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QUESTION A… Jean-Marie Vercruysse, maire d'Aube (61) et président de l'Association des maires ruraux de l'Aube

Pour traiter le sujet sensible de la réforme des rythmes scolaires de manière équilibrée, Net-Info a choisi de donner la parole à deux maires : l'un pour, l'autre contre. Parole à l'accusation pour commencer. Nous publierons le mois prochain l'interview d'un maire favorable à cette réforme : Serge Spilmann, maire de Courteranges (10)

Net-Infos : Vous avez été confronté dans votre commune au mécontentement spectaculaire de parents face à la réforme des rythmes scolaires. Comment voyez-vous la situation en tant que maire et président de l'Association des maires ruraux de l'Orne ?

Jean-Marie Vercruysse : Personnellement, je ne suis pas favorable à cette réforme, tout simplement parce que ce n'est pas le moment : la France a d'autres problèmes actuellement ! Le moins que l’on puisse dire, c’est que le contexte politique du moment est détestable et cette période pré-électorale n’arrange pas la situation. Mon principal mécontentement porte évidemment sur le coût de la réforme. Pourtant, la commune ne mégote pas avec l'école, en subventionnant déjà de nombreuses activités comme les voyages scolaires.

Imposée uniformément sans préoccupation de l’existence des moyens, cette réforme cumule les erreurs : non prise en compte des disparités locales en matière de ressources humaines, de locaux disponibles, de capacités financières de communes et des Communautés de Communes. Tout cela traduit son caractère imprévu et improvisé.

Personne ne peut nier que le quotidien des élèves et des parents s’en trouvera bousculé. A Aube, des parents hostiles à cette réforme (que je n'ai pas mis en place à la rentrée) ont manifesté leur inquiétude en cadenassant les grilles de l'école à l'occasion du mouvement de grève de la mi-novembre. Mais ils l'ont fait la veille du jour de la grève, afin d'éviter toute récupération.

En tant que président de l'association des maires ruraux dans l'Orne, je participe avec mon collègue des Maires de l’Orne aux travaux du Groupe d’Appui Départemental. Le but est bien de faire entendre le point de vue pratique et pragmatique des maires ruraux. Mais pas de valider la réforme ou d'assurer le "service après vente" de cette loi. A défaut de trouver le bon rythme, le ministre de l'Education doit éviter de ne renvoyer à l'échelon local la responsabilité de toutes les difficultés.