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Dans son récent rapport sur les finances publiques locales, la Cour des Comptes semble craindre une baisse des investissements et son impact sur l’économie réelle. Elle n’est plus à une contradiction près ! Comment s’étonner en effet, des conséquences négatives de mesures qu’elle a elle-même exigé de l’Etat et des collectivités ?

Telles sont les premières réactions que nous inspirent ce rapport comme d’habitude « à charge » contre les collectivités.

Cette tentation populiste de jeter à l’opinion des idées aussi fausses que reçues est insupportable pour les milliers d’élus ruraux qui tous les jours, œuvrent quasiment sans indemnité pour la gestion locale. A cela s’ajoute un traitement journalistique uniforme et insensible à la diversité des territoires. Autant d’éléments qui nous amène à dire clairement les choses !

La baisse de l’investissement est directement liée à la baisse des dotations imposée uniformément aux communes quelle qu’en soit la taille à la demande d’anciennes recommandations de la Cour des Comptes. Cette décision a pour conséquence la baisse de l’action publique concrète au service des population rurales les plus fragiles et la fragilisation du tissu économique local.

S’agissant des dépenses, saluons la nuance introduite par la Cour pour éviter de comparer les villes et les campagnes. Les Maires ruraux rappellent qu’ils contribuent très largement à l’effort en termes d’administration avec un ratio proche d’un agent communal pour 150 habitants quand d’autres collectivités affichent des ratios 5 fois plus élevés. Cela se traduit par des dépenses de personnels très inférieures aux communes des strates supérieures (217 € de dépenses de personnel par an et par habitant en zone rurale contre 540 €). Ces chiffres sont le fruit d’une étude inédite menée sur la période 2002-2013 par l’Institut d’Auvergne du Développement des Territoires (IADT). Ce même rapport précise que la dette par habitant y est très inférieure à la strate supérieure (581 €contre 934 € en 2013).

S’agissant de l’investissement, les Maires ruraux rappellent que malgré les pressions à réduire la voilure de l’action publique en milieu rural et un niveau de dotation par habitant significativement plus faible, l’investissement des Communes rurales reste supérieur à celui des villes. Il représente 30,6% du montant des dépenses d’équipement réalisées par les communes. Rapporté à l’habitant, c’est un montant de 406 € contre 396 pour les communes plus importantes. C’est l’enseignement majeur qui ressort de cette étude scientifique et non politique comme celle de la Cour des comptes.


Pour le Bureau de l’AMRF,
Vanik Berberian

L'Association des Maires Ruraux de France fédère, informe et représente les maires des communes de moins de 3 500 habitants partout en France. L'association s'engage au quotidien au niveau local comme national pour défendre et promouvoir les enjeux spécifiques de la ruralité. Créée en 1971, l'AMRF rassemble près de 10 000 maires ruraux regroupés dans un réseau convivial et solidaire d'associations départementales, en toute indépendance des pouvoirs et partis politiques. L'AMRF est un représentant incontournable du monde rural auprès des pouvoirs publics et des grands opérateurs nationaux.