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A plusieurs reprises, et dernièrement le vendredi 10 février, le président de la République a convoqué certains représentants d’associations d’élus pour leur faire la leçon sur la manière de bien gérer les collectivités. Compte tenu des finances de l’Etat, l’exercice avait de quoi surprendre.

Après la stigmatisation des collectivités qui par leur politique salariale et les recrutements "gonfleraient" la dette, l’AMRF dénonce cette opération d’enfumage, dans la droite ligne des accusations destinées à faire diversion.

L’AMRF tient à dire fermement et solennellement que les communes et les intercommunalités – créées par les élus pour mutualiser les moyens – ne sont en rien à l'origine des déficits publics et, qu’elles votent, elles, des budgets en équilibre. Aussi, l’AMRF ne saurait s'associer à une opération de diversion pouvant laisser croire que les élus locaux seraient responsables de l'endettement public. Ces derniers, en particulier dans le monde rural, gèrent déjà leur budget – très tendu – avec intelligence et mesure et ont depuis longtemps effectué des économies en lien avec les faibles moyens dont leurs collectivités disposent.

Loin d’utiliser les deniers publics pour de somptuaires dépenses, les collectivités locales les structurent autour des besoins des populations en service de proximité. L’AMRF rappelle que l'urgence reste la lutte contre le chômage et la récession économique, première condition de la réduction des déficits et de l'endettement.

Les collectivités territoriales dont les dépenses de fonctionnement ne sont pas financées par l'emprunt, réalisent plus de 70% de l'investissement public. Elles n'ont pas à rougir de créer des emplois, directement ou indirectement par leurs investissements. Ce qui par ailleurs rend urgente la mise en place de dispositifs consolidés et pérennes de financement des investissements publics territoriaux. Par exemple, en rendant plus simple et accessible le recours aux prêts auprès des banques qui aujourd’hui ne répondent pas à la demande des collectivités souhaitant investir localement.

La crise que traversent l'Europe et la France n'est pas une catastrophe naturelle, c'est le produit d'une politique. Que les responsables soient nombreux ne signifie pas qu'ils n'existent pas. Et encore moins que les élus ruraux figurent parmi eux. Les collectivités locales ont moins besoin d'un "pacte de confiance" avec l'Etat que d’une réelle considération.

 


Contact :

Vanik BERBERIAN, Président des Maires Ruraux de France
04 72 61 77 20


L'Association des Maires Ruraux de France fédère, informe et représente les maires des communes de moins de 3 500 habitants partout en France. L'association s'engage au quotidien au niveau local comme national pour défendre et promouvoir les enjeux spécifiques de la ruralité. Créée en 1971, l'AMRF rassemble près de 10 000 maires ruraux regroupés dans un réseau convivial et solidaire d'associations départementales, en toute indépendance des pouvoirs et partis politiques. L'AMRF est un représentant incontournable du monde rural auprès des pouvoirs publics et des grands opérateurs nationaux.