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[communiqué]



Par un communiqué à l’issue du Conseil des ministres du 17 décembre, le gouvernement reconnait officiellement que les inégalités entre urbains et ruraux, instituées sous forme de dotations aux collectivités, sont injustifiées. C’est la seule vraie nouvelle des conclusions des Assises des Ruralités organisées cet automne par l’État.

Ce sont plusieurs décennies d’organisation inégalitaire entre les territoires qui s’effondrent et doivent désormais laisser place à une réelle égalité des citoyens dans le budget de l’État. Elle passe par la disparition des écarts et l’accroissement des mécanismes de péréquation. L’égale considération aux citoyens où qu'ils vivent est un préalable.



Assises : ni déçus ni rassurés

Les Maires Ruraux avaient exprimé leur scepticisme quant à cette méthode éprouvée à plusieurs reprises dont la dernière en 2009 sans que cela n’ait déclenché d’inversion dans la politique d’aménagement du territoire. Ils ne sont donc pas déçus mais circonspects sur le fait que l’objectif des Assises se limite à celle, nécessaire mais pas suffisante, de regarder un peu du côté de la ruralité.



Alors que l'ambition aurait été littéralement de changer de regard sur la ruralité, en superposant par exemple la réflexion avec celle sur la réforme territoriale en cours, notamment en mettant un frein à la concentration des pouvoirs, des outils, des moyens, vers l'espace urbain.



Ils notent cependant avec intérêt dans le catalogue des intentions, la formulation de mesures essentielles mais qui doivent maintenant passer du discours aux actes. Le calendrier, la méthode et bien sûr les moyens doivent être précisés au plus vite. L’énumération dissimule mal l’absence d’intention de changement de conception en matière d'aménagement et d'égalité des territoires. Le silence assourdissant sur les moyens, à rapprocher des 5 milliards du fonds de rénovation urbaine annoncés la veille pour 2 millions d'habitants pose question.



Vite, des actes !

L’avenir des territoires ruraux passera par la mobilisation de tous, en particulier des élus engagés dans le développement de leur territoire et par la mise à terme de l’opposition entre villes et campagnes initiée par l’État et savamment entretenue par certains élus, soucieux de préserver leurs acquis.

L’AMRF sera particulièrement vigilante et investie dans cet engagement. Après l’effort fait par le pays des décennies durant, avec il y a quelques mois la loi Mapam, pour renforcer les métropoles et agglomérations, il convient de déployer la même énergie et des moyens équivalents et adaptés pour les villes et villages qui constituent l'architecture de notre territoire.



Dans ce but,

  • L'AMRF encourage le pouvoir politique à imposer ses décisions et s’affranchir des différents services de l’État, par exemple en matière de normes ou auprès des opérateurs de services.
  • L’AMRF sera particulièrement attentive aux travaux du Comité interministériel à l’égalité des territoires annoncé pour février 2015.
  • 5 ans après le dernier conseil équivalent, c’est le temps qu’il aura fallu pour témoigner à la ruralité une considération formelle. Aux actes !
Vanik Berberian, président, pour le Bureau de l'AMRF





Contact

Cédric Szabo, directeur - amrf@amrf.fr

L'Association des Maires Ruraux de France fédère, informe et représente les maires des communes de moins de 3 500 habitants partout en France. L'association s'engage au quotidien au niveau local comme national pour défendre et promouvoir les enjeux spécifiques de la ruralité. Créée en 1971, l'AMRF rassemble près de 10 000 maires ruraux regroupés dans un réseau convivial et solidaire d'associations départementales, en toute indépendance des pouvoirs et partis politiques. L'AMRF est un représentant incontournable du monde rural auprès des pouvoirs publics et des grands opérateurs nationaux.