Les élections municipales sont derrière nous. Qui n'a pas vécu de l'intérieur une campagne électorale, ses moments de doutes et d'espoirs alternés, l'ouverture des premières enveloppes, le dépouillement de la première centaine de bulletins et l'instant des résultats enfin définitifs, ne peut comprendre que l'élection est plus qu'une procédure abstraite destinée à donner un fondement formel à la démocratie représentative un rituel de légitimation s'enracinant au plus profond de la souveraineté populaire.
Pour la cohorte des critiques de la démocratie représentative, depuis JeanJacques Rousseau, tout cela n'est que faux semblant. Ainsi, enseigne le Contrat social, « Le peuple anglais pense être libre, il se trompe fort; il ne l'est que durant l'élection des membres du Parlement: sitôt qu'ils sont élus, il est esclave, il n'est rien.
Certes, mais c'est au moins un moment où il peut sanctionner ceux dans lesquels, à tort ou à raison, il ne se reconnaît pas ou ne se reconnaît plus, ce qu'aucun autre système politique ne permet de faire. Ceux qui en font les frais savent ce que cela veut dire. Si les choix ne sont pas toujours justes, et tout élu un peu ancien sait qu'il doit impérativement se faire pardonner ce qu'il fait de mieux, ils demeurent cependant les seuls légitimes. Paradoxalement, c'est cette composante irrationnelle du choix populaire, critiquée par les contempteurs de la démocratie, qui fait de l'élection autre chose qu'une formalité ou un calcul économique coûts/ avantages.
Quels que soient les défauts, nombreux, de la démocratie représentative, elle donne le pouvoir d'agir à la différence de la « démocratie participative », aujourd'hui à la mode, qui permet seulement l'expression d'opinions conformes massivement à celles des médias.
Décider et faire, telle est la mission et la charge des Maires. Tout autre chose que le café du commerce, où dire c'est faire.
Dans la France entière, les nouveaux élus ruraux, même déjà adjoints, commencent à découvrir les limites de l'exercice et les contraintes de tous ordres qui s'y attachent. Les anciens continueront, eux, de construire la République au village, celle qui rend la liberté sensible au cour, selon le mot de Tocqueville.
Les élections sont derrière nous, chers collègues. Mais quand c'est fini, ça recommence. Alors, bon courage. Il vous en faudra, mais avec lAMRF vous ne serez jamais seul(e)s.
Pierr-Yves Collombat
Premier viceprésident de l'AMRF
Sénateur du Var