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Le président de l’association des maires Ruraux de France, Vanik Berberian, avait initialement décidé de ne pas répondre à l’invitation du président de la République à l’Elysée au lendemain du congrès des Maires de France, par égard pour les maires non invités. Ceux-ci estimaient à juste titre, qu’une visite en Arabie Saoudite ou la présence à un match de football ne pouvaient être prioritaires sur les désaccords profonds des élus locaux face aux réformes de la taxe professionnelle et des collectivités territoriales.

Après un échange téléphonique avec un conseiller de l’Elysée qui garantissait au président de l’AMRF la possibilité de s’exprimer devant le Chef de l’Etat, Vanik Berberian s’est finalement rendu à l’Elysée le 20 novembre pour faire entendre la voix des maires ruraux de France.

Considérant que les interrogations de fond sur la question de la taxe professionnelle comme celle de la réforme des collectivités territoriales s’étaient déjà exprimées au congrès de l’AMF et que les contraintes de temps imposées pour cette rencontre ne permettaient pas une approche détaillée, Vanik Berberian n’a pas souhaité aborder l’aspect technique de ces réformes préférant porter la question sur celle des grands principes.

Pour l’AMRF, la réforme des collectivités territoriales met en avant une vision urbaine et technocratique qui vise à pousser plus loin la concentration, tandis que celle de la taxe professionnelle fait l’impasse sur un vrai dispositif de solidarité entre les territoires.

Reprenant les propos du président de la République sur le nécessaire climat de confiance, Vanik Berberian a rappelé qu’un climat de confiance ne pouvait se décréter et qu’il était conséquent de la qualité de la méthode employée, rappelant au passage le premier traumatisme des élus lors de la mise en place brutale de la carte judiciaire qui devait malheureusement initier un mode de gouvernance. La volonté d’aller vite dans les réformes ne devant pas faire l’impasse sur la cohérence de la démarche et sur le temps nécessaire à la réflexion, il a par ailleurs demandé des délais supplémentaires quant au déroulement des assises des territoires ruraux.

Il a rappelé également que les élus demandent le respect et que les propos démagogiques tenus sur leur nombre et leur coût avaient des conséquences catastrophiques sur leur engagement et qu’il convenait plutôt de s’attaquer à la question du cumul des mandats et des fonctions.

Enfin, il a souligné que le respect des élus passait aussi par le respect de la parole donnée, que ce soit dans les garanties d’application de la charte des services public en milieu rural ou la correction des inégalités en matière de dotations de l’Etat, reprenant le constat du président de la République lors du précédant congrès des maires de France sur l’écart inacceptable de la DGF (64 € pour un habitant en milieu rural et 128 € pour un habitant en milieu urbain).

Si dans ses conclusions, le président de la République a reconnu l’importance de mieux considérer les territoires ruraux, on ne note pas d’évolution tangible sur le fond des réformes.

En conséquence, la mobilisation de tous les maires ruraux de France s’impose.


L'Association des Maires Ruraux de France fédère, informe et représente les maires des communes de moins de 3 500 habitants partout en France. L'association s'engage au quotidien au niveau local comme national pour défendre et promouvoir les enjeux spécifiques de la ruralité. Créée en 1971, l'AMRF rassemble près de 10 000 maires ruraux regroupés dans un réseau convivial et solidaire d'associations départementales, en toute indépendance des pouvoirs et partis politiques. L'AMRF est un représentant incontournable du monde rural auprès des pouvoirs publics et des grands opérateurs nationaux.