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Éditorial du N° 241    
De l'impérieuse nécessité de dire non à une logique féodale...


De l'Intercommunalité, Des « Pays », De tout ce qui s'en dit, Des arrière-pensées des uns et des autres...

    Au niveau de l'Intercommunalité, beaucoup de choses ont été dites ... ces derniers temps... et tout autant de portes ouvertes enfoncées. Du fameux rapport de la Cour des Comptes à la commission parlementaire ad hoc, en passant par la circulaire ministérielle du 23/11/05 ... etc., c'est peu dire que le vent de la « rationalisation », de la « définition de l'intérêt communautaire », de la « clarification des relations communautés-communes » ou encore de « l'exercice effectif des compétences » souffle fort par les temps qui courent. Il n'en reste pas moins vrai que, avec ses erreurs de jeunesse, ses insuffisances, ses imperfections, l'intercommunalité ( vraie »et non « subie ») a un bilan plus que positif largement partagé par ceux qui la vivent.

    « Partage » est bien précisément, le mot qui s'impose. J'en veux pour preuve que ses détracteurs les plus virulents sont,le plus souvent, les maires de communes riches, bien pourvues par la nature, la géographie, le hasard et, parfois même, grâce au ciel ! par le dynamisme de leur équipe municipale, mais qui ne veulent surtout pas « partager » leur ... taxe professionnelle, par exemple.

    Partage et donc solidarité réelle mais aussi dynamisme économique. J'en veux pour preuve que les gouvernements successifs ont été bien contents que les communautés de communes suppléent les carences du privé, en termes d'investissement, pour maintenir l'emploi et donner du travail aux entreprises qui souffraient terriblement... mais aussi, pour développer les services à la personne, notamment en zone rurale.
Sans prétendre faire l'inventaire des « bonus » de l'intercommunalité, je ne saurais oublier de relever son caractère essentiel: elle est radicalement subversive : en apprenant aux hommes et femmes de sensibilité différentes à se connaître, puis à travailler ensemble et donc à « découvrir » que l'efficacité, le souci du bien commun, la volonté d'agir n'étaient l'apanage de personne, elle a fait exploser les seuls clivages partisans...

    En ce qui nous concerne, nous, maires ruraux, conscients de cette réalité, nous ne demandons qu'une chose, c'est que l'on nous laisse le temps, maintenant, d'avancer à notre rythme. Peaufinons la démarche intercommunautaire avant de nous précipiter vers d'autres structures

    Ne laissons surtout pas les grands féodaux, qui en bons prédateurs, ont rapidement identifié le danger, combattre cette « fraternisation » des démarches au ras du terrain, en nous entraînant précipitamment vers des structures qui n'ont d'autre raison d'être, pour eux, que de tenter de reprendre la main. La seule réflexion qui les mobilise, c'est celle de conforter leur pouvoir.

    C'est ainsi qu'ils redécouvrent, soudain, les vertus des « Pays » qui ne les avaient pas attendus pour exister quand leur logique s'imposait ou, pire encore, dont ils combattaient la mise en place, dès lors qu'ils n'étaient pas en situation de les contrôler.

    Ils les redécouvrent donc pour mieux les pervertir, d'entrée, pour en faire un nouvel et réel instrument de pouvoir, quitte à rajouter une nouvelle couche au « mille-feuille » administratif dont, par ailleurs, ils peuvent, à l'occasion, dénoncer l'absurdité!

    Comment interpréter, autrement, par exemple, leur volonté de faire transiter toutes les subventions de l'Etat ou des collectivités territoriales, par l'entonnoir du Pays. Sous prétexte de substituer une logique de projet, à une logique de guichet (qui n'y souscrirait pas dans l'absolu ?) ces bons apôtres, ces prédateurs, nous proposent de revenir à une logique féodale ... malheur à celui qui ne sera pas dans l'axe ... du moment!

    Que les pouvoirs publics et certaines collectivités aient pris, semble-t-il, la pleine mesure de cette dérive, de cette perversion qui va totalement à l'encontre des textes et surtout de l'esprit de la loi sur les Pays, est plutôt rassurant, mais que les authentiques féodaux comptent sur notre vigilance.


   Marcel ASTRUC, Maire de Montpeyroux,
vice-président de l'AMRF
Président de l'AMR 63
    
Éditoriaux anciens    
    


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