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[Communiqué de presse]

Discours de politique générale

Rien de neuf, ou presque, à l’horizon


Le Premier Ministre vient de prononcer un nouveau discours de politique générale devant l’Assemblée Nationale et d’obtenir la confiance d’une majorité de parlementaires. Pour autant, malgré les attributions élargies de Mme Sylvia Pinel et l’annonce des Assises des ruralités, la position du Premier ministre dans le domaine de l’action publique ne change pas.

Où est la commune ?


Pis, il entérine une présentation devenue habituelle dans la communication de certains dirigeants, la disparition de la commune du langage officiel au seul profit des intercommunalités et des régions. Cette fuite en avant est préjudiciable au pays et méprisant pour les élus de la République. "Il n’y a pas d’intercommunalités sans maire" écrivait à l’Association des maires ruraux de France le Président de la République en novembre 2013. Pour nous, le renforcement de l’intercommunalité ne peut se faire qu’avec la réaffirmation concomitante de l’existence et de la primauté de la commune, cellule de base de la démocratie.

S’agissant de la ruralité, force est de constater que la stratégie de mise sous tutelle puis la disparition à terme des départements, demeure la feuille de route. Le Premier Ministre a consenti à revenir sur la suppression pure et simple des conseils généraux dans les départements sans métropole. Cela ne manquera pas de produire une forme de soulagement chez les élus ruraux, attachés à cette collectivité de proximité et de solidarité. Mais l’objectif est bien de les vider de leurs compétences plus ou moins rapidement en fonction de leur proximité ou non à une métropole. C’est le sens du projet de loi portant "nouvelle organisation territoriale de la République" qui, voté en l’état, mettrait sous tutelle de la Région toute politique locale avec une multitude de schémas régionaux conditionnant l’aide aux projets. La politique politicienne viendrait alors se mêler à l’action des élus au détriment des projets de territoires.

Sénatoriales

De la même manière que les Conseils généraux, mobilisés, ont obtenu ce sursis, les Maires doivent désormais se mobiliser fortement pour faire revenir l’Etat aux fondamentaux de la République. A ce titre, les Maires Ruraux lancent une grande action de sensibilisation des élus et d’interpellation des pouvoirs publics. Des dizaines d’actions sont d’ores et déjà engagées partout en France notamment pour interpeller les candidats au Sénat.

L’ensemble des associations locales interpelleront dans les tout prochains jours les candidats et les sénateurs non concernés par le scrutin du 28 septembre. Un questionnaire complet, évoquant les principaux enjeux leur sera adressé. L’objectif est à la fois de les questionner et de leur faire part du grand désarroi des élus, voire de leur lassitude devant une volonté d’affaiblir la commune et de renoncer à une politique d’aménagement du territoire, absente du discours du Premier Ministre ce jour.



L'AMRF saisira l'occasion de son Congrès National, les 18 et 19 octobre à Nohant (36) en faisant des propositions concrètes en faveur des campagnes françaises. Le thème choisi est "Un ministère de la ruralité, pour quoi faire ?"


Vanik BERBERIAN
Président

L'Association des Maires Ruraux de France fédère, informe et représente les maires des communes de moins de 3 500 habitants partout en France. L'association s'engage au quotidien au niveau local comme national pour défendre et promouvoir les enjeux spécifiques de la ruralité. Créée en 1971, l'AMRF rassemble près de 10 000 maires ruraux regroupés dans un réseau convivial et solidaire d'associations départementales, en toute indépendance des pouvoirs et partis politiques. L'AMRF est un représentant incontournable du monde rural auprès des pouvoirs publics et des grands opérateurs nationaux.