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Intervention de Serge Spillmann, maire de Courteranges (10) et ancien enseignant, lors de l'Assemblée générale 2013 de l'Association des Maires de l'Aube

Origine de la réforme des rythmes scolaires


Je reviendrai pour démarrer sur le fondement de cette réforme : Les enfants ont une horloge interne qui détermine leurs rythmes biologiques et influent sur leurs aptitudes aux apprentissages notamment scolaires.

Comment les respecter… pour aider l’enfant à mieux apprendre ? La réforme des rythmes scolaires prend partiellement en compte cette question et donne l’occasion à tous les élus de se mobiliser pour que l’enfant soit enfin au centre d’un système préparant au travers eux l’avenir. La tâche n’est pas simple car des intérêts forts différents entrent en jeu, lesquels malheureusement conditionnent par trop même le fonctionnement de notre école.

Bien sûr les maires ruraux mis à contribution dans tous les domaines et de plus en plus intensément ont tendance à crier grâce et sont sans doute inquiets de ne pouvoir être à hauteur de la tâche, ce qui est tout à leur honneur, car pas préparés, pas formés pour la plupart sur ce sujet tellement complexe. Ils se trouvent devant la même situation que l’enfant face à un problème dont les données ne lui ont pas été clairement présentées et qui plus est démunis en matière de cette connaissance spécifique du rythme des enfants.

Mais nous avons aujourd‘hui une grande chance : celle de bâtir avec toute la communauté éducative un projet pour notre école de la République. Le proverbe Africain dit : "Il faut tout un village pour éduquer un enfant" et nous force à réfléchir sur ce que nous pouvons faire tous ensemble afin d’atteindre ce but.

Refuser cette réforme est une prise de position dangereuse pour nos communes. Allons-nous encore donner des bâtons à ceux qui voient en nous des râleurs qui refusent trop souvent les réformes et mènent des combats d’arrière garde au pied de leur clocher ? Une telle prise de position donne des arguments à ceux qui ont la ferme intention de faire disparaître la commune surtout rurale.

Certes les délais sont très courts, certes l’affaire est complexe, mais nous savons faire preuve d’esprit d’initiative, d’imagination et déployer des relations des moyens.

Comment faire et que faire ? Quelques pistes


La collectivité territoriale met en place la réforme, le maire ayant toute autorité sur les modalités (horaires, activités pendant les T.A.P, recrutement…): la balle est dans notre camp

Les horaires Certes le cadre peut paraître rigide, mais des aménagements de plages horaires sont possibles pour prendre en compte le rythme des enfants… tous les travaux menés depuis 1912 montrent des variations journalières de l’activité intellectuelle et que les plages favorables aux apprentissages sont 9h30 - 11h30 et 15h00 - 18h00.

Les études nous éclairent aussi sur la mémorisation et la récupération de ce qui a été appris et sur les performances mathématiques et leurs moments les plus favorables. Il en ressort que la journée continue avec une pause méridienne réduite est néfaste aux élèves (et même aux adultes)

Que faire ? Allonger la pause méridienne et y ajouter le temps prévu pour la récréation, ce qui donne de meilleures conditions d’apprentissages.
Il est également mis en évidence les variations hebdomadaires de l’activité intellectuelle de l’enfant cf : coupure du week-end et répercussion négative le lundi.

Les activités proposées Elles ont pour but de donner aux élèves d’autres moyens, de nouveaux moyens pour qu’ils deviennent acteurs dans leur développement cognitif. Elles sont aussi l’occasion pour les collectivités d’essayer d’apporter à une majorité d’enfants la possibilité de découvrir et de pratiquer des activités. A travers elles, les enfants découvriront des centres d’intérêt susceptibles de participer à leur épanouissement.

C’est sur ce point que nous sommes mis en difficulté semble-t-il, mais n’est-ce pas le plus beau challenge à relever que de s’associer à cette idée qu’ un pays qui veut progresser instruit ses enfants ? C’est le but de notre école de la République, qui nous est chère et que nous saurons demain encore mieux qu’hier servir.