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Éditorial du N° 234 de 36000 Communes (Avril 2006) Réduire
SURPLUS.

Il a de la chance, M. Piron, honorable parlementaire. La chance des gens heureux parce qu'ils sont en paix avec leur esprit et le reste du monde. Et pourtant, par les temps qui courent, ce n'est pas facile d'être parlementaire et en paix. Mais M. Piron, sans doute au bout d'une nuit de méditation, a trouvé la recette du bonheur commun. Le vrai, le seul qui vaille, parce qu'il est universel et garanti.


Et quelle est la substance de ce bonheur ? La réduction drastique du nombre des communes en France. Parce que M. Piron voit plus loin que la ligne bleue des Vosges. L'Europe, pour lui, ne va pas seulement de l'Atlantique à l'Oural, mais aussi de la Grèce à la Suède, ce qui n'avait pas retenu l'attention du Général de Gaulle.


II part du principe que le nombre trop grand des communes en France est un obstacle à bien des choses avantageuses, comme le service rendu aux populations, la qualité des personnels communaux, la clarification des compétences de l'intercommunalité. Il pense qu'un ou deux conseillers délégués (sic) suffiraient au minimum requis et rêve ainsi à la disparition de 32 000 communes de moins de 2 000 habitants, soit 88 % des communes. La Suède avait fait un peu mieux en supprimant 89 % des siennes.

Ce beau raisonnement de l'économie et du bon sens réunis s'appuie sur un refrain que les maires ruraux connaissent bien : le postulat qui consiste à affirmer que plus une organisation est grosse, mieux elle se porte. Et que les économies que l'on fait au passage sont un résultat inattendu et merveilleux.


Sauf qu'elles sont le seul moteur de l'action f Quel maire rural pense encore que l'amoindrissement et l'éloignement des services au public apportent autre chose que la dégradation globale desdits services ?


Quels outils proposés pour éviter la contrainte et promouvoir l'initiative ? La base et le sommet. Un référendum voulu par les électeurs eux-mêmes, de leur seule initiative et divine inspiration, ou (et) voulu par le conseil intercommunal. Imaginez-vous une communauté de communes, ayant refusé le suffrage universel pour l'élection de ses conseillers, contourner les communes membres pour s'adresser aux populations et vouloir un référendum sur la fusion de communes au sein de la communauté ? Délicieux.


Et pour inciter ? L'argent bien sûr. Un encouragement basé sur une compensation de la baisse de fiscalité, même si c'est limite bordure sur le plan constitutionnel. On n'est plus à une ânerie près.


Alors, il ne reste plus que le lancinant problème de l'économie à faire. Y a-t-il ou non trop de communes en France ? La réponse revient d'abord à chacune d'entre elles. Les outils pour fusionner demeurent, même s'ils ne servent pas.


Mais, franchement, il y a des jours où on a l'impression qu'il y a trop de parlementaires, dont l'indemnité permettrait à autant de communes de fonctionner mieux, beaucoup mieux.


Ne nous trompons donc pas de surplus.


Gérard PELLETIER,
maire de Raze (Haute-Saône),
président de l'Association des maires ruraux de France
  


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