Vanik Berberian,

Maire de Gargilesse-Dampierre (36),
Président de l’Association des maires ruraux de France

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Il aura suffit d’ une dépêche de l’Agence France Presse au mois d’août évoquant une étude de la Cour des comptes justifiant une révision de la carte des sous-préfectures, d’un vice président du Sénat parlant de doublons avec les collectivités et les propos du ministre de l’Intérieur excluant tout statu quo, pour que l’ensemble de la presse régionale s’émeuve de l’avenir des sous-préfectures.

Le projet n’est pas nouveau car déjà abordé par le précédent gouvernement qui, tenant compte de l’émoi légitime des élus ruraux, s’était empressé d’apporter des précisions rassurantes pour les arrondissements ruraux. Alors quoi de neuf sur le sujet ? Sans doute arrivons-nous à la fin d’une stratégie de dépeçage progressif du rôle des sous-préfectures. Concentration de certaines missions vers les préfectures (sans pour autant gain d’efficacité) ou leur délestage vers les collectivités, quand ce n’est pas l’abandon pur et simple. Sans oublier le non remplacement des agents partant à la retraite. Le vrai «crime parfait» !

Dans l’absolu, on peut considérer qu’une structure administrative n’a pas vocation à exister pour elle-même, qu’elle est là pour répondre à un besoin et doit donc s’adapter. Mais ce principe une fois posé, l’approche doit être nuancée, ce que ne fait pas la Cour des comptes qui met en comparaison la sous-préfecture de Barcelonnette (8300 habitants) dans les Hautes-Alpes avec la moyenne des sous-préfectures (137 000 hab). Si la moyenne devient la règle, les jours de votre sous-préfecture sont comptés. Une fois de plus la composante territoire, son accessibilité, sa densité de population, ses difficultés socio-économiques sont oubliées.

Mais au lieu de les supprimer, pourquoi ne pas envisager une fonction renouvelée pour les sous-préfectures, d’autant que la RGPP a dépouillé les services de l’Etat qui assuraient le conseil aux collectivités. Et aussi une fonction d’aménagement du territoire dynamisant une coordination des acteurs économiques. L’Etat doit être présent et efficace sur tout le territoire, y compris rural. Nous y tenons moins par nostalgie que par principe d’égalité républicaine et nécessité territoriale.