Puisque nous sommes entrés dans une ère nouvelle où tout est possible, peut-être est-il temps de ne plus demander l’impossible. S’il est un domaine où la clarification, les économies et l’efficacité sont devenues nécessaires, c’est bien celui des secours aux personnes.
Ce qui règne aujourd’hui, derrière les faux-semblants de l’intérêt supérieur des victimes et de ceux qui en vivent, c’est l’arbitraire du gaspillage, du superfétatoire, sur fond de financement public, des collectivités notamment.
Revenons aux fondamentaux. La France a la chance de ses 30 000 sapeurs pompiers professionnels, de ses quelques 200 000 volontaires qu’elle doit absolument encourager, respecter, reconnaître comme étant les acteurs majeurs de la sécurité civile et du secours aux personnes. D’autres acteurs existent et ont sans doute leur utilité, mais il est temps de définir les domaines de leurs interventions et de leurs responsabilités.
Détourner les moyens des SDIS au profit de l’hôpital, ce qui évite au dit l’hôpital de payer, et en abuser avec comme alibi l’intérêt supérieur des malades ; payer cher la veille d’ambulanciers privés dans un paysage doté de sapeurs pompiers volontaires qui ne peuvent que regarder ; agir au quotidien dans un flou administratif que le simple jeu des responsabilités engagées ne peut plus justifier. Bref : dépenser mieux dans l’intérêt général est devenu impératif dans un pays qui se veut moderne en s’éloignant en ce domaine des pratiques de république bananière.
Qui fait quoi ? Qui paye quoi ? L’Etat peut-il indéfiniment se défausser sur les collectivités en leur demandant, comble de l’hypocrisie, de modérer leur fiscalité ?
On nous avait appris que c’est celui qui commande qui paye et celui qui paye qui commande. Sage précepte qu’il serait temps de redorer.
En aurons-nous le courage ?
Il paraît que tout est devenu possible. Le bon sens aussi ?
Gérard Pelletier, maire de Raze (Haute-Saône),
Président de I'AMRF