Vanik Berberian,

Maire de Gargilesse-Dampierre (36),
Président de l’Association des maires ruraux de France

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Alors que certains médias se fourvoyaient à interviewer une jeune kosovare qui n'était pas tout à fait celle qu'elle prétendait être et que d'autres se délectaient dans des primaires marseillaises, vraiment très primaires, nos amis Bretons eux, déclenchaient un regain d'intérêt aussi rapide que généreux de la part du gouvernement. Sans doute que les sœurs jumelles, Urgence et Nécessité étaient là, à sonner le tocsin. (Sonner est une vieille tradition bretonne toujours en vogue). Et elles ont bien raison les frangines, ça peut être utile de rappeler à qui de droit qu'on existe  !

Nous ne ferons pas l'affreux affront de penser que cette attention soudaine pourrait avoir un lien quelconque avec une solide présence bretonnante au sein du gouvernement. Non, nous ne le ferons pas parce que ce serait irrespectueux et mesquin.

D'ailleurs, ce temps est bel et bien révolu. Ca se passait ainsi à une autre époque, celle où l'Auvergne disposait d'une bonne infrastructure routière avant tout le monde, de même que le fonds exceptionnel d’aide aux départements en difficulté attribuait en 2011 à la Corrèze 2.486.000 € pour lui en attribuer 13.092.000 € en 2013 alors que dans le même temps le département de l'Indre, tout aussi rural, passait de 2.541.000 € en 2011 à... 677.900 € en 2013, sans que pour autant, les caractéristiques de ces deux départements aient particulièrement changé.

Non, non, ça…. c'était avant, comme dit la pub.

Oui, la Bretagne a des difficultés, oui, elle a aussi beaucoup d’atouts (dixit le Premier ministre). Et c'est bien de cela qu’il s'agit. Comme pour toutes nos régions qui ne demandent qu'à se développer, pour peu que depuis Paris on les regarde autrement. Pas dans une vision nostalgique et plaintive mais comme une richesse, un atout, une perspective. Que chaque euro versé le soit plus pour investissement que par compensation.

Ni zo tout bretonned disent les Bretons, Siam totti dei bretouns en Provence, Nou cé tout bretons aux Antilles, Mehr senn alli breton en Alsace, Denak bretaindarrak gira au Pays Basque et Que soum touts bretouns en Occitan.