Vanik Berberian,

Maire de Gargilesse-Dampierre (36),
Président de l’Association des maires ruraux de France

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Le ministre de l’Éducation nationale a choisi un intitulé lourd de sens pour la réforme : Refondation de l’école. On ne peut donc se contenter d'une transformation à la marge. C’est bel et bien tout l’édifice qu’il faut revoir. La structure est bientôt sclérosée et chacun s’accorde à dire qu’il faut améliorer l'ensemble du système. On ne peut à la fois regretter la mauvaise position de notre école dans les classements divers et ne pas se donner les moyens de la réformer. Tout le monde est impliqué, État, enseignants, élus, parents d’élèves, professionnels du tourisme. Tous les acteurs concernés par le sujet devront mettre de côté leurs visions catégorielles, aussi légitimes soient-elles, et se fixer comme seul objectif l’intérêt de l’enfant.

Revoir les rythmes scolaires certes, mais pas seulement. Le contenu et la densité des programmes, la pédagogie et la formation des enseignants, les conditions matérielles, la place des nouvelles technologies, tous les outils de concertation de la communauté éducative, y compris les associations d’éducation populaire, aucun des domaines ne doit être exonéré d’inventaire et d’expertise.

Après l’importante consultation de l’été, il est grand temps de ne plus tergiverser et de passer à l’action. Identifier concrètement les obstacles et trouver des solutions. Elles existent, pour peu que l’on procède avec volonté et pragmatisme comme sur la question des normes d’encadrement, que l’on harmonise la réglementation des transports, que les CDEN trouvent, enfin, une utilité, que les technocrates arrêtent de pondre des inepties comme l’obligation de noter deux fois par jour la température des frigos des cantines, etc. La liste est longue !

Et si l’éducation est une mission régalienne de l’État, alors il doit faire en sorte que les moyens soient disponibles pour tous et avoir le courage de réduire les écarts de moyens. On ne peut tolérer l'idée qu'il existe sur le territoire de la République des écoles à plusieurs vitesses.

Surtout en temps de crise, il faut savoir investir pour l’avenir. La qualité de l’école est une priorité qui doit être partagée. Les responsables ne peuvent se réfugier derrière l’énumération des difficultés pour ne rien faire. Soyons clairs, il en coûtera à tous et pas seulement en euros, mais c’est à ce prix que les choses pourront changer.