Vanik Berberian,

Maire de Gargilesse-Dampierre (36),
Président de l’Association des maires ruraux de France

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Le 27 janvier dernier se tenait sous la présidence du ministre de la Culture et de la Communication Frédéric Mitterrand une séance plénière du Conseil des Collectivités Territoriales pour le développement culturel dont l’AMRF est membre. Les propos volontaires du ministre allaient droit à nos oreilles rurales car le territoire, y compris les territoires ruraux, étaient l’objet des attentions ministérielles. L’invitation très claire faite aux collectivités locales par le ministre, à dialoguer comme à l’accompagner dans sa volonté de placer l’ambition culturelle au coeur du développement des territoires ne peut être que saluée et soutenue par tous.
 
Le maintien de la culture comme compétence partagée dans le cadre de la réforme est une excellente chose pour amplifier les efforts nécessaires au développement de l’offre culturelle, à la conquête de nouveaux publics, à l’accompagnement des artistes et au soutien à la création. Mais aussi, pour favoriser la pratique par le plus grand nombre de citoyens. Et comme la sincérité d’une intention se mesure aux actes - tout particulièrement en ces temps de gels financiers et de RGPP aveugle, dont nous commençons déjà à payer lourdement les conséquences - il est heureux de constater que le budget du ministère de la Culture ait été épargné. Ce choix explicite du gouvernement est à saluer alors qu’il n’est pas celui pratiqué dans certaines collectivités territoriales comme également d’autres pays européens où l’arbitrage budgétaire se fait souvent au détriment de la culture.
 
Et puisque la loi nous y invite, donnons du corps à cette compétence partagée dans les politiques culturelles, sans faire l’économie d’objectifs stratégiques clairement posés, de niveaux de coresponsabilité honnêtement négociés et surtout, de moyens financiers solidairement partagés.
 
Devant le constat souvent évoqué d’un ministère de la culture affaibli, le ministre a relativisé en précisant que ce ministère était plutôt en réflexion… Alors espérons qu’il sortira de cette réflexion la conscience renforcée que loin de se défausser sur les collectivités territoriales, l’action de l’Etat dans ce domaine est encore, de faciliter les pratiques culturelles et artistiques, de soutenir le patrimoine classé ou inscrit qui demeure une responsabilité nationale, même si sa gestion est décentralisée. Et enfin prioritairement, de garantir la péréquation des moyens afin qu’aucun territoire de la République ne soit délaissé, qu’il soit « rural fragile » ou « urbain sensible » comme on les nomme pudiquement.