On nous l’a promis : le service minimum va enfin exister. Je veux dire : d’une façon visible - puisqu’il est dans la loi depuis longtemps.
Dans nos petites écoles communales, le problème est le suivant : comment rendre invisibles pour les parents-citoyens-électeurs les jours de grève ?
Là est la question. Comment l’Etat, incapable déjà de remplacer correctement les malades et les stagiaires disséminés ici et là dans le vaste panel de l’Education, pourrait-il assurer l’accueil des enfants les jours de mouvement social où la demande serait, on le suppose, très grande ?
Vous avez déjà deviné : la commune, bien sûr, grâce à ses agents si nombreux et oisifs, pourrait régler - une fois pour toutes - ce problème lancinant !
Sauf que garder des enfants, c’est un métier, et qu’on ne pourra en aucun cas mettre en réserve des gens qui ne feraient qu’attendre les conflits sociaux. Il est donc absolument irréaliste d’imaginer une telle usine à gaz.
Les espoirs, encouragés par quelques poignées d’euros à la clé, étaient si grands qu’on nous demandait de réagir, plus vite que notre ombre, à une date pré-déterminée (23 janvier pour être opérationnels le 24, jour de la prochaine grève), avec une lettre du ministre, une de l’inspecteur d’académie, un modèle de convention et une lettre d’intention (sic) à signer par le maire.
Et si tout cela venait à mal fonctionner, ce serait ensuite, bien sûr, de la faute du dit maire.
Dans l’attente du temps béni où les enseignants en grève se contenteront d’un bandeau sur le front signalant leur lutte et qu’ils travailleront en même temps, les maires, dans leur grande sagesse, mettront cette proposition de convention à la poubelle, d’où elle n’aurait jamais dû sortir.
Gérard Pelletier,
maire de Raze (Haute-Saône),
président de l'AMRF