrée de la commune… Faire participer la population à cette nouvelle pratique municipale est nécessaire afin que ces nouveaux modes de fonctionnement ne soient pas perçus comme un retour en arrière – pour beaucoup, la fée électricité était arrivée par magie dans nos campagnes, leur apportant modernité et luxe…

Les agences locales d’énergie et de climat (il en existe une trentaine sur le territoire), avec le concours des syndicats d’énergie, aident à la mise en place des outils de communication (affiches « peur du noir », exposition mise à disposition gracieusement lors de réunions publiques…). Cela permet d’accompagner les territoires dans la lutte contre la déréglementation et les mutations énergétiques.

En outre, ces agences prennent en considération les spécificités des territoires ruraux et leur proposent des démarches simplifiées. Au-delà des simples économies financière et énergétique, cette démarche permet aux territoires ruraux de se réapproprier la question de l’énergie, en lien avec les syndicats qui leur délivrent l’ingénierie technique et l’expertise pratique.
 

Pour aller plus loin :


NOTA : Cette note fait suite à l’assemblée générale de l’AMR du Puy-de-Dôme le 22 juin 2012. L’Adhume y avait présenté la problématique de l’extinction de l’éclairage public la nuit - 58 communes du Puy-de-Dôme étant engagées dans ce processus. Sébastien Contamine, directeur de l’Adhume , avait permis aux participants d’y voir plus clair en apportant les principales clefs de compréhension.