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Accès au Service Public.
L'histoire récente montre une dégradation lente, mais constante, de l'accès des ruraux aux Services Publics. Considérés, consciemment ou non, comme une simple charge sans retour, ils se sont vu peu à peu réduits à leur plus simple expression, quand ils n'ont pas totalement disparu. Il paraît donc important de rappeler quelques principes de base sur lesquels nous devons nous accrocher, non pour le seul plaisir dû maintien, mais pour des raisons très fortes, compte tenu d'évolutions et de tendances observées.

• Le principe d'égalité des citoyens doit être constamment rappelé, parce qu'il est facteur de cohésion sociale, de qualité de vie, d'école de la démocratie.

• Le faux semblant que représente le service universel, version libérale du Sen ice Public, n'est qu'un service minimum et, nulle part, il n'a pu montrer sa légitimité. On ne peut en effet plus faire croire aux Français qu'avec des moyens inférieurs - principalement humains - et de plus loin, on ferait mieux, alors que la seule logique qui vaut est celle de la moindre dépense.

• Il nous faut affirmer chaque jour qu'investir dans le Service Public, c'est sans doute garantir l'avènement de citoyens formés, responsables et s'insérant mieux dans une société que, s'ils se sentent exclus, ils rejetteront naturellement.

• La Décentralisation, que nous ne saurions remettre en cause, ne peut se contenter de faire supporter par les Collectivités Territoriales le désengagement de l'Etat. Certaines missions régaliennes doivent être réaffirmées et soutenues, même au prix de la déconcentration menée avec une hâte nettement plus contenue. La nouvelle carte de l'Intercommunalité ne pourra subvenir aux moyens de l'Etat dans ses missions essentielles. Penser qu'un service public devenu marchand sera plus performant est une erreur constatée chaque jour et l'alibi de l'Union Européenne est trop facile pour n'être pas coûteux au bout du compte. Le coût social de ses dérives n'étant jamais considéré, une évaluation fine et complète, dans la concertation, de tout changement venu ou â venir doit être la règle.

• Le droit à l'expérimentation doit être effectif, immédiat, observé attentivement dans sa mise en oeuvre. Il suppose une forte volonté du législateur et une attention soutenue. El est temps d'affirmer une olonté, de lui donner les moyens de sa mise en place, d'aller jusqu'à l'évaluation.

• L'École, la Poste, le Trésor, les Gendarmeries, les Transports, la Santé doivent être considérés dans une globalité de territoire et non plus indépendamment les uns des autres, parce que, comme l'atome, le Monde Rural est plus que la somme de ses parues. Si l'Etat considère, comme nous, que le monde rural est plus une chance qu'une charge, il est temps qu'il considère que 20 % des Français et 80 % du territoire ne peuvent être ignorés au simple motif que la dérive est silencieuse.

Gérard PELLETIER 18 août 2002
  
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