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Éditorial du N° 238 de 36000 communes (septembre 2006) Réduire
A chaque époque son boniment.


    Dès 1991, nous avions tiré parmi les premiers la sonnette d'alarme: les services publics étaient en danger. Sous prétexte de modernisme (!), de rationalisation, de protection des personnels -on avait peur qu'ils s'ennuient à force de ne rien faire à la campagne - l'Etat commençait à dire qu'il fallait dépenser mieux. Quarante ans plus tôt, le bon père Queuille avait donné le la : il faut demander plus à l'impôt et moins au contribuable. Il venait d'inventer la LOLF avant la lettre.

    Sensible au monde rural car le connaissant bien - ce qui est rarement le cas des cabinets ministériels et des originaux qui les peuplent - Jean-Pierre SOISSON, à l'époque ministre de la Fonction Publique et encore démocrate nous avait confié la mission de mettre notre grain de sel dans ce débat natif. Il en était sorti les Points Publics. Devenus ensuite Maisons de Services Publics et autres relais du même genre, ils n'ont pas prospéré.

    Pourquoi ce manque d'entrain pour en faire des cohortes ? L'argent bien sûr, que personne ne veut donner au-delà du premier exercice -celui de l'inauguration -et qui finit vite par manquer. On a très vite eu le réflexe de se tourner vers les grandes entreprises destinées au public (EDF, La Poste, France Télécom...) pensant, sans doute à tort, que c'était à elles surtout de financer ce beau bébé.

    Dernière devinette : quel est le partenaire qui a été le plus défaillant au fil du temps (c'est-à-dire à partir de la deuxième année) ? L 'Etat bien sûr. Au point que les décrets concernant la loi sur la ruralité et ce point particulier ne sont jamais sortis. Pensez donc : la loi prévoyait un financement d'Etat au moins pour partie et pour le fonctionnement. Une fois de plus, les parlementaires ont été imprudents en pensant que l'Etat devait encore jouer un rôle central sur ce dossier.

    Aujourd'hui, sur le même problème, ledit Etat a trouvé sa juste place : faire signer une charte des services publics, c'est-à-dire un papier dans lequel seuls les autres s'engagent. En votre nom, je ne signerai pas ce ramassis de bonnes intentions qui sont au Service Public ce que Munich fut à la Paix.

    A chaque époque son boniment.


Gérard PELLETIER,
maire de Raze (Haute-Saône),
président de l'AMRF


  


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