Vanik Berberian,

maire de Gargilesse-Dampierre (36),
président de l’Association des Maires Ruraux de France

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(Editorial du n°278 de 36 000 Communes - septembre 2010)

Avec un début d’année en fanfare, où pour justifier la réforme territoriale, certains membres du gouvernement expliquaient aux Français que les élus étaient trop nombreux et qu’ils coûtaient trop cher, la stigmatisation des élus a continué de plus belle par la menace faite aux collectivités de voir les dotations de l’Etat soumises à des « critères de bonne gestion », la cerise ayant été délicatement posée sur le gâteau avec l’annonce d’amendes infligées aux maires rendus responsables des actes d’incivilité ou de violence que connaîtrait leur commune.

On a beau essayer de garder le recul et l’objectivité nécessaires pour ne pas être taxés d’opposants systématiques… on a quand même du mal à cerner les objectifs poursuivis par de telles déclarations. Bref, laissons de côté toutes ces caricatures excessives et passons à des choses plus sérieuses.

C’est la rentrée scolaire et l’AMRF demande très solennellement au président de la République – le ministre de l’Education nationale n’ayant pas donné suite – de mettre en oeuvre un plan Ecoles Numériques Rurales numéro 2. La réussite du Plan n°1 prouve que maires et enseignants se sont fortement impliqués tant ils sont conscients de l’importance des enjeux du numérique.

Aujourd’hui, les communes non dotées sont toujours en attente alors que les conditions à l’origine du plan restent les mêmes : les communes rurales et leurs écoles ont besoin de soutien et on ne peut accepter que certaines écoles rurales soient délibérément oubliées.

Et si les dépenses d’équipement et de fonctionnement des écoles primaires sont une compétence communale, les investissements numériques touchent aussi à la pédagogie, or le financement de l’enseignement est de la responsabilité de l’Etat.

Les 67 millions d’euros du plan ENR 1 n’ont représenté que 0,28 % des 24 milliards du plan de Relance et équiper la totalité des 25 000 écoles publiques des communes de moins de 2 000 habitants représenterait un budget de 250 millions d’euros – pour mémoire le budget annuel de l’Education nationale est de 60 milliards d’euros.

Il est indispensable d’accompagner les communes rurales dans ce dossier essentiel pour l’avenir de nos territoires et d’assurer l’égalité des chances dans la scolarité des enfants.

C’est parce que le contexte économique du budget de l’Etat est particulièrement contraint que faire aujourd’hui le choix d’investir dans ce domaine serait un signal fort et positif auprès de nos concitoyens.