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Texte de l'intervention de Vanik Berberian à la conférence plénière de clôture de Ruralitic 2010 consacrée à "La place des TIC dans le développement économique"

" Si les collectivités locales ont une part de responsabilité dans le développement économique, en particulier compte tenu de l’impact généré sur l’emploi, les collectivités locales ne peuvent se substituer aux acteurs économiques que sont les entreprises (PME et PMI). Le rôle des collectivités locales réside davantage dans la capacité à créer un environnement propice au développement économique. C’est une mission difficile, d’autant plus que tous les territoires sont dans un contexte de concurrence et de compétition très fort.

Mon propos sera, vous vous en doutez, sous l’angle des communes rurales. Nos atouts, comme nos moyens sont réels, même si les difficultés sont nombreuses. Créer aujourd’hui un environnement favorable au développement économique ne se limite plus comme par le passé à mettre en place de la voirie et des réseaux, voire des bâtiments. Aujourd’hui l’outil incontournable est la mise à disposition du très haut débit. Il va de soi que la question du réseau dépasse, et de très loin, la capacité des communes. L’échelon départemental, régional, et bien entendu l’Etat doivent être les premiers donneurs d’ordre aux opérateurs, puisqu’il s’agit d’une responsabilité politique majeure en matière de développement économique et d’aménagement du territoire.

Alors, à quoi un maire rural doit-il s’obliger en matière d’internet ? J’y vois 3 défis:

  • Le premier défi est celui de l’efficacité en matière d’offre d’informations. C'est-à-dire disposer d’un site web qui présente des indications techniques développées et détaillées et bien entendu, à jour, en matière de renseignements d’urbanisme, de voies d’accès, d’état des réseaux d’assainissement et d’électricité, de recensement d’offre de bâtiments disponibles, de mesures d’aides économiques. Des informations pratiques et immédiatement exploitables sont autant de gains de temps pour les entrepreneurs et de lisibilité pour la collectivité. Mais c’est aussi le développement des téléprocédures pour les déclarations diverses mais également une réactivité réelle en matière de réponses aux courriels reçus.
  • Le second défi est celui de l’éducation. Nous devons tout faire pour faciliter l’utilisation par le plus grand nombre de l’outil internet. C’est ce qui a poussé l’AMRF à s’investir très fortement dans le dispositif initié par le ministère de l’Education national en matière d’équipement des écoles rurales.

    Ce plan sur lequel tout le monde s’accorde à dire qu’il a été une grande réussite montre bien, si besoin était, de l’appétence des acteurs des territoires pour ces technologies. Introduire à l’école et le plus tôt possible l’outil, est la meilleure manière d’investir pour l’avenir. Mais ce travail de sensibilisation de doit pas se limiter au cadre scolaire, il importe aussi d’accompagner les acteurs économiques, agriculteurs et artisans ruraux par exemple, dont certains considèrent que ces techniques ne les concerne pas tout simplement parce que psychologiquement ils n’y sont pas préparés.

    Ce point nous relie à celui précédemment abordé. Il incombe aux collectivités, qui font partie intégrante du tissu économique, de développer une politique d’image globale tournée vers l’avenir. Ce qui veut dire que la collectivité doit disposer d’un site web qui ne soit pas seulement promotionnel mais ouvert sur l’interactivité. Un site web ne peut se limiter à une transposition sur le net d’un dépliant ou d’une brochure papier.
     
  • Le troisième défi sera celui de l’élu moteur. Moteur vis-à-vis des PME et qui incite aux rapprochements et au partage des pratiques. Les Chambres Consulaires font ce travail, nous pouvons les y aider afin que les entreprises installées en milieu rurales améliorent leur compétitivité et leur réactivité. Pour l’élu, une entreprise ne doit pas être pénalisée d’être sur son territoire.

 C’est parce que les TIC traversent tous les secteurs de la vie quotidienne, éducation, santé, culture, information, tourisme, économie… qu’internet nous offre un défi plus stratégique que technologique.

Les territoires ruraux sont particulièrement concernés d’autant plus qu’en offrant comme c’est prévu, le très haut débit en priorité aux zones agglomérées - et bien rentables pour les opérateurs - on accentue encore un peu plus le déséquilibre territorial. "