Vanik Berberian,

Maire de Gargilesse-Dampierre (36),
Président de l’Association des maires ruraux de France

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Ça y est ! Les CDCI, commissions départementales de coopération intercommunales sont constituées dans chaque département. Malgré des instructions arrivées tardivement en préfectures, un calendrier très serré et des modes de calculs byzantins – à croire que l’objectif était de prendre tout le monde de court – les choses se sont pourtant relativement bien passées. Certes, il y a eu ici ou là quelques listes constituées de façon contestable, soit parce que le troc politicien a prévalu, mettant délibérément sur la touche les candidats non encartés, soit parce que des présidents influents d’EPCI ou des éminences départementales soucieuses d’être bien placées au moment du banquet, ont fait le nécessaire pour préempter les places éligibles.

Maintenant nous allons très vite connaître la seconde phase, celle où les préfets vont plus ou moins délicatement sortir des cartons à dessins, les cartes concoctées avec application il y a déjà plusieurs années par les services et qui attendaient patiemment d’exhiber au grand jour leurs chatoyantes couleurs.

Avec un zèle identique, le rémouleur affûte ciseaux et bistouris pour tailler dans le vif et présenter des schémas nouveaux desquels sortira l’organisation territoriale qualifiée de rationnelle et idéale. Enfin, rationnelle et idéale du point de vue du crocodile à la diète depuis longtemps...
Mais peu importe.

Les velléités expansionnistes que ne manqueront pas de proposer certains technocrates trop heureux de chercher et trouver appuis et complicité auprès d’élus déjà obèses et toujours insatiables, ne nous impressionnent pas.

Gardons à l’esprit que nous disposons de trois armes efficaces que sont :
– La proximité, valeur soutenue par nos concitoyens.
– Une connaissance fine et concrète des actions et du terrain sur lequel s’articulent nos structures de coopération.
– Et toujours, la légitimité démocratique, qui n’est pas encore une unité de mesure kilométrique.