Nous sommes à l'ère des nouvelles vertus. Comme le commerce doit être équitable, le développement se doit d'être durable et les logiciels libres.
Dans la jungle des médias devenus multimédias, il est bien difficile de s'y retrouver et tout piratage étant exclu pour le bénéfice des collectivités, celles-ci ont pris l'habitude naturelle de se confier au giron des grands fournisseurs de programmes et systèmes d'exploitation divers. Parallèlement, notre architecture naissante de grand système interconnecté se dirige vers l'échange informatique via Internet pour la plupart des tâches partagées de type Etat-collectivités et collectivités entre elles. Dans la discussion entre l'Etat et ses partenaires, il arrive forcément un moment où la question se pose: qui paie quoi?
L'Etat a quant à lui trouvé la solution: « Bon Dieu, mais c'est bien sûr, il suffit de prendre les logiciels libres ! ». Ce qui a au moins l'avantage de ne rien lui coûter, à cet Etat qui se contente d'exiger sans faire, et surtout sans payer pour principe de base. Et en faisant payer aux autres le coût résiduel de ses caprices.
Les plumitifs qui préconisent la solution du logiciel libre ne les utilisent certainement pas, laissant à leur secrétaire le soin de gérer leur boîte mail et leur emploi du temps grâce à des logiciels qu'ils ne veulent même pas connaître.
Pour faire simple, un logiciel est dit « libre » quand son utilisation est gratuite. François Paour nous disait naguère que ce qui était gratuit était sans valeur. Je serai moins dur pour l'exemple des logiciels. Ils sont le fruit de travaux de philanthropes auxquels il est nécessaire de rendre hommage. Certains d'entre eux ont aussi une caractéristique essentielle: quand on les utilise tous les jours, on les abandonne vite.
Grand dispensateur de leçons données aux autres et jamais appliquées à lui-même, l'Etat sera assez aimable de laisser aux collectivités le choix de leurs logiciels.
On n'attend pas d'autre cadeau de lui.
Gérard Pelletier, maire de Raze (Haute-Saône),
Président de I'AMRF