Vanik Berberian,

maire de Gargilesse-Dampierre (36),
président de l’Association des Maires Ruraux de France

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A la question: "L’AMRF est-elle de gauche ?", la réponse est … Non ! Pour être tout à fait précis, elle n’est pas davantage de droite, du centre, ni d’ailleurs.

Car même si certains de ses membres soutiennent voire participent activement à l’expression de ces positionnements politiques, les approches partisanes ne sont jamais à l’ordre du jour de nos débats, d’autant que nombre d’entre nous ne se reconnait dans aucune de ces subtilités géopolitiques.

Pourtant, certains considèrent parfois que nos positions ou la tonalité du 36000 Communes sont critiques vis-à-vis de l’action du gouvernement. C’est vrai. Ca s’appelle la liberté d’opinion. Mais qu’on ne s’y trompe pas, nous ne portons pas le monocle et notre regard, même s’il est parfois très dur, s’efforce de considérer lucidement les événements. Et si, dans les temps à venir, les français décidaient d’une alternance politique, vous pourrez constater sans aucune difficulté que nos analyses comme nos exigences seront identiques.

La raison en est simple : l’AMRF est farouchement mobilisée au-delà des clivages, au mieux politiques, au pire politiciens, pour la défense de l’entité communale et la promotion d’une vision constructive des territoires ruraux.

N’en déplaise aux acteurs engagés de la vie politique qui encombrent les médias et sombrent chaque jour un peu plus dans les niveaux des séries B - incapables qu’ils sont de tirer les leçons des scrutins successifs où l’abstention est de plus en plus motivée par le refus de vote - nous ne nous reconnaissons pas dans ce monde politique-là.

L’urgence est ailleurs. Pour illustrer sur un sujet d’actualité qui nous concerne, nous pourrions nous réjouir de l’attention portée en ce moment par les partis politiques sur la ruralité sauf que, pendant que droite et gauche s’affrontent, l’un sur le « bouclier rural » et l’autre sur « un plan Marshall pour la ruralité », dans les faits il ne se passe pas grand-chose.

Quand les débats pourtant nécessaires font obstacle à l’action, c’est l’inertie qui triomphe. Tout le monde joue alors à « perdant-perdant » et en fait les frais !