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Net-Infos : Vous avez adopté une démarche active sur la carte scolaire. Comment cette initiative a-t-elle été reçue par les habitants et les acteurs locaux ?

Jean-Marie Daures: L'Association des Maires Ruraux de l'Aveyron a été alertée par des élus sur les conséquences de la carte scolaire pour la rentrée avec 25 suppressions de postes prévues, pour à peine 100 élèves de moins. L’impact est surtout fort dans les communes rurales qui voient leurs écoles atteindre des effectifs par enseignants à la limite du supportable, surtout pour des classes à plusieurs niveaux.

Avec cette motion, nous avons décidé d’agir collectivement. Il s’agit en effet d’un affront fait à nos communes. L'AMR12 a compris le danger de voir sur le terrain les communes jouer individuel pour conserver l'ensemble des postes. Nous avons adressé un moratoire sur ces suppressions à tous les maires du département, ainsi qu'à la presse qui a bien relayé l'information. Les retours sont très positifs, notamment de la part de communes non membres de notre association, qui ont-elles aussi envoyé notre motion à l'IA.

Les associations de parents d'élèves, ainsi que les enseignants nous soutiennent et sont solidaires de notre volonté à faire vivre nos communes rurales en privilégiant le cœur de nos communes, à savoir : l'école.

Net-Infos : Comment dans ce contexte se construisent les relations avec les autres associations intervenant dans le champ de l’école (familles, enseignants, élus,…) ? Que peut-on en attendre ?

Jean-Marie Daures : Une solidarité de tous les acteurs de l'école a permis des rassemblements importants devant l'inspection d'académie lors des CDEN. D'autres actions sont à l'étude pour maintenir la pression avant la nouvelle rentrée scolaire. Les communes rurales sont en phase avec les différents acteurs de l'école: enseignants, parents d'élèves, employés municipaux et population.

Cela s’est traduit au niveau départemental par des relations cohérentes entre les élus, les syndicats d'enseignants, les DDEN et les parents d'élèves pour organiser au mieux la qualité de l'enseignement de notre jeunesse. Le budget consacré à l'école est souvent une priorité pour nos territoires, avec garderie, cantine, chauffage, entretien, mise aux normes et ATSEM.

Les Agents Territoriaux Spécialisés des Ecoles Maternelles sont mis à disposition par la collectivité pour l'accueil, la surveillance, l'animation des classes maternelles et des classes enfantines, or de moins en moins d'écoles ont la possibilité d'accepter les enfants de 2 ans car ceux-ci ne sont pas comptabilisés par l'inspection d'académie.

L'Aveyron fait partie des Zones à Revitalisation Rurale, zonage où les enfants de 2 ans devraient être comptabilisés. Pour les territoires ruraux, c'est une forme de rupture de contrat du ministère de l'Education Nationale que de ne pas compter ces jeunes enfants, alors que nous mettons à disposition des agents pour apporter un service aux plus jeunes. Les ATSEM ne doivent pas devenir des « suppléants » de la direction pour l'enseignement, ils ne sont pas payés par la collectivité pour cela.